close


En Proligue... ça va décoiffer !

12 sept.
Laurent Moisset raconte
Budgets en hausse, effectifs étoffés, la Proligue a encore franchi un cap avant d’entamer sa troisième saison sous l’égide de la LNH.

Il ne faut pas chercher dans un concours de circonstances les raisons de l’élimination d’Aix, 4e budget de Lidl Starligue (6,6 millions d’euros), face à Nice, plus petit budget de la Proligue avec ses 870 000 euros lors du premier tour de Coupe de la Ligue. Plus sûrement faut-il y voir les progrès et l’émergence d’un second niveau qui a, d’ailleurs, marqué le coup lors de l’exercice précédent avec la présence d’Istres, le futur champion de Proligue, dans le dernier carré de cette même Coupe de la Ligue.

Il faudra s’y faire : l’ancienne Pro D2, qui avait gardé un bon accent d’amateurisme, est définitivement devenue un acteur à part entière du monde professionnel. C’était la volonté de la LNH quand elle l’a intégrée dans son dispositif et elle mesure déjà aujourd’hui l’immense pas qui a été franchi.

Des chiffres qui parlent

Structurellement les pensionnaires se sont, petit à petit, installés dans le cadre imposé par la Ligue suivant ainsi la voie de l’élite il y a quinze ans maintenant lors de la création de la LNH. Preuve d’une évolution marquante, les budgets affichent une hausse de 5% par rapport à la saison dernière, les partenariats se sont, également, envolés. Comme à Limoges, par exemple, où les aides publiques ne contribuent qu’à 18% seulement du budget total.

« Sélestat, aussi, secoue le cocotier en créant un espace éphémère (trampoline, tobbogans, points de restauration) deux heures avant chacun de ses matches à domicile. »

D’autres comme Saran et Chartres poursuivent leur projet d’une nouvelle salle alors que la majorité des clubs continuent d’encadrer leur activité par la création de postes dans l’administratif et le marketing. Outre ces travaux d’embellissement, certains continuent de multiplier les initiatives. Limoges, notamment, va débuter sa saison à Beaublanc, l’antre du CSP, et attend plus de 3500 spectateurs pour l’ouverture du championnat face à Grenoble. Les dirigeants limougeauds vont reproduire l’expérience à deux reprises au cours de la saison et ils retrouveront, également, le Zénith une fois, après le succès enregistré lors du précédent exercice. Sélestat, aussi, secoue le cocotier en créant un espace éphémère (trampoline, tobbogans, points de restauration) deux heures avant chacun de ses matches à domicile.

« Il s’agit de créer de la convivialité, explique Christian Omeyer, le manager général, tout en fidélisant et en augmentant le nombre de spectateurs. » Gatien Cantin, directeur opérationnel à Limoges, cible le phénomène. « En délocalisant, sourit-il, on répond à une attente du public. A titre indicatif, on était mal embarqué sportivement le printemps dernier mais nous avons, pourtant, joué tous nos matches à guichets fermés. »

La semaine dernière, l'ambitieux LH87 s'est qualifié pour les 1/8èmes de finale de Coupe de la Ligue aux dépends d'Istres, Champion de Proligue la saison passée

La qualité du spectacle n’est pas étrangère, d’ailleurs, au succès qui se dessine. Un chiffre est particulièrement éloquent : avec 53 joueurs internationaux (soit près de cinq en moyenne par club), la compétition a clairement pris une autre dimension. Alain Portes, l’ancien entraîneur de Besançon, le faisait justement remarquer en cours de saison passée. « Ce qui m’étonne, c’est la qualité des joueurs étrangers qui sont recrutés. Il y a un vrai niveau. » Christian Omeyer prend son relais quand il explique : « Le niveau international a tellement évolué qu’on ne parle plus que des Espagnols, des Scandinaves ou des Allemands. Nous comptons trois Internationaux belges, notamment, les mêmes qui, il y a quelques mois, avaient tenu la dragée haute à la grande équipe de France. »

Une nouvelle formule attrayante

Ibrahim Diaw, l’ancien Parisien, désormais pilier de la défense de Saran, pointe l’intérêt croissant de la Proligue : « Chez nous il y a deux monstres. Chema Rodriguez et Sierra, Champions du monde avec l’Espagne il y a cinq ans. Ils se sont parfaitement intégrés sans jamais souffrir d’un nouveau statut qui les voit évoluer à un échelon inférieur. Mais c’est vrai aussi que le niveau est maintenant élevé et que la course au titre et aux finales de la Proligue vont prendre une dimension encore supérieure cette année. »

La formule de la compétition change, en effet, cette saison. Le premier de la saison régulière accèdera directement à la Lidl Starligue. Le deuxième sera qualifié aux Finales de Proligue sous la forme d’un tournoi à quatre qui se disputera sur un lieu encore à désigner et sur deux jours. Il sera rejoint par les vainqueurs d’un double barrage par matches aller-retour entre le 3e et le 6e, le 4e et le 5e. Le vainqueur du tournoi sera Champion de Proligue et montera parmi l’élite. S’il s’agit du premier de la saison régulière, le finaliste sera l’heureux élu.

L’ambition de la Ligue est, évidemment, d’apporter un coup de projecteur sur cette phase finale. « L’objectif, soulignait Olivier Girault, le président de la LNH lors de la présentation de la saison, est que l’événement soit retransmis à la télévision et nous y travaillons. »

Pour les clubs il s’agit, évidemment, d’une « publicité » qui doit leur permettre, à terme, de faire évoluer leur modèle et leur projet. « La médiatisation est une forme de reconnaissance, souligne Christian Omeyer. L’idée a été bien accueillie puisqu’elle peut faciliter l’exposition de notre travail, de notre savoir faire, de mieux comprendre la valeur et la qualité de notre Championnat. »

Toute la philosophie d’une saison qui devrait, de nouveau, mettre en avant tous les progrès de la Proligue…

L.M.
Crédit photo Paage Création / Armaphotos / JB Autissier - Panoramic

Chema Rodriguez, Champion du monde avec l'Espagne en 2005 et double  vainqueur de la Ligue des Champions avec Ciudad Real (2008, 2009), jouera sa seconde saison sous les couleurs de Saran
LNH
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques, commerciaux et de partage via les boutons de réseaux sociaux.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies