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A la découverte de... Arthur Vigneron

15 nov.
À la découverte de...
A 21 ans, Arthur Vigneron fait partie des grands espoirs français au poste d'ailier droit. Rencontre avec le jeune gaucher, qui prend le temps de mûrir du côté de Saint-Raphaël.

A Saint-Raphaël, tout est une question de complémentarité. Alors que le duo Popescu-Djukanovic fait des merveilles dans le but, le SRVHB s’appuie également sur une paire d’ailiers droits complémentaires, avec le duo Jurka-Vigneron. A 29 ans, le Tchèque Miroslav Jurka occupe la place du titulaire, tout en couvant son jeune concurrent, Arthur Vigneron. A 21 ans, ce dernier pointe en effet le bout de son nez depuis la saison passée, et se fait peu à peu à sa place. "Malgré sa petite bouille blonde d’enfant sage, Arthur est quelqu’un de très déterminé, très travailleur, et avec beaucoup de talent", souligne son coach, Joël Da Silva.

Un talent façonné loin de la Côte d’Azur, puisque le jeune Arthur, Charentais d’origine, a démarré le handball à l’âge de 7 ans, du côté du Gond-Pontouvre, dans la banlieue d’Angoulême. "Je faisais à l’époque du judo, mais mon père était gardien de handball et m’a un jour fait essayer. Je ne suis plus jamais reparti", se souvient le gaucher, qui quittera le club de ses débuts un peu moins de dix ans plus tard, pour intégrer le club de Saintes, et le Pôle Espoirs de Poitiers. C’est là qu’il se lie notamment d’amitié avec un certain Nicolas Tournat, désormais à Nantes. 

Plutôt Saint-Raphaël que Nantes

Un chemin qu'Arthur Vigneron aurait pu lui aussi emprunter, comme Florian Delecroix, l’autre membre du trio. "J’avais le choix d’aller moi aussi à Nantes, reconnaît-il. Mais mon instinct m’a finalement amené à Saint-Raphaël. Nantes, ça aurait été plus simple car j’aurais été proche de ma famille… Mais je ne sais pas, j’ai passé deux jours à Saint-Raf' et j’ai été séduit par l’environnement, la structure, le cadre… J’avais en fait du mal à m’imaginer pro à Nantes, je voyais mon horizon plus bouché là-bas…" Nous sommes donc à l’été 2012, et voilà le jeune Arthur qui s’envole pour le soleil varois. 

Un trio made in Poitiers ! (Instagram Arthur Vigneron)

C’est à ce moment que le gaucher, 1,80m sous la toise mais arrière ou demi-centre depuis ses débuts, doit se résoudre à glisser à l’aile. "Il y a forcément un peu de frustration au départ, car tu touches moins le ballon, tu as la sensation de moins créer le jeu. Tu n’es pas ou peu initiateur des actions, note-t-il. Mais je m’y suit fait, et j’ai trouvé beaucoup d’alternatives pour aimer ce poste. Je m’épanouis désormais." Celui qui cite volontiers Michaël Guigou comme un "exemple" pour "son instinct et sa créativité" gravit une à une les marches vers l'équipe première jusqu’à l’été 2015, et son passage chez les pros. 

Une gamme de shoot à améliorer

Un passage au goût aigre-doux pour Arthur Vigneron qui, insuffisamment remis d’une blessure, doit dans le même temps déclarer forfait pour le Mondial Juniors… remporté par les Bleuets. "On a la sensation de faire tout le sale boulot sans avoir la récompense, regrette celui qui occupait le poste de titulaire au sein de cette génération. Mais ce fut au final un mal pour un bien, car j’ai vécu ma première préparation avec le groupe pro." Une période de travail qui convainc vite son coach. "C’est quelqu’un de très agréable à l’entraînement, qui respire la joie de vivre. Il sait qu’il a beaucoup à apprendre, et est très exigeant avec lui-même", glisse Joël Da Silva. 

Page Facebook du SRVHB

Auteur de 28 buts en 25 rencontre, le jeune gaucher grandit tranquillement dans l’ombre de son aîné. "Ils ont une belle complicité et « Miro » sait que lorsqu’il est moins bien, « Tutur » peut entrer et faire le job. Ils se parlent beaucoup et ont une vraie complicité. C’est à mes yeux une concurrence saine qui fait progresser les deux joueurs, analyse le technicien, avant de mettre en avant les qualités de son jeune ailier. Il a un très bon un-contre-un, avec une grosse capacité d’évitement. Même si on le connaît, il parvient toujours à vous surprendre. Malgré son gabarit, c’est également une teigne en défense, et il est très rapide en contre-attaque."

Des qualités à polir donc, mais également des défauts à gommer, pour un joueur qui n’a pas encore atteint sa maturité. "Il est encore trop irrégulier sur sa gamme de shoot, contrairement à un « Miro » qui est plus pragmatique. Malgré un joli poignet, il a encore trop de déchet. Il peut avoir une fulgurance, mais échouer sur la même situation juste après. Il est encore jeune émotionnellement, mais il va prendre de l’expérience et on compte beaucoup sur lui", conclut Da Silva, avant de laisser la parole à son joueur. "J'ai au final pas mal de petites pistes de travail, mais qui, au final, font beaucoup de travail. Je suis très épanoui ici, et je suis sous contrat jusqu'en 2019. A moi de bien travailler pour saisir ma chance." Il sera alors temps de lui adjoindre un nouveau duo... 

Benoît Conta

Un élève à l'écoute.
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