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Olivier Girault : « Un pas décisif »

30
avril
Entretien
Le président de la LNH s’explique sur le week-end historique que vient de connaître le handball français de club.

Quel premier sentiment vous anime au bout d’un week-end historique pour les clubs français ?

La fierté, d’abord. Après, je ne peux m’empêcher de penser au travail entrepris dans nos clubs depuis de longues années. Il a fallu construire, se montrer patient, accepter la défaite aussi. Dans ces moments moins exposés à la lumière, personne n’a baissé les bras. Paradoxalement, on sentait que nos clubs progressaient et montaient en puissance.

C’est-à-dire ?

Je me répète, on sentait que ça venait. On ne se posait qu’une question : pourquoi ne franchit-on pas la dernière marche ?

« L’âpreté du Championnat, la maîtrise… »

Vous avez la réponse aujourd’hui ?

Elle se trouve dans l’âpreté du Championnat que nous vivons cette saison. On s’est aperçu que le niveau était très haut et que l’on avait franchi un pas décisif. Ici, il faut se battre de la première à la dernière journée. Pour le titre, pour le maintien. Ces combats hebdomadaires forgent le caractère des joueurs, les préparent à l’impossible. Physiquement, tactiquement et techniquement, il faut imaginer pour s’imposer. Ce travail sur la scène nationale s’est simplement traduit et exporté à l’échelon international.

Y a-t-il un point particulier qui vous a interpellé ce week-end ?

Oui, la maîtrise. Nantes, par exemple, était en difficulté en deuxième période contre Skjern mais il n’y a eu aucun mouvement de panique. On remarque de la proximité, de fortes habitudes dans le groupe nantais, c’est un formidable antidote contre le doute. Idem pour Paris qui s’est reposé sur sa base défensive pour réagir et qui, surtout, est resté lucide en ne répondant pas à l’agressivité des joueurs de Kielce. La maîtrise, enfin, se retrouve dans la capacité des Montpelliérains à prendre le match dans le bon sens.

Imaginiez-vous, pour autant, que les trois clubs iraient jusqu’à Cologne ?

Etrangement, je n’en doutais pas. Nos clubs ont énormément progressé ces dernières saisons. Sur le terrain, bien sûr, mais en dehors également. Il existe, en parallèle, un soutien populaire nouveau. Cela veut dire encore que la qualité du spectacle proposé est là, que le public adhère et se passionne. Cela aussi est nouveau.

Du coup, on va, peut-être, parler un peu plus de la Lidl Starligue et des clubs...

Tout cela est étroitement lié quand on rappelle que le premier fournisseur de l’équipe de France reste les clubs. L’équipe de France a mis en lumière notre sport mais elle agit sur des temps plus courts. Il fallait que le Championnat devienne moteur. Il dure dix mois, offre une exposition plus large, engage d’autres défis auprès des jeunes, notamment, qui vont avoir envie de s’investir. Alors, oui, en matière de résultats il faut que l’on soit à la hauteur. Le fait de valider trois tickets pour Cologne est historique mais je suis convaincu que ce n’est qu’un début.

« On va se remettre au boulot »

Vous voyez plus haut, plus loin ?

Le cap sera définitivement franchi quand l’une de nos équipes remportera la Ligue des Champions. Mais nos clubs sont prêts aujourd’hui. Prêts à performer, à durer. Depuis quinze ans, ils ont œuvré dans ce sens.

Vous êtes président depuis le début du mois de février, pouviez-vous rêver de pareille entrée en matière ?

Je ne serai jamais un président de représentation. J’apprécie le moment, bien sûr, mais je me dis qu’avec nos équipes à la Ligue, il va falloir que l’on soit au niveau de nos clubs. Continuer, par exemple, de soigner notre développement, de faire apprécier nos championnats. Parce que l’on doit, évidemment, montrer que notre modèle est sain et performant.

Propos receuillis par Laurent Moisset.

LNH.fr
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