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A Nîmes, Micke Brasseleur trace sa route

06 nov.
À la découverte de...
Venu au handball à l’âge de 16 ans, Micke Brasseleur a depuis fait son petit bout de chemin, pour devenir l’une des armes principales de Nîmes, auteur d’un début de réussi.

"Saute et tire." Voilà en résumé le rôle dévolu à Micke Brasseleur pour ses premiers pas dans le handball, à l’âge de 16 ans. A l’époque footballeur, le grand échalas d'1,97m pousse la porte du club du Bourget pour suivre les potes. "Un éducateur a repéré que j’étais grand et gaucher alors il m’a proposé d’essayer. J’ai dit OK", se souvient le principal intéressé, qui n’avait alors jamais entendu parlé de ce sport à la balle collante. "Jackson Richardson ? Je ne savais pas qui il était, c’est vrai. Nikola Karabatic ? J’avais dû entendre son nom une fois ou deux", reconnaît-il sans fard. Un territoire vierge à défricher pour ses entraîneurs successifs, au Bourget, à Villemomble, puis au centre de formation de Tremblay. 

"J’avais un sacré retard sur les autres joueurs, il a fallu apprendre les bases, notamment sur le plan tactique. Je n’avais absolument pas conscience de tout ce que ce sport impliquait, explique celui qui se met vite au travail. Ca a été très dur, mais on prend vite goût au travail, surtout quand on voit les progrès que l’on fait." Grand et capable de tirer de loin, Micke passe rapidement les étapes, et partagent quelques entraînements avec les pros. "Là je me suis fait bousculer, rigole-t-il. Avec mes 85 kilos, j’étais face à des mecs en pleine force de l'âge, qui connaissaient le handball sur le bout des doigts. Moi je ratais toutes mes passes. Mais ils ont su être patients, notamment quelqu’un comme Ibrahima Sall."

Une expérience en Allemagne contrastée

Et le travail paye puisque l’arrière droit est le premier joueur du centre de formation tremblaysien à décrocher son contrat pro. "Une fierté". Forcément. Un talent rare qui attire même l’oeil d’un certain Claude Onesta, qui l’installe sur une liste élargie avant l’Euro 2014. "C’était un truc un peu dingue, j’ai reçu plein de messages un matin, je ne savais pas ce qui m’arrivait". Mais le conte de fée connaît un coup de frein avec une blessure au coude et un entraîneur, David Christmann, qui lui préfère David Miklavcic et Dika Mem, lors de la saison suivante. "J’ai demandé à partir pour avoir du temps de jeu". Ce sera direction l’Allemagne et le club de Cobourg, en deuxième division, afin de finir cette saison 2015/2016 avec du temps de jeu. 

Une expérience mitigée pour le jeune homme de 23 ans. "J’étais le seul Français, je ne parlais pas l’anglais. J’ai eu des moments compliqués, reconnaît-il. Mais j’ai aussi découvert un autre handball. Et puis c’était un championnat à 20 équipes et j’ai beaucoup joué. Pas toujours très bien, mais je jouais (sourire). Au final, ça ne m’a pas non plus dégoûté des départs à l’étranger. J’ai pas mal appris." Pour la suite de l’apprentissage, ce sera du côté d’Ivry, pour deux saisons. "Je suis tombé sur un entraîneur (Rastko Stefanovic) qui m’a fait confiance, même quand j’étais moins bon. Ca a été un vrai tremplin pour moi", estime celui qui décide assez tôt la saison passée de céder aux sirènes de Nîmes. 

Un nouveau départ d’Ile de France qui se déroule mieux que le précédent. "Cette fois c’est nickel. Et ce n’est pas qu’une question de climat, rigole-t-il. Je suis tombé sur un super groupe qui a tout fait pour m’intégrer." Avec 4 buts par match, et un profil de tireur différent de celui proposé par Luc Tobie, Micke Brasseleur leur rend plutôt bien pour le moment. Une progression linéaire à même de lui (ré)ouvrir les portes des Bleus ? "Depuis ma présélection, les arrières droits se sont multipliés et ils sont très performants. Moi je fais mon petit bout de chemin et je continue de bosser. On verra si ça arrive ou non", évacue-t-il. Un discours ambitieux à l’opposé d’un autre dossier sur lequel le gaucher a semble-t-il baissé les bras: la traditionnelle pétanque de l’Usam. "Je suis vraiment nul à ce jeu, je suis obligé de le reconnaître. Ce n’est pas pour moi…", conclut-il dans un ultime rire. Micke Brasseleur préfère définitivement sauter avant de tirer… 

Benoît Conta

LIDLSTARLIGUE
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