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La Proligue, plus haut, plus fort

01 févr.
Laurent Moisset raconte
Économiquement stable, sportivement passionnante, la Proligue poursuit son développement à grande vitesse.

Depuis sa création en 2004, la LNH n’a jamais cessé de veiller au développement du handball professionnel. Après avoir solidement installé ses clubs de l’élite, elle est, rapidement, passée à un plan d’élargissement.

Ouvert en 2009, le chantier de la deuxième division a débouché sur une intégration à la LNH lors de la saison 2016-2017. Rebaptisée Proligue afin d’officialiser son changement de statut et sa nouvelle appartenance, la nouvelle entité a su s’adapter et offrir de belles perspectives d’avenir..

Objectif structuration

Le passage au professionnalisme impose de nouvelles règles et exigences aux pensionnaires de la Proligue. Le budget, assis sur 830 000 euros minimum, n’est pas une contrainte irrémédiable mais, selon le cahier des charges de la LNH, le contrôle est serré autour de la structuration des clubs. La mise en place d’un cadre administratif solide, d’une meilleure organisation en termes de billetterie, d’un accueil plus rigoureux dans les salles restent les axes, prioritairement, ciblés pour le développement. Les clubs s’y sont adaptés sans la moindre difficulté.

« On remarque [...] un vrai coup d’accélérateur dans tous les clubs.»

A Limoges, monté il y a deux ans, quatre salariés (au lieu d’un) gèrent le quotidien. D’autres clubs, comme Cherbourg, avaient anticipé les événements puisque sept personnes sont employées au bon fonctionnement de la machine. D’ailleurs, tous ont à l’esprit que ce passage est obligatoire et décisif pour assoir leurs fondations et ils consacrent une bonne partie de leur budget à cet effort tout en limitant leur masse salariale. « On remarque, souligne Gatien Cantin, directeur opérationnel à Limoges, un vrai coup d’accélérateur dans tous les clubs. Le souci de s’organiser, d’être rigoureux, de se « staffer » est entré dans les mœurs et l’accompagnement de la LNH apporte un grand progrès. »

Si le premier constat est plus que positif, il reste du chemin à parcourir. Oui, la Proligue a vu son affluence globale augmenter de 10% sur la première partie de saison, mais la marge de progression est encore grande. La Ligue a multiplié, ces derniers temps, les séminaires sur le sujet et les clubs planchent sur une nouvelle approche. Paradoxalement, on remarque une demande plus forte de places VIP, signe qui ne trompe pas -au modèle de ce qui se fait en Lidl Starligue- sur l’intérêt du monde de l’entreprise même à l’échelon inférieur.

Des budgets en constante progression

Avec un budget moyen de près d’1,6 millions d’euros, la couverture financière des clubs de Proligue est loin d’être anodine. Outre Créteil, Sélestat, Chartres ou encore Istres, anciens pensionnaires de Lidl Starligue et donc déjà préparés au monde professionnel, les autres se sont adaptés à la nouvelle donne. Ils ont, surtout, pu noter que le développement économique était loin d’être épuisé.

Deux ans après sa montée Limoges va boucler, cette saison, un budget à 1,6 millions alors que l’apport des collectivités locales n’est que de 28%. Le phénomène est très ressemblant à Cherbourg  qui depuis sa dernière saison en N1 et ses 800 000 euros de budget est aujourd’hui passé à 1,5 millions d’euros. Preuve que le tissu local, la particularité de la Proligue, est une valeur sûre et que la source n’est pas tarie. « Pour évoluer, tempère Romain Léonard, responsable du marketing, il faudrait que l’on sorte des frontières de la Manche malgré notre forte identité. Mais ce que nous avons réussi en quatre ans on peut certainement le prolonger. »

« Limoges [...] a réussi le coup de l’année en rassemblant 3600 personnes au Zénith. »

Fidéliser le public, développer le partenariat demeurent des missions premières. Limoges s’y essaie avec beaucoup de bonheur. En décembre, il a réussi le coup de l’année en rassemblant 3600 personnes au Zénith dans une salle qui n’avait jamais accueilli une seule rencontre sportive. Ce qui fait dire à Gatien Cantin : « Malgré la présence du CSP, le club historique de la ville, il y a un public pour le handball et, en tous cas, un modèle à développer. » L’espoir de voir apparaître une nouvelle salle près du palais des Sports où cohabiteraient le CSP et le Limoges Hand 87 dans les années à venir n’est peut-être pas qu’un vœu pieu mais une nécessité qui s’imposera si les deux équipes poursuivent leur croissance.

Un niveau de jeu surprenant

A une époque, il suffisait de ne pas jeter le ballon en touche ou en tribunes pour gagner un match. Souligné par de nombreux joueurs de deuxième division, cet argument massue disait tout du niveau de jeu en vigueur alors. Mais là encore les choses ont bien changé depuis l'avénement de la Proligue il y a deux ans. Il suffit de voir le classement, les écarts minimes pour la montée et la descente, pour comprendre que le niveau de jeu est monté de plusieurs tons.

Arrivé à Besançon cette saison, Alain Portes, l’ancien entraîneur de Nîmes et de l’équipe de France féminines, ne cache pas sa surprise. « Ça joue bien, c’est rigoureux, professionnel quoi. C’est autre chose. » Le Championnat s’appuie sur la présence de nombreux joueurs étrangers « mais, surtout, continue Portes, de très bonne valeur. » Il peut, également compter sur de jeunes joueurs formés en Lidl Starligue qui trouvent, à l’étage inférieur, une source d’épanouissement tout en donnant du caractère à la compétition. « La Proligue s’est sérieusement renforcée, conclut Portes. Le passage sous l’égide de la LNH a apporté un incontestable niveau d’exigence et boosté, tous les clubs. »

L’avenir, désormais, est devant eux.

L.M.
Crédits photo Joël Lihoreau

PROLIGUE
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