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"Les joueurs ne m'apportent pas le café ni les croissants !"

08
sept.
Ma prépa à moi !
Après Patrice Annonay et Fabien Courtial, c'est au tour d'Arthur Yapo, préparateur physique du Paris Saint-Germain, de nous livrer son regard sur la préparation d'avant saison.

« Pour moi, c’est la période la plus importante de l’année. C’est à ce moment que l’on développe toutes les différentes capacités des joueurs afin qu’ils puissent enchaîner les matches tout au long de la saison. C’est un travail que l’on n’a pas forcément la possibilité de refaire durant la saison donc il ne faut pas rater cette étape.

Pour planifier ce travail d’avant saison, on s’y prend généralement à l’avance car le mois de juillet passe vite et on est généralement aussi en vacances (sourire). On s’y prépare à partir du mois d’avril. On regarde les endroits où l’on va aller, le matériel dont on aura besoin. Il y a à ce moment un dialogue avec le coach. On travaille selon ce que le coach veut comme équipe, veut comme intensité de jeu. On planifie en fonction de ce qu’il souhaite faire. Cette saison, on est notamment allé à Rogla, en Slovénie. Là-bas, on a trouvé l’altitude mais aussi le changement d’environnement.

C’était bien vert, parfait pour respirer. On a pu travailler tranquillement entre nous, et je dois dire que j’ai apprécié la manière dont s’est déroulé ce stage. D’être là-bas, ça permet d’aller plus loin dans la souffrance. Quand tu sais que tu as 14-15 autres gars qui souffrent tout comme toi, tu te tiens la main, tu t’entraides. Tout ça créé des liens, permet d’aller plus loin. C’est aussi le but de ce stage.

"Au-delà du travail physique, il y a tout un travail psychologique"

C’est pour cette raison que je travaille aussi sur la piste. Au-delà du travail physique, il y a tout un travail psychologique qu’on essaie d’imprimer aux joueurs. Des handballeurs, ce sont des joueurs d’intérieur, alors dès qu’on leur parle d’extérieur, de piste, ils n’aiment pas trop ça (sourire). Ils savent qu’ils devront aller loin dans le dépassement de soi et atteindre des limites qu’ils n’ont pas l’habitude d’atteindre. Ils savent que ça va être dur et on y va pour travailler le mental aussi. Après, on fait des séances dessus, mais on ne fait pas que ça non plus. De mon côté, j’aime beaucoup travailler sous forme de circuit training notamment. 

Pour ce qui est de la planification, on démarre par un travail général pour tout l’effectif. Ce travail est personnalisé par rapport aux capacités de chacun mais il n’y a pas différents ateliers. Je ne dis pas: "Toi tu vas faire 400m, toi ça sera 800 et toi 200". On démarre tous ensemble et au fur et à mesure, on va vers la personnalisation afin que chacun se retrouve dans son petit jardin. Un ailier va alors travailler sa vitesse, son explosivité, un gardien sera sur sa vivacité, et ainsi de suite. Là, j’ai affaire à des joueurs qui savent ce qu’ils font, qui se connaissent de mieux en mieux.  Et puis ils posent des questions. Une fois qu’ils savent pourquoi on leur propose, ils s’investissent mieux dans l’exercice proposé.

Une fois ce travail effectué, une fois entré dans la saison, on se dirige vers des choses complètement personnalisées. Avec l’enchaînement des matches, on a peu de séances où l’on peut travailler ensemble. On va travailler un peu le matin, un peu après les séances de handball, tout ça de manière très fine pour ne pas avoir trop de sollicitations physiques, tout en corrigeant les petites choses, les petites anomalies. On peut faire une piqûre de rappel lors de la trêve internationale de janvier, mais pour ma part, ici, je crois que je vais être un peu seul durant le mois de janvier (rires). 

Au final, mon rôle est particulier, et je pense que les joueurs me détestent tout autant durant la pré-saison que durant la saison (rires). Quand on leur dit: « il y a entraînement avec Arthur », ils ne sont pas très souriants. Ils ne m’apportent pas le café ni les croissants (rires). Mais ils savent que c’est important et nécessaire. Ils ont du mal à se lancer dans la séance, mais ça reste des joueurs pros et une fois que la séance a démarré, tout se passe bien. »

Be. C.

Crédit photos: LNH / PSG.fr

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