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Sous le plus grand chapiteau du monde

04 sept.
Laurent Moisset raconte
La Lidl Starligue reprend ses droits avec le statut de meilleur Championnat du monde. L’image est, désormais, à entretenir et à embellir.

« Je souhaite que le championnat de France devienne le plus grand Championnat au monde. C’est, en tous cas, l’objectif que je vais poursuivre. »

La Ligue n’était née que depuis quelques mois (le 21 mai 2004) lorsque qu’Alain Smadja affirma les ambitions du nouveau-né. On a, longtemps, interprété les propos engagés du président de la Ligue, entre 2004 et 2010, comme les illuminations d’un personnage un peu dérangé. Ils paraissent depuis le printemps dernier avant-gardistes et éclairés. Depuis qu’à Cologne, lors du Final Four européen, le handball français a posé sa patte sur la plus prestigieuse compétition de clubs au monde en réussissant un hallucinant triplé avec ses trois meilleurs représentants, Montpellier, Nantes et Paris.

La prédiction s’est accomplie

Ainsi donc la prédiction d’Alain Smadja, relayée par son successeur Philippe Bernat-Salles jusqu’en février dernier avant l’arrivée d’Olivier Girault, s’est-elle accomplie. Elle s’accommoderait mal d’ailleurs des remarques de quelques pisse vinaigre qui ne traduiraient la prouesse que par le biais d’un concours de circonstances favorables et d’une baisse de niveau des Allemands et des Espagnols, jusqu’alors dominateurs sur la planète.

Il faut y voir, au contraire, les progrès et la mise en modernité de nos clubs, particulièrement besogneux et appliqués afin d’installer le cadre de la réussite. Les propos de Thierry Anti, finaliste à Cologne avec le « H », soulignent combien le chemin a été ouvert à tous les vents avant de découvrir l’embellie.

Les entraîneurs et capitaines des 28 équipes de Lidl Starligue et de Proligue étaient présents à la conférence de rentrée de la LNH, lundi 3 septembre 2018.

« On a souffert, dans nos égos, d’être des faire-valoir mais on a, surtout, beaucoup œuvré et transpiré pour combler nos lacunes. Partout et dans tous les clubs. Le triomphe de Cologne n’est pas que celui de Montpellier, Paris ou Nantes, il revient à tous nos clubs, tous ceux qui, au cours de la saison, nous opposent de la férocité, de la stratégie, de l’envie. Chaque semaine, on doit se battre sur notre territoire pour s’en sortir et ces expériences ont été déterminantes dans le succès du Final Four. »

Par sa diversité -variations en termes de budget mais, également, en styles de jeu- la Lidl Starligue propose une compétition attrayante, sans cesse plus exigeante pour ses acteurs, mieux préparés et donc beaucoup plus actifs dès que l’enjeu pointe son nez. La saison écoulée n’a, par exemple, connu son dénouement qu’en toute fin de cycle pour Paris et Montpellier à la bagarre pour le titre jusqu’à l’ultime journée alors que le combat pour l’EHF a connu le même scénario.

Des salles, toujours des salles

Comment, également, ne pas discerner avec la présence d’Istres, pensionnaire de la Proligue, dans le dernier carré de la Coupe de la Ligue by Lidl, l’émergence d’une nouvelle menace pour l’élite, preuve encore que la Proligue dans son laboratoire mène les bonnes recherches et qu’elle va contribuer très rapidement à donner un peu de crédit encore au handball de clubs.

« C’est un signe fort sur le pouvoir d’attraction du handball français et sa meilleure caution pour, dès cette saison, confirmer l’exceptionnel parcours du précédent exercice. »

La spécificité française est, désormais, bien visible sous le plus beau chapiteau du monde. N’oublions pas que l’équipe de France, championne du monde en titre, fournit à la Lidl Starligue ses meilleurs soldats, que l’Espagne, championne d’Europe, avec Gurbindo, Balaguer et Rivera à Nantes posent un socle solide et talentueux sur la compétition. Que les Scandinaves, passionnés et maîtres émérites de la petite balle ronde, gonflent, et parfois en nombre, les effectifs des clubs nationaux. C’est un signe fort sur le pouvoir d’attraction du handball français et sa meilleure caution pour, dès cette saison, confirmer l’exceptionnel parcours du précédent exercice.

Le Nantais Cyril Dumoulin, lors de la demi-finale du Trophée des Champions 2018 contre Montpellier

« C’est ce qu’on appelle l’émulation, soulignait Cyril Dumoulin, le gardien international de Nantes, il y a quelques semaines. Et il faut reconnaître que Paris, grâce à un énorme investissement, a été déclencheur de ce phénomène. Du plus modeste au mieux armé, il y a cette volonté d’être au niveau et, directement, de se montrer plus performant et plus imaginatif. »

Voilà pourquoi l’édition 2018-2019 s’annonce une nouvelle fois palpitante dans le sillage de Paris, Nantes et Montpellier qui ont choisi la stabilité dans leurs effectifs. Avec la perspective d’un spectacle encore plus prégnant quand les clubs, accrochés à leur projet, s’accordent tous à développer leurs infrastructures. Aix a ouvert sa nouvelle salle l’année dernière (6000 places), Nantes retrouve son Palais des Sports de Beaulieu totalement rénové (5500) alors que Cesson inaugurera sa nouvelle Arena (4000) avant la fin de l’année. D’autres projets, à Dunkerque, Saran, Nîmes, Tremblay et Chartres sont soit à l’étude, soit en cours de réalisation.

Le handball français n’a toujours pas dit son dernier mot.

L.M

LIDLSTARLIGUE
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