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Lidl Starligue | La jeunesse au pouvoir ?

13 févr.
Laurent Moisset raconte
Nourris dans les centres de formation des clubs, les jeunes talents de Lidl Starligue impriment un rythme et un caractère nouveaux au Championnat.

Avant, ils patientaient bien plus longtemps dans l’antichambre. Avant, probablement, leurs entraîneurs préféraient les préserver en leur donnant du temps et l’incomparable expérience qui permettent d’entrer sur la scène avec les meilleurs repères. Il y avait bien eu le phénomène Nikola Karabatic à Montpellier jeté dans l’arène à 17 ans mais déjà capable un an plus tard d’inscrire 11 des 18 buts héraultais de la finale aller de Ligue des Champions à Pampelune sous les yeux émerveillés de l’ancien, Jackson Richardson.

Longtemps Karabatic est resté un cas unique, un de ces phénomènes sur lequel l’âge n’a aucune prise quand le mental l’a déjà préparé à toutes les sollicitations. A cette époque, au tout début des années 2000, le modèle de formation préconisait pourtant qu’on laisse faire le temps et la crainte de brûler l’espoir restait un frein de sécurité systématiquement enclenché.

A Nantes, on vient voir Tournat et Lagarde !

En se professionnalisant, en développant leurs centres de formation, les clubs ont fait évoluer leur réflexion et leur politique. Pourquoi ne pas être moins frileux quand les moyens désormais mis à disposition renforcent et accélèrent le temps d’apprentissage ? Pourquoi se priver d’une énergie nouvelle ? Pourquoi, finalement, attendre trop longtemps le retour sur investissement ? La réalité a sauté aux yeux : les jeunes peuvent débuter  plus tôt parce qu’ils sont mieux préparés et donc prêts.

Leur intégration répond également à un souci économique. Formés à la maison, dans le cours de leur premier contrat professionnel, Nicolas Tournat et Romain Lagarde coûtent moins cher qu’une star reconnue alors que leur indice de performance est bien plus significatif. L’argument est prouvé par les chiffres et, surtout, par le rôle que, très vite, les deux garçons ont tenu dans leur équipe.

Depuis quatre années, Nicolas Tournat est le pilier du système offensif du HBC Nantes. Installé petit à petit dans le groupe par Thierry Anti, il est la tour de contrôle de l’équipe, tellement reconnu que Kielce a déjà bouclé son transfert à partir de juin 2019. Romain Lagarde, découvert par le grand public lors du dernier Euro, a suivi le même parcours. Arrivé de Lanester il y a trois ans, l’arrière-gauche et demi centre a débuté à 18 ans en équipe première. La saison dernière  son temps de jeu a considérablement augmenté et cette année il apparaît désormais comme un titulaire incontournable depuis la blessure d’Olivier Nyokas. Il a vingt ans.

Ils sont, également, devenus si l’on ose dire des produits d’appel et les chouchous du public de la Trocardière. Mercredi, pour la venue de Dunkerque lors de la reprise du Championnat, on viendra voir Tournat et Lagarde, tout jeunes Internationaux, et symboles d’une jeunesse triomphante.

A Montpellier on construit autour des jeunes

Montpellier a, lui aussi, pris le tournant de la jeunesse. En l’espace de quelques mois, l'actuel leader de la Lidl Starligue a opéré un rajeunissement spectaculaire au point que Mathieu Grébille, l’espoir porteur d’hier, fait office de grand ancien aujourd’hui à 26 ans. Baptiste Bonnefond a pris du galon, Fabregas lancé dans le grand bain à la sortie de l’adolescence, est devenu un cadre à, seulement vingt ans. Avec le recrutement de Melvyn Richardson (21 ans), le MHB s’est offert un visage juvénile.

La grande surprise de la saison reste Jean-Loup Faustin (22 ans) devenu à la fois une référence dans le nouveau système de jeu de Patrice Canayer et le symbole de la formation héraultaise qui ne s’épuise jamais. Défenseur, meneur de jeu, buteur, le gamin sait tout faire avec beaucoup d’aplomb et d’efficacité. Une vraie révélation qui a compté dans les résultats et l’hégémonie retrouvée du club héraultais qui pourrait, à l’issue de la saison, fêter son quinzième titre de Champion de France.  Avec (peut-être) le retour d’Arthur Anquetil, prêté cette année à Sélestat où il confirme toutes ses compétences, Montpellier retrouve une seconde jeunesse avec l’épanouissement de ses jeunes talents.

Les clubs comptent sur leurs jeunes

Les autres clubs de l’élite n’ont pas tardé, eux aussi, à prendre le même train. Aix a fait d’Aymeric Minne son maillon fort. Meneur de jeu, c’est lui qui débloque le plus souvent les situations. Ses compétences ont explosé lors de la victoire du club provençal face à Paris. Avec neuf buts inscrits, il a montré la voie. A 20 ans, l’ancien Toulousain s’affiche, en tous cas, comme la figure de proue de son club.

Elohim Prandi, lui, n’a que 19 ans mais il pèse dans le paysage nîmois. L’ancien arrière d’Ivry a éclaboussé de son talent et de son culot la première partie de saison en étant le dynamiteur de son équipe, notamment face à Paris qui s’est incliné au Parnasse. Le temps et les matches vont façonner un arrière qui pourrait bientôt voir, lui aussi, l’avenir en bleu.

A Paris dont les doux rêves sont bercés par une armée de stars, on ne néglige pas davantage la formation. Kounkoud, Kempf, Nahi sont régulièrement appelés en équipe première alors que Garain, prêté à Dunkerque, a réalisé une entame de saison tonitruante avant de se blesser.

L’émergence et l’efficacité précoce de tous ces joueurs témoignent de la bonne santé d’un Championnat qui se bonifie, désormais, dans la fraîcheur de ses espoirs.

L. M.
Crédit photos Wuthrich / S.Pillaud

LNH
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