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A la découverte de... Pierre Soudry

07 nov.
À la découverte de...
Au club depuis dix ans, Pierre Soudry est devenu l’une des figures du club de Dunkerque, avec qui il est devenu champion de France en 2014. Rencontre avec un arrière droit au gabarit atypique.

"Si tu as de l’appréhension, c’est que tu t’es trompé de sport." Du haut de son 1,83m, voilà désormais presque dix ans que Pierre Soudry fonce tête baissée dans les intervalles, face à des défenseurs qui tirent rarement dans la même catégorie. "Je n’ai jamais eu peur de m’engager malgré mes kilos en moins, reconnaît l’arrière droit, 82 kilos sur la balance. Je ne compte pas mes efforts. Même si au final ça a aussi peut-être conduit à quelques blessures." Un caractère à toute épreuve que le jeune Pierre s’est forgé dans sa plus tendre enfance, lorsqu’il ne quittait pas les basques de son grand-frère, Simon.

De cinq ans son aîné, le frangin n’a en effet jamais hésité à mêler le petit frère à ses activités. "On avait un voisinage assez jeune et sportif. C’était le plus petit, et il me suivait partout, se souvient-il. Il a toujours été dégourdi. Il devait toujours en faire un peu plus pour pouvoir jouer avec nous." C’est du coup tout naturellement qu’il a suivi le grand-frère au handball, du côté d’Albert, dans la Somme. "Il devait commencer le basket mais un matin il n’a pas eu envie d’y aller et m’a suivi à mon entraînement de handball. Il participait de temps en temps et il est vite devenu la mascotte de l’équipe", sourit Simon, qui va même devenir son entraîneur, en moins de 15 ans. 

Touati: "Une très belle épaule"

Spectateur privilégié, l’éducateur détecte vite les  qualités du petit frère. "Il a vite eu des facilités, explique-t-il. Il courrait vite, il lançait bien son ballon…" Détecté dès les sélections départementales, Pierre Soudry quitte le club de ses débuts pour Abbeville, où il passe deux saisons entre les -18 nationaux et la Nationale 3, où il évolue avec… son frère. Sorti du Pôle Espoirs, il faut alors choisir son centre de formation. "J’avais plusieurs contacts mais le projet sportif proposé par Dunkerque m’a tout de suite branché. J’ai bien aimé le cadre de la ville et le climat entre les joueurs m’ait apparu sympathique", explique celui qui intègre alors le centre avec l’étiquette d’ailier droit, poste qu’il occupe depuis son entrée au Pôle.

C’est finalement sur un coup du sort que le jeune Amiénois va revenir sur son poste d’arrière droit, cette fois au plus haut niveau. "Patrick (Cazal) venait de stopper sa carrière, et Sébastien Bosquet a subi une grosse blessure. Du coup ils ont essayé de m’y mettre et ça s’est bien passé", se souvient l’intéressé, qui parvient à mettre en avant ses qualités. "Au-delà de sa vitesse, il a aussi une très belle épaule, avec une grande laxité. Ca lui donne une vitesse de shoot assez exceptionnelle, décrypte Jalel Touati, qui fut son coéquipier jusqu’en 2015. Et puis c’est un super mec, quelqu’un qui est dans le partage. Maintenant, il fait partie des meubles à Dunkerque !"

Une grosse frustration avec les Bleus

Un meuble inamovible sur son flanc droit, qui a su grandir avec son équipe pour atteindre son apogée avec le titre de champion de France décroché en 2014. "On avait remporté des Coupes avant, mais ça n’a pas la même saveur. Là c’est particulier, un titre de champion de France c’est le travail de toute une saison qui est récompensé. On était un groupe avec de hautes ambitions, mais peu y croyaient vraiment en début de saison… C’est vraiment une saveur particulière, l’un des plus grands moments de ma carrière", note Pierre Soudry, qui, en contre-partie va vivre une histoire bien plus frustrante avec l’équipe de France.

Sélectionné à deux reprises pour un stage, l’arrière droit a dû renoncer pour cause de blessure, la première fois pour une déchirure aux adducteurs en juin 2013, la deuxième pour une béquille, avant l’Euro 2014. "Ce fut une période compliquée pour lui, confirme son frère. Il a surtout été déçu de ne pas pouvoir défendre ses chances. Ca aurait pu être un tournant dans sa carrière." Même son de cloche chez le principal intéressé. "J’ai un goût d’inachevé, forcément. Etre appelé deux fois et deux fois rester sur le côté avec le kiné, il y a forcément de la frustration. Mais c’est comme ça…", glisse-t-il. 

Dans ce cadre, le cocon dunkerquois a permis a permis au gaucher de rebondir, lui qui dispute actuellement sa dixième saison à l’USDK. "Pour un sportif, ça peut toujours être intéressant de découvrir autre chose. Mais lors de ma dernière renégociation, on avait un super groupe et on allait disputer la Ligue des champions. La question ne s’est pas réellement posée." En fin de contrat en juin prochain, l’arrière droit devrait bien bientôt s’attabler avec ses dirigeants pour discuter de l’avenir. En attendant, l’objectif est de redresser la barre du navire, après un début de saison compliqué (une seule victoire en 6 journée). "On a perdu beaucoup de confiance, mais la saison est encore longue. A nous de réagir vite et prendre rapidement un max de points", conclut-il. 

Benoît Conta

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