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Chambéry carbure à la jeunesse

23 nov.
Laurent Moisset raconte
Le leader de Lidl Starligue a pensé sa reconstruction autour de sa jeunesse et de son académie. Et ça marche !

Les chiffres posent l’empreinte d’une histoire. Celle, récente, du Chambéry Savoie Mont Blanc Handball pourrait s’arrêter sur le huit. Huit comme le nombre de joueurs formés au club que l’on retrouve, chaque semaine, sur la feuille de match. Le cas est unique en Lidl Starligue, comme s’il fallait rappeler qu’un leader pouvait carburer à la jeunesse pour promouvoir son image et assoir ses ambitions. « C’est une fierté, avoue Laurent Munier, le directeur général, mais, également, une volonté du club. »

Elle s’est clairement dessinée à l’issue de la saison 2011-2012 à l’arrivée de Laurent Busselier, capitaine en fin de carrière, à la tête du centre de formation. « L’objectif, se souvient-il, était de reconstituer un groupe avec une projection sur l’avenir. Il a fallu pister les perles rares, les convaincre et les attirer. Se montrer patient aussi. » Le coup de fraîcheur a été clairement impulsé par l’emblématique ailier qui, même monté en grade auprès d’Erick Mathé sur le banc de l'équipe première, garde, aujourd’hui, la responsabilité du centre. « L’approche, la relation humaine sont complètement différentes. Ça me tient à cœur et c’est toujours ce que j’ai voulu faire. »

Les résultats n’ont pas tardé quand les Queido Traoré, Alexandre Tritta, Johannes Marescot ont émergé alors que Pierre Paturel, 28 ans désormais, passé par le centre il y a dix ans n’a jamais paru aussi rayonnant. Ils sont franchement bluffants quand, cette saison, Hugo Brouzet, Antoine Léger, Mathieu Vigneron, Clément Damiani viennent s’intégrer avec beaucoup de réussite à l’équipe professionnelle sous l’œil bienveillant des cadres en place. Il n’y a plus de tête de gondole à Chambéry, comme ont pu l’être les Richardson, Stoecklin, Narcisse ces dernières années, seulement l’affirmation d’une politique où le cœur de cible est la jeunesse.

Johannes Marescot, ici au tir sous le regard de ses coéquipiers Hugo Brouzet et Queido Traoré

Toutes les passerelles ouvertes sur l’élite

« Notre budget, avoue Laurent Munier, n’est pas extensible. On a fait un choix économique et l’aventure est tout aussi passionnante. » Chambéry qui fut longtemps avec Montpellier le plus gros budget de la Lidl Starligue et également son dauphin pendant une décennie lutte sur d’autres fronts. « Mais l’exigence est tout aussi forte parce que le niveau de jeu a tellement monté que les jeunes doivent être plus forts, donc mieux formés. La satisfaction est qu’ils parviennent à s’adapter, à trouver leur rôle au plus haut niveau. » Les dirigeants club ont tout fait pour, réduisant leur nombre de joueurs professionnels à 14 (au lieu de 19 la saison écoulée) afin de faciliter les accès. « Chez nous, reprend Busselier, ils savent qu’on leur donnera leur chance, qu’on leur fait de la place pour atteindre l’élite. »

A tous les étages, d’ailleurs, les liens ont été resserrés. Les douze joueurs sous convention de formation, sont régulièrement rejoints à l’entraînement (trois fois par semaine) par des éléments du pôle espoirs démontrant que toutes les passerelles sont bien ouvertes. La politique crée de l’émulation et Chambéry va, évidemment, consolider son projet avec l’ouverture en juin 2020 de son académie. La grande idée de Laurent Munier qui planche sur le sujet depuis près de dix ans et qui voit donc le bout du tunnel. « Nous nous devons, souligne-t-il, de proposer aux jeunes les meilleures conditions d’accueil et d’entraînement. La qualité des infrastructures est, enfin, un moyen de les attirer, de les convertir à notre projet. »

Laurent Busselier, désormais entraîneur adjoint, est un élément essentiel de par son rôle de responsable du centre de formation

L’académie, un projet de dix ans

A cinq cents mètres du Phare, sur un terrain de 6500 mètres carrés mis à disposition par la ville, Chambéry va installer bureaux du club, gymnase, salle de musculation, balnéothérapie et tout un ensemble immobilier où l’on retrouvera entre vingt et trente studios tout équipés afin d’accueillir les stagiaires. Un ensemble que le club compte exploiter sous différentes manières. « On disposera de locaux sur une surface de 700 mètres carrés qui pourront être mis en location. Ce sera un lieu de vie où des partenaires trouveront également leur place. » L’investissement, à hauteur de 6 millions d’euros, souligne, une fois encore, la capacité de mobilisation des dirigeants chambériens. Tenace, imaginatif, le club est précurseur puisqu’avec Dunkerque, il sera l'un des premiers en Lidl Starligue à se doter d’un tel équipement.

La stratégie est, évidemment, validée grâce aux résultats enregistrés depuis le début de la saison et elle donne encore davantage de relief au prochain sommet contre Montpellier, le rival de toujours. Après quelques années de disette, et en accord avec son temps, Chambéry n’est plus très loin de retrouver son lustre d’antan. Mais, finalement, après avoir formé les frères Gille, Narcisse, N’Guessan, Richardson et bien d’autres que l’on retrouve en nombre dans d’autres clubs de Lidl Starligue et de Proligue, Chambéry joue juste dans son registre.

L.M.
Crédits Photos S.Pillaud/Sportissimo

LNH
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