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Raconte-moi la Lidl Starligue (1/2)

15
nov.
Laurent Moisset raconte
Des matches à haute intensité, du spectacle, du suspense, la Lidl Starligue et ses clubs n’ont jamais aussi bien porté les valeurs du sport. Explications d’un phénomène…

Ces merveilleux fous volants...

On avait trouvé Alain Smadja, alors président de la Ligue, culotté au milieu des années 2000 lorsqu’il avait affirmé sa volonté de voir le Championnat de France devenir une référence dans le monde. Philippe Bernat-Salles avait repris la promesse lorsqu’il lui succéda bravant les interdits qui faisaient, alors, de la Bundesliga et de l’Asobal les meilleurs manieurs de petite balle ronde.

Passés des paroles aux actes, les deux dirigeants ont contribué à mettre en place une compétition définitivement attractive grâce à la diversité de ses clubs, de leurs savoir-faire, de leur maîtrise sportivo-financière. La saison en cours illustre de manière spectaculaire les évolutions et les progrès. Le tout-puissant PSG a été secoué à Nîmes, étonnant deuxième, alors que Toulouse continue de brouiller les cartes, qu’Aix et Dunkerque devancent même Nantes et Saint-Raphaël, la saison dernière sur le podium.

Désormais, les positions ne sont plus figées, les matches de plus en plus indécis alors que d’une journée à l’autre le classement se trouve chamboulé. Nos merveilleux fous volants ont, indiscutablement, trouvé le rythme endiablé de la haute compétition. Il y a, évidemment, des explications…

Un développement tous terrains

Sans un cadre bien déterminé et une politique ciblée, point de salut. Pascal Léandri, directeur d’Ivry, avance sur ce terrain sans la moindre gêne. « On n’a pas idée, souligne-t-il, du travail abattu depuis vingt ans. Avec les pôles espoirs, puis les centres de formation, les clubs ont franchi un cap. Depuis dix ans, l’encadrement de la Ligue est également prépondérant dans les avancées que l’on remarque aujourd’hui. »

Les centres de formation qui ne sont, faut-il le rappeler, pas obligatoires constituent des ressources désormais inépuisables. Douze des quatorze clubs de l’élite s’appuient sur ce pilier et ne comptent plus en matière d’investissement -entre 250 000 et 300 000 euros par saison dans leur budget. « Et contrairement au football, note Daniel Costantini, l’ancien sélectionneur, les clubs n’hésitent pas à piocher dans le réservoir. Ces jeunes ont une vraie perspective d’avenir et ne sont pas laissés dans le fossé. » La preuve, même le PSG, pourtant réputé pour ses coûteuses acquisitions extérieures, peut s’engager dans cette voie quand il lance Kounkoud, Nahi,  Kempf ou qu’il prête Garain à Dunkerque.

La Ligue a toujours veillé en conseillant à ses clubs d’y consacrer une part de leur budget. Cela n’a été qu’un axe de son action puisqu’elle a surtout développé, au fil du temps, un cahier des charges assez strict afin de favoriser la stabilité de ses clubs. La commission de contrôle et d’aide à la gestion est un exemple très éclairant sur le sérieux qui domine dans les structures professionnelles. Elle n’est pas là que pour tirer la sonnette d’alarme quand elle étudie les budgets mais tient, également, un vrai rôle d’accompagnement en donnant avis et conseils. La preuve de son efficacité ? Aucun scandale financier, aucun dépôt de bilan ces dernières années.

De plus en plus professionnel

Cette action -renforcée par l’organisation de séminaires réguliers avec intervention d’experts extérieurs en tous genres- a contribué, évidemment, à rendre les patrons de clubs beaucoup plus vigilants et prévoyants. « Je crois, remarque Daniel Costantini, que la force des clubs aujourd’hui est leur professionnalisme.  Ils commettent beaucoup moins d’erreurs. » Ils ont été capables, surtout, de renforcer leurs structures. « Des staffs ont été constitués, ajoute Léandri, avec des pros à chaque poste. Fatalement, on est beaucoup plus précis sur chaque mission. C’est une plus- value de grande qualité. »

Relation de cause à effet, la préparation des joueurs est mieux ciblée. Les techniques de préparation, de récupération sont tellement pointues qu’elles permettent, malgré des calendriers parfois démentiels, aux joueurs de rester performants tout au long d’une saison. « Ces progrès-là, complète l’entraîneur dunkerquois, Patrick Cazal, rétablissent les équilibres. On a bien compris, désormais, qu’on ne peut plus faire des moitiés de match physiquement ou mentalement, sinon on explose. Il y a dix ans, tu pouvais peut-être te reposer sur tes individualités pour espérer gagner un match. Maintenant, c’est fini. »

Et il continue : « Les entraîneurs aussi ont des outils supplémentaires pour mieux préparer leurs matches. Une plateforme à la Ligue qui nous permet de revoir tous nos matches ou ceux de nos adversaires. Enfin, je crois surtout que dans chaque club, les projets, de vie et de jeu, sont parfaitement identifiés. On sait, aujourd’hui, comment tirer le meilleur parti des joueurs mis à notre disposition. »

L.M

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