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Thierry Omeyer fait régner la terreur

17 mars
Laurent Moisset raconte
Le gardien parisien fait trembler ses adversaires depuis plus de vingt ans maintenant. Quel est son secret ?

Il paraît qu’ils « balisent » tous à l’idée de se retrouver en tête-à-tête avec lui, qu’ils se torturent l’esprit à l’idée de le retrouver sur leur chemin. Probablement ont-ils déjà manqué leur duel avant de l’engager tant le facteur psychologique tourne, toujours, en faveur de Thierry Omyeyer. Les témoignages qui suivent lèvent une part d’ombre du mystère.

Bruno Martini, ancien gardien et actuel manager général du PSG : « On n’a pas idée de sa volonté. »

Je l’ai vu arriver en 2000 à Montpellier et s’installer sans complexe dans le groupe. J’ai tout de suite remarqué que chaque entraînement, chaque match était, pour lui, une manière d’apprendre et de progresser. Il n’y a rien d’illogique qu’il ait explosé, très tôt, en 2003 lors de la finale de la Ligue des Champions contre Pampelune. En vérité, c’est un joueur qui n’a pas eu besoin de round d’observation dans son métier, il en a pris rapidement la mesure. Je l’ai retrouvé à Paris comme il était vingt ans auparavant mais il m’a scotché, de nouveau, par sa capacité à maintenir et à élever son niveau. On n’a pas idée de sa volonté, en fait. On voit ses arrêts, ses exploits, pas tout le travail en amont, sa faculté à encaisser les entraînements, à en faire toujours plus, à ne jamais relâcher son effort. S’il y a un secret, il est là. Il est incroyable.

Pascal Léandri, ancien ailier droit et actuel direct général de l'US Ivry : « Je n’ai jamais trouvé la clé. »

Je l’ai joué souvent à sa très très grande période et il m’a toujours posé problème. Je me suis donc mis à la vidéo pour essayer d’analyser mais le résultat n’a pas été probant. C’est un gardien qui déclenche, très tard, ses parades, donc il ne te donne pas la moindre indication. Il nous connaissait tous et on avait beau essayer des « spéciaux », on continuait de se heurter à un mur. Je n’avais pas forcément peur de le rencontrer mais, pour être sincère, je me posais toujours la même question : « Comment vais-je faire ? ». Tu ne pouvais pas lui mettre deux fois le même but, donc ta palette de tirs devait être étoffée et cela compliquait encore la tâche. Je me souviens aussi de son regard qui disait toute sa détermination, sa rage. Forcément, il y avait un peu d’appréhension quand tu jouais, à l’époque, Montpellier parce qu’il y avait Omeyer. Je ne crois pas avoir réussi un bon match contre lui. Et si je devais l’affronter de nouveau aujourd’hui, je ne serais pas plus rassuré parce que son niveau, son efficacité n’ont jamais baissé depuis vingt ans.

Johan Boisedu, ici lors de la demi-finale de Coupe de la Ligue 2019 ayant opposé Ivry à Paris

Johan Boisedu, arrière de l'US Ivry : « Un duel de pistoleros ! »

J’ai 39 ans, à peu de choses près le même âge que lui mais l’idée de le rencontrer est toujours très excitante. C’est un homme de duel et un arrière, forcément, aime ce type de rapport. On joue pour ça. Avec Titi, l’émotion monte de plusieurs crans parce qu’il restera pour toujours le meilleur gardien de tous les temps. On sait que cela ne va pas être facile parce que le gars a fait pleurer la planète hand tout entière. Face à lui, il faut réduire au maximum le facteur psychologique. J’ai toujours été impressionné par les émotions que laissait filtrer son visage. Tu vois qu’il n’est pas là pour rigoler mais pour te manger. Il en joue beaucoup pour t’impressionner. C’est d’autant plus difficile qu’il s’appuie sur une défense qui amène le tireur dans une position inconfortable. Maintenant, il faut être un peu inconscient face à lui, ne pas penser aux impacts parce que lui il sait déjà. Il faut y aller à l’instinct. Moi, cela reste un plaisir de le rencontrer, c’est un duel de pistoleros. En fait, il n’y a pas une méthode parce que quand tu crois l’avoir mis à terre il se relève. Même quand il a été mal dans certains grands matches de sa carrière, il a toujours réussi l’arrêt de la gagne dans le money time. Contre une légende, tu peux tout tenter mais tu perdras toujours.

Mathieu Bataille, pivot de l'US Ivry : « Il ne me connaissait pas forcément… »

Paradoxalement, j’ai réussi plutôt des bons matches contre lui. Je me l’explique facilement : il ne me connaissait pas forcément, donc, peut-être que son attention était moindre. A la vidéo, il ne pouvait quand même pas superviser tous les joueurs de la Lidl Starligue. Autant je me prenais le chou et j’étais en échec devant certains gardiens, autant face à lui je n’étais pas paralysé ou complexé. C’est plus facile, finalement, dans la tête quand tu n’as rien à perdre. Maintenant, je ne l’ai pas rencontré si souvent mais je me suis régalé de ses performances devant la télévision.

Melvyn Richardson, arrière de Montpellier : « Il faut être fou et courageux. »

Il faut faire en sorte de ne pas le mettre en confiance. C’est la clé. J’ai gagné mon premier match contre le PSG la semaine dernière en coupe de France mais tu sais que dans ce match très particulier Thierry va être la clé. Donc, j’ai fait un peu de vidéo mais je vais surtout prendre beaucoup de renseignements auprès de Vincent Gérard, notre gardien. C’est un travail, un devoir de chercher à comprendre son jeu. D’autant qu’il est infatigable, inusable, qu’il ne lâche jamais rien. Maintenant, je n’ai pas d’appréhension parce que tout joueur a, forcément, et moi aussi, une faille. Maintenant au sujet de « Titi », je ne te dirai pas où elle se situe. Il lit tous les articles et je serai pris à mon propre jeu. J’ai une admiration sans limite pour lui. Il faut être fou et courageux pour tenir ce poste, garder cette concentration et cette volonté une heure durant quand les ballons sifflent à tes oreilles et être toujours capable dans les moments chauds de faire la différence.

Melvyn Richardson, de plus en plus le
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