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Pierre marche à l'ombre

09
avril
À la découverte de...
Alors que Tremblay connaît un retour en Lidl Starligue compliqué, et n’est toujours pas assuré de son maintien, le club francilien sait qu’il peut compter sur Pierre Marche. Travailleur de l’ombre, le pivot réussit une saison solide, après une année gâchée par une grave blessure.

"Trouver du temps de jeu et du plaisir." A la question de savoir ce qui l’avait poussé à quitter sa région natale aixoise pour Tremblay, Pierre Marche n’y va pas par quatre chemins. Originaire d’Éguilles dans la banlieue d’Aix-en-Provence, le pivot n’avait jusque-là quitté le Pauc que pour deux années, à Villeurbanne (2009/2011), à une époque où il avait souhaité mener de front ses études d’ingénieur et sa carrière de handballeur. L’expérience ayant tourné court, il était retourné à la maison, pour notamment décrocher le titre de Proligue, en 2013. "Au début, tout se passait vraiment bien, et puis au fil des ans, mon temps de jeu s’est effrité. J’avais vraiment la volonté de quitter la région et d’aller voir ce qu’il se passait au-dessus de Lyon, se souvient-il. Après je ne dis pas que tout fut facile, notamment au niveau de la météo…"

Pivot au gabarit modeste pour les standards actuels (1,88m, 95 kilos), le Sudiste débarque dans le 93 avec l’envie de retrouver des sensations. Et son début de saison, en Proligue, est tonitruant puisqu’il inscrit 31 buts en 7 rencontres, avant de subir une rupture du tendon d’Achille en Coupe de la Ligue, au début du mois de novembre. "Arriver dans un nouveau club et se blesser rapidement c’est forcément difficile", souffle celui qui entame une longue rééducation de près de 6 mois. Aperçu sur la fin de saison, le pivot mise surtout sur un été de labeur, afin de réussir son retour en Lidl Starligue. Du travail physique indispensable quand on pointe sous le mètre 90. 

Fan de Bjarte Myrhol

"Maintenant, tu vois les mecs sortir des centres de formation, ils font déjà 2m et 100 kilos. La plupart des pivots sont plus grands et costauds que moi, alors il faut que je travaille sur mes qualités. J’essaie d’être plus rapide, notamment sur les montées de balle. Mais je sais bien que d’ici quelques années, il y aura de moins en moins de pivots comme moi. On va devoir aller à l’aile ou même changer de sport, sourit ce fan du Norvégien Bjarte Myrhol. Il joue à un niveau incroyable alors que ce n’est ni le plus costaud, ni le plus grand. C’est le genre de pivot dont je m’inspire pour pouvoir exister."

Un pivot tout en discrétion. "Je n’ai jamais été attiré par la lumière. C’est sans doute aussi pour ça que je joue pivot. Ça correspond bien à mon caractère de travailler pour les autres. Et puis si de temps en temps on peut marquer quelques buts, ça ne se refuse pas, glisse celui qui a également progressé dans un domaine: le vice. Au début, c’est vrai que tu te fais un peu bousculer de partout. Et puis au fur et à mesure, on bosse, on apprend. On côtoie aussi des joueurs plus expérimentés qui nous donnent quelques tuyaux. Et si j’en crois mes coéquipiers qui se plaignent de plus en plus à l’entraînement, je pense que je suis sur la bonne voie…"

Un maintien à décrocher

Troisième meilleur buteur de Tremblay cette saison avec 62 buts au compteur, l’ancien Aixois est l’un des piliers sur lequel s’appuie Benjamin Braux, au sein d’une saison plus mouvementée que prévue. "On sortait d’une saison durant laquelle on était au-dessus en Proligue et on a en plus réussi une grosse prépa, avec de belles victoires. Et puis on se prend direct une tôle à Nîmes avant d’enchaîner 4 défaites de suite. On s’est rendu compte un peu tard qu’on ne jouerait que le maintien, et qu’il faudrait aller le chercher, estime le joueur de 27 ans. On a mieux repris en 2018, avec une bonne série que nous a fait du bien. Mais le point noir, c’est cette défaite concédée face à Cesson-Rennes. On s’est tiré une balle dans le pied."

A sept journées du terme, les Tremblaysiens pointent donc à la 12e place, quatre longueurs au-dessus de la zone rouge. Une situation pas forcément confortable avant d’accueillir Montpellier, le leader, et de se déplacer à Nantes. "Face à Montpellier, c’est à domicile, et on aura à coeur de faire une belle performance. Maintenant, ce ne sont pas forcément des matches que l’on a sur notre tableau de marche. Le plus important sera de prendre des points en mai, face à Ivry, Nîmes ou Dunkerque. Il vaut mieux éviter un duel aux couteaux à Saran lors de la dernière journée, conclut le pivot. J’espère vraiment que l’on va se maintenir pour pouvoir continuer à se frotter aux meilleurs joueurs du monde. C’est comme ça que l’on grandit." Même à l’ombre… 

Benoît Conta

LIDLSTARLIGUE.fr
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