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Pontault-Combault a son Robin des bois

10 déc.
Laurent Moisset raconte
Symbole d’une jeunesse sans complexe, Robin Cantegrel incarne les valeurs et les ambitions du promu.

C’est tout le paradoxe d’une jeunesse qui bouge les lignes et bouleverse les habitudes : si elle offre très tôt à ses joueurs de champ un temps de jeu significatif, elle se montre encore réticente avec ses gardiens de but. Robin Cantegrel s’est longtemps attardé sur le sujet pendant ses années de formation. Né à Nantes, intégré au centre de formation du « H » il a dû en partir à l’été 2017 la mort dans l’âme, las, surtout, d’être trop peu utilisé. « C’était normal et logique, retient-il, dans la mesure où le club était en pleine expansion, sa progression ultra rapide, ses objectifs toujours plus hauts année après année. Au poste si délicat de gardien de but, il fallait bien faire le pari de l’expérience. »

Maggaiez, Skof, Siffert, Dumoulin, il les a tous côtoyés

Robin Cantegrel n’en nourrit, aujourd’hui, aucune amertume. La tête est bien faite pour lui rappeler quelques années bonheurs avec la découverte du plus haut niveau quand il pointe une participation à un match de Ligue des Champions à Holstebrö, un Trophée des Champions et quelques apparitions, une dizaine de matches, en Lidl Starligue entre 2014 et 2016. « Mais le plus important, souligne-t-il, a été toutes ces rencontres avec des gardiens d’envergure. Maggaiez, Skof, Siffert, Dumoulin, tous ont été très présents et quelque part, évidemment, des modèles. J’étais à un âge où l’on fait attention au moindre détail afin de parfaire son éducation et sa philosophie. »

Pour sortir du bois, Robin, repéré par Sébastien Quintallet, alors entraîneur de Pontault-Combault en Proligue, fait le grand saut jusqu’à la banlieue parisienne. Loin de sa zone de confort, le défi peut paraître déstabilisant mais il est à la mesure de la détermination du garçon. « L’idée de faire mes armes, de travailler, de jouer sont des guides qui effacent beaucoup d’obstacles. Le défi c’était vis-à-vis de moi-même afin de savoir où je pouvais aller. Avec cet état d’esprit, on gomme fatalement certains inconvénients. De toute façon, je ne me voyais pas attendre à Nantes. Quel prix aurais-je dû payer ? » 

D’autant qu’à Pontault, Robin Cantegrel trouve un cadre idéal à son épanouissement. La confiance d’un entraîneur, d’abord, la fraîcheur d’un groupe -parmi les plus jeunes de la Lidl Starligue cette saison- ensuite et un environnement ultra favorable. « On doit disposer du plus petit budget de l’élite, donc les responsables misent sur l’émergence des jeunes. Nos dirigeants sont attentifs, très proches. Ici, j’ai retrouvé un club familial, comme à Nantes lors de mes débuts. Dans un tel contexte, on ne peut que progresser et avancer. »

Et s’illustrer également parce que notre Robin dans ses bois mène la révolte, auteur, par exemple, d’un arrêt décisif la semaine dernière face à Dunkerque synonyme d’une deuxième victoire en Championnat dans la saison. Son équipe a du tempérament, du caractère, animée par cette jeunesse pétillante que même les sept premières défaites n’ont jamais altérée. « C’est un peu à l’image de ce que nous avons vécu l’année dernière lors de la montée. On sait rester tous ensemble, unis, soudés. »

Hombrados, Hvidt, des exemples…

Ce qui explique encore que Pontault-Combault est capable de tenir tête aux meilleurs et que Robin Cantegrel, qui figure déjà parmi les meilleurs « performeurs » à son poste, est devenu le socle solide d’une ambition. Il s’en amuse d’ailleurs : « On n’a que quatre points, à une longueur seulement du premier non relégable. On représente la ville en France qui, à la moyenne d’habitants, compte le plus de Portugais. On rêve comme eux de créer la surprise en fin de saison, à l’image de l’Euro de football en 2016. » Robin Cantegrel y met toute sa passion, toute son énergie, apprenti tous terrains dans un rôle tellement délicat.

« Le gardien, il faut le dire, est un peu seul, souvent livré à lui-même. Il est dans une quête permanente d’équilibre quand son rôle est souvent décisif. Mentalement, il s’astreint à un travail mental quotidien. C’est pour cela aussi que par rapport à un joueur de champ, il a une maturité plus tardive. »

A gauche, Robin Cantegrel sous le maillot nantais, à l'écoute des conseils de Matias Schulz

Robin Cantegrel ne néglige aucune expérience. Gardien de l’équipe de France de beach, il communique énormément avec Patrice Annonay, son aîné et avec lequel il partage le poste chez les Bleus. « Il m’apporte beaucoup et humainement la relation est forte. » Il regarde partout et au-delà des frontières, admiratif de l’école scandinave et, notamment, de Landin, le gardien danois. Plein d’espoir, enfin, quand il voit l’Espagnol Javier Hombrados (47 ans) et le Danois Kasper Hvidt (43 ans) évoluer toujours parmi l’élite de leur pays respectif.

« Je me dis que j’ai la chance de commencer tôt au milieu des grands et que les perspectives peuvent s’étendre sur du long terme. Mais je me dis aussi que ces gars-là ont bossé dur et que je ne dois donc jamais me relâcher. »

Alors, cette semaine, fatalement, lui vient l’idée de réussir un premier coup en quart de finale de la Coupe de la Ligue face à Ivry avant d’aller partager le repas des grands au Mans lors du Final4 en mars prochain. Un autre grand saut vers l’avenir…

L.M
Crédits Photos S.Pillaud

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