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William Annotel : « La Proligue va compter. »

18 oct.
Interview
Ancien pensionnaire de Lidl Starligue, le gardien de Limoges porte un regard éclairé sur l’évolution de la Proligue.

Quelques mois seulement après avoir quitté Dunkerque et l’élite pour Limoges et la Proligue quel est votre ressenti ?

J’ai quitté la Lidl Starligue mais pas le haut niveau.

C’est-à-dire ?

Il y a une douzaine d’années, j’avais connu la D2 en évoluant pendant une saison à Nancy. J’avais, fatalement, un point de repère en débarquant à Limoges. Il m’a été facile assez rapidement de mesurer l’évolution. Quand j’ai remarqué, par exemple, que la part des subventions publiques dans le budget n’était que de 18%, j’ai compris que la division avait fait un sacré pas en avant. Le décor a complètement changé. Quand je vois le niveau d’implication des dirigeants, les progrès réalisés en matière de communication, de développement économique, il est clair que la Proligue s’est professionnalisé et rapproché de son modèle, la Lidl Starligue.

Selon vous, les efforts des clubs se sont portés sur l’amélioration des structures plutôt que sur l’aspect sportif ?

Le travail abattu dans les bureaux est considérable. Tout est calculé au millimètre. L’action menée auprès des partenaires est inimaginable. L’organisation des matches est un autre pan dans la réalisation du projet. On a disputé notre premier match de la saison face à un promu, Grenoble, à Beaublanc devant 4700 spectateurs et on va répéter l’opération deux ou trois fois encore dans la saison. Sans oublier une autre rencontre au Zénith. Mettre sur pied de tels événements démontre combien, ce souci de développement, de professionnalisation est ancré dans l’adn du club.

L’effet de surprise a-t-il joué sur d’autres tableaux ?

Il y a plein de découvertes. Les déplacements sont plus confortables. Les staff technique et médical sont renforcés. De la même manière, le travail vidéo est parfaitement séquencé. Moi, je suis un peu scotché. On en parle souvent avec Romain Ternel qui arrive de Toulouse et on se dit que l’aventure est enrichissante.

Sportivement, existe-t-il encore un fossé important avec la Lidl Starligue ?

Les quatre ou cinq équipes du haut de tableau ne seraient pas ridicules parmi l’élite. Le niveau de jeu est plus que bon. Au fil du temps, l’augmentation des budgets a fait son œuvre. Elle favorise un meilleur épanouissement du joueur. Avant, un joueur de D2 gagnait sa vie mais il devait faire très attention. Aujourd’hui, il est plus à l’aise mais, surtout, tous les outils de travail sont à sa disposition. Donc, il progresse, hausse son niveau et, fatalement, la qualité et l’intensité du jeu en Proligue s’élèvent clairement.

« On est obligé de se maintenir à un haut niveau. Mais, le plus agréable, c’est que l’on reste dans une vraie compétition. »

William a réalisé 12 arrêt à 39% de réussite face à Saint-Marcel Vernon lors de la 4ème journée de Proligue

Beaucoup d’anciens joueurs de Lidl Starligue viennent terminer leur carrière à l’étage inférieur. Quel est, à votre avis, leur motivation ?

A une époque, c’était probablement un moyen d’anticiper une retraite sportive, de passer encore un peu de bon temps sans trop s’inquiéter. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’exigence et les efforts que se sont imposés les dirigeants de clubs doivent se répercuter sur les joueurs. On attend de l’expérience, de la performance. Là, on ne peut pas s’endormir. On est obligé de se maintenir à un haut niveau. Mais, le plus agréable, c’est que l’on reste dans une vraie compétition.

Vous êtes un cas particulier puisque vous avez conditionné votre venue à Limoges à un processus de reconversion. Est-ce vraiment compatible ?

Je me suis lancé dans un projet sur cinq ans pour devenir kinésithérapeute. L’école est à dix minutes de chez moi et on parvient, avec le club, à aménager mon emploi du temps. Mais je ne suis pas venu en maison de retraite. Le jeu, le projet du club, l’objectif de se qualifier dès cette saison pour les Finales de Proligue sont pour moi une sacrée motivation. Dans mon esprit il n’est pas question de faire les choses à moitié. J’ai certes beaucoup d’engagements et d’obligation mais je m’adapte, je m’organise.

Quel avenir voyez-vous à la Proligue ?

Elle va compter dans l’avenir parce que le niveau montera encore. Beaucoup de clubs peaufinent et développent leur projet. Et puis la LNH effectue un boulot énorme. Elle a installé le cadre, elle suit le dossier, elle continue de s’investir totalement.

Vous recevez Chambéry. Est-ce, selon vous, un bon moyen de vous étalonner par rapport à la Lidl Starligue ?

Le niveau de jeu n’est pas, aujourd’hui encore, comparable. Mais la Proligue a fait bonne figure la saison dernière avec la présence d’Istres dans le dernier carré de la Coupe de la Ligue. A Limoges, l’objectif reste les Finales de Proligue. Je suis plus focalisé sur le match que l’on va disputer à Saran début novembre. Maintenant, il y a du plaisir à prendre contre les Savoyards et on ne va pas s’en priver.

Propos receuillis par L.M.
Crédit Photos Armaphotos & Nerodexplo

PROLIGUE
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