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Nantes-Paris, volume à fond

17 déc.
Laurent Moisset raconte
Meilleurs ennemis en Lidl Starligue, le roi et son dauphin déclinent une identité et une philosophie différentes qui font tout le sel de leurs confrontations.

Les chiffres annoncent un rapport de forces équilibré. Neuf victoires pour le PSG, sept pour le H et deux matches nuls. Ils pointent quand même un écart abyssal dans le financement des projets respectifs. Le Champion de Lidl Starligue en titre compte un budget 2,5 fois supérieur à celui du prétendant. Ils rappellent quand même qu’il ne suffit pas d’être l’armée la mieux équipée pour remporter le combat. Quand Coubertin peine à rassembler 3000 fidèles, Beaulieu fait le plein (6000) quel que soit le pedigree de l’hôte et qu’ils seront encore 10000, dans la Halle XXL jeudi, pour le sommet de la saison 2018-2019.

On pourrait donc répéter à l’envi exemples et comparaisons, raconter encore et encore l’histoire du petit poucet sans que l’on parvienne, finalement, à trouver un terrain d’entente sur le profil le plus performant. Les chiffres, en fait, ne disent rien de ceux qui les manient. Des faiblesses qui, parfois, peuvent troubler les meilleurs comptables parce que l’humain, évidemment, reste le maître du calcul.

On est sûr, par exemple, que le PSG n’avait pas planifié, lors du dernier Final 4 historique à Cologne, d’être cabossé et jeté dans le fossé par les novices nantais et qu’il en garde, aujourd’hui, une plaie toujours à vif. Dans ce même registre, on est convaincu que la sortie de route jeudi dernier à Coubertin des hommes de Thierry Anti alors qu’ils menaient 17-10 à dix minutes de la pause, n’ait pas répandu de profonds dégâts dans les esprits. Mais on ne se trompe pas en estimant que les deux événements ont, de nouveau, alerté nos acteurs sur la fragilité des choses et, surtout, l’envoûtante incertitude du sport.

Le Norvégien Sander Sagosen  à la lutte avec l'espagnol Valero Rivera à l'occasion des quarts de finale de Coupe de la Ligue, jeudi dernier.

Latins contre Scandinaves

Chaque expérience endurcit les Champions mais, selon ses fréquences, elle les porte d’abord à la juste correction et au plus près, ensuite, d’une certaine perfection. Nantes et Paris n’auront pas changé, jeudi, au moment des chaudes retrouvailles, l’un comme l’autre ont au fond d’eux leurs propres certitudes, des repères dans le jeu et le collectif. Paris, par exemple, est invaincu sur la scène nationale depuis son premier match officiel de la saison début septembre et sa seule défaite contre Saint-Raphaël en demi-finale du Trophée des Champions. Il s’est construit autour d’une organisation « scandinave » avec Sander Sagosen, Mikkel Hansen, Henrik Toft Hansen et Kim Ekdahl Du Rietz, revenu de blessure au début du mois. Un handball au millimètre, carré, rigoureux alors que celui de Nantes s’articule autour de latins, avec ses Espagnols Valero Rivera, David Balaguer, Eduardo Gurbindo et le maître de cérémonie, le Réunionnais Nicolas Claire.

Un style plus fantaisiste, plus fantasque, plus enlevé qui laisse, surtout, davantage de liberté à ses animateurs alors que la « furia » parisienne est beaucoup plus contrôlée. Dans cette opposition de styles, le jeu y trouve son compte et le public sa dose d’adrénaline. Elle profite, semble-t-il, un petit plus souvent aux Parisiens quand Arnaud Siffert, le grognard nantais, souligne l’euphorie qui gagne les siens. « C’est le revers de la médaille. Quand on maîtrise, que tout roule, on a le sentiment que rien ne peut nous arriver. Mais le relâchement face à Paris ne pardonne pas. »

Incontestablement Paris sait mieux gérer ses émotions et il en sera diablement question jeudi dans la halle XXL. Les Nantais ont pu mesurer l’ampleur des dégâts jeudi passé mais ils ne vont pas se renier et changer de philosophie. Ils ont dans le sang ce feu sacré pour le jeu, la prise d’initiative et de risque, cette foi incompressible de pouvoir renverser des montagnes. Cet ADN commun constitué autour de la solidarité et de l’amitié. Ce même supplément d’âme -et c’est nouveau- auquel Paris, cette année, a fait appel dans les passes difficiles. Volume à fond, Nantes et Paris vont pousser fort sur leurs convictions. Le concert risque d’être inoubliable.

L.M.
Crédits Photos S.Pillaud

Lidl Starligue | Les matches de la J13

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