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Baptiste Butto, l’air du pays

26
févr.
Laurent Moisset raconte
L’ailier de Dunkerque va passer par la Lorraine lors du Final 4 de Coupe de la Ligue by Lidl. Là où tout a commencé pour lui…

Ses premiers mots affirment une note de chauvinisme appuyé. « Tu sais, la Lorraine est une terre de handball trop méconnue. » Les suivants, Algrange, Thionville, Metz, délimitent les points cardinaux d’une passion dévorante dès l’âge de cinq ans. « Autant que je me souvienne, je crois bien qu’à l’entrée au collège je voulais déjà être un professionnel de handball. »

Pour y parvenir, il lui a fallu élargir le théâtre de ses premiers exploits et s’écarter jusqu’à l’Alsace voisine. Strasbourg et son sport études, le temps des première exigences, des premières rencontres, avec Vincent Gérard et Benoît Thiébaut, fils de Jean-Luc médaillé de bronze aux JO de Barcelone dans la cage de l’équipe de France,  ses potes de promotion. Une vie dédiée au hand très tôt quand la semaine du dimanche au soir au vendredi après-midi dessine un solide apprentissage, et que le week-end est consacré à l’entraînement et au match le samedi.

Vincent, Benoît et les autres…

« Trépidant, oui, sourit-il, mais jamais fatiguant quand tu fais ce que tu aimes. A l’époque, dans les années 1990, la région comptait énormément de clubs de très bon niveau et tout cela tirait vers le haut tout en enrichissant, fatalement, le gamin débutant que j’étais..» Baptiste Butto fera l’incontournable détour jusqu’au SMEC à Metz, tête de gondole dans la région au cœur de ses 17 ans.

Avec Vincent et Benoît. « Vincent Gérard, rappelle-t-il, était le gardien numéro 2 en D2, moi j’ai été pris quelques fois. C’était un début. » D’un rêve de grandeur qui se concrétisera à Sélestat « dans un club, souligne-t-il, où je savais que les jeunes du centre étaient appelés à être rapidement intégrés en équipe professionnelle. »

Jamais d’ailleurs il n’effacera le point de départ et cette Lorraine si chère à son cœur, si présente encore à sa mémoire lors de la saison 2013-2014 quand l’USDK remportera le titre de Champion de France au nez et à la barbe du grand Paris. Poussé par Baptiste Butto et Vincent Gérard, ses deux Lorrains, Dunkerque montre un courage et une volonté exacerbées par l’engagement de ses deux leaders. « A ce moment-là, alors qu’on avait été séparés près de dix ans, les liens se sont effectivement resserrés avec Vincent. Mais cette proximité était la même avec tous les autres partenaires. Cette saison-là, on a écrit notre histoire sur la solidarité, l’envie et l’enthousiasme. »

Coups de gueule célèbres, générosité méconnue…

N’empêche la belle et grande aventure est clairement marquée encore, cinq ans plus tard, par les célèbres coups de gueule des deux hommes, lanceurs d’alerte quand le train-train et la routine menacent d’endormir le groupe. « Caractériel, je le suis toujours. C’est dans mon tempérament et j’essaie depuis longtemps de lutter contre ce côté trop sanguin. C’est difficile d’aller contre sa nature mais le temps maintenant apaise les excès. »

Le comportement, pourtant, traduit la passion et l’envie qui habitent toujours Baptiste Butto. Le joueur a fait son trou, s’est inscrit dans l’histoire puisqu’il est actuellement le deuxième meilleur buteur de la Lidl Starligue en carrière (1250 buts inscrits) derrière Raphaël Caucheteux, l’homme est plus méconnu alors que ses ressorts n’ont jamais cessé d’agir sur la relation humaine et les notions de partage.
Sait-on, par exemple, que depuis trois ans le bonhomme dirige les – 18 ans région à l’USDK ? Il a su aménager son planning avec deux entraînements le lundi et le vendredi soir et assurer de sa présence les matches du samedi ou du dimanche. « C’est un peu comme avant, s’enthousiasme-t-il. Je conduis le mini bus, je m’occupe des jeunes comme d’autres l’ont fait avec moi à mes débuts. »

Il a, en vérité, cette grande force de vouloir aider et transmettre, cette faculté à oublier que dans ce monde ultra professionnalisé, on peut encore garder un peu de temps pour les autres avant de se soucier de sa propre image. « Donner un peu d’exigence à ces jeunes, leur apprendre les bases ce n’est pas grand-chose. Je sens comme le goût d’une victoire quand je constate à quel point ils sont réceptifs. Ils ont envie de savoir, de comprendre, de progresser. Un peu comme moi, il y a si longtemps maintenant. »

Baptiste Butto aime le jeu et les hommes qui le font. Il tient à garder tous ces points de repère, garants de son équilibre de sa lucidité. Et s’il semble vouloir se tourner, plus tard, vers une carrière d’entraîneur, son guide reste la compétition, là où son tempérament s’accommode de toutes les difficultés. Le 17 mars, dans les arènes de Metz, face à l’ogre parisien en demi-finale de la Coupe de la Ligue by Lidl, il sera confronté à sa propre histoire et à ce passé si enrichissant. « La victoire sera déjà dans les tribunes où toute ma famille et mes amis s’installeront. »

Parce qu’évidemment, il n’a jamais oublié d’où il venait…  

LNH.fr
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