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Haniel Langaro, le Ch'ti brésilien

20 nov.
À la découverte de...
Arme principale de la base arrière de Dunkerque, Haniel Langaro est désormais parfaitement intégré au sein du club nordiste. De nature ouverte, le Brésilien peut également compter sur ses qualités de handballeur.

"A la maison, je n’avais pas le choix, les cadeaux c’était des ballons de handball, pas de football !" Haniel Langaro est un enfant de la balle, un vrai. Fils d’Alessandro Langaro, international brésilien devenu entraîneur, le jeune homme a baigné dans la marmite handball dès la plus tendre enfance. "Dès mes 3-4 ans, j’étais sur le banc avec mon père lorsqu’il coachait. Je partais avec lui en déplacement, parfois pendant une semaine ou dix jours, se souvient l’athlète de 1,98m. J’ai aussi fait du basket, du football ou de la natation. Mais à la fin, c’est naturellement que je me suis tourné vers le handball. J’étais programmé pour ça."

Dans un pays qui n’a d’yeux que pour le football, le jeune Haniel fait tranquillement ses classes. "Au début, tu joues plus pour rigoler avec les copains. Puis tu progresses, et on commence à parler de toi. Mais celui qui a tout changé, c’est Jordi Ribeira", note l’arrière gauche, désormais âgé de 23 ans. Coach du Brésil de 2005 à 2008 puis de 2012 à 2016, l’actuel sélectionneur de l’équipe d’Espagne a tout fait pour sortir le handball brésilien de l’ornière. "Il a fait des stages un peu partout, il appelait les jeunes joueurs pour qu’ils croient en eux. Il a changé les mentalités au Brésil. Et puis il nous a servi d’agent pour traverser l’Atlantique", raconte Langaro, pour qui le point de chute sera La Rioja, en Espagne, en janvier 2016. 

Instagram du joueur

"Patrick Cazal est venu me voir en Espagne"

Crédit: France Handball 2017

Un déracinement qui ne fait pas peur au jeune Brésilien. "J’avais l’habitude de vivre loin de la maison lorsque je me déplaçais avec mon père", confirme-t-il. Alors qu’il grandit tactiquement, le jeune arrière gauche se fait remarquer lors du Mondial 2017, disputé en France. "J’étais également sur une bonne saison en Ligue des champions. Plusieurs clubs m’ont alors contacté et notamment Dunkerque, explique-t-il. Mon agent m’a dit que le coach parlait espagnol et me voulait vraiment. Patrick (Cazal) est même venu me voir en Espagne. On a mangé ensemble, et il m’a présenté le projet du club, et ce qu’il attendait de moi. La Lidl Starligue étant le meilleur championnat du monde, je n’ai pas hésité longtemps avant de sauter le pas."

Les frimas nordistes n’auront pas eu raison de sa motivation. "Je ne connaissais pas la ville, je ne savais de toute façon pas qu’il faisait plus froid au Nord qu’au Sud de la France, rigole-t-il. Et puis je suis venu pour le handball. J’ai trouvé un super club avec un super palmarès et une superbe ambiance." Une équipe au sein de laquelle ce caractère facile n’a pas tardé à faire l’unanimité. "C’est vraiment un super mec. Il a toujours le sourire, c'est un vrai passionné de hand. Il est  vraiment très facile à vivre", confirme Kader Rahim, son coéquipier. Désormais parfaitement bilingue, Haniel a profité de sa relation nouée avec Jessie De Colo, soeur du basketteur Nando, pour progresser à vitesse grand V. "J’ai pris des cours au début mais le fait d’avoir une copine française a fait la différence. A la maison je n’avais pas le choix, tout était en français, glisse-t-il. C’est de toute façon indispensable si tu veux t'intégrer et progresser."

Un nouveau France-Brésil au Mondial...

Sur le plan handball, sa première saison est prometteuse, avec 107 buts inscrits, soit le 12e meilleur total de la saison. Mais le Brésilien a encore une grosse marge de progression. "Il doit avoir plus de régularité dans ses savoir-faire. Il sait faire énormément de choses, mais n’utilise pas toujours la bonne clé", note Patrick Cazal, dans les colonnes de la Voix du Nord. "Je dois faire mieux en défense, et jouer un peu plus collectif aussi", confirme son joueur, qui a déjà fait de bons progrès sur le plan physique. "Quand je suis arrivé l’an passé face à des mecs comme Nico (Nieto) ou Mike (Grocaut), ça a d’abord piqué, sourit-il. Mais je me suis habitué. On a un coach qui demande beaucoup d’agressivité, et on donne tout sur chaque entraînement. Ce qui fait sans doute que nous sommes la meilleure défense du championnat cette saison."

Des qualités qu’il met également au service de son équipe nationale. "C’est le but. Quand tu joues dans un grand club, il faut être capable d’apporter tout ça une fois en sélection, note le Brésilien, qui disputera le Mondial, en janvier prochain, en Allemagne. On a un gros programme avec des matches face à France et l'Allemagne d’entrée. Mais on veut terminer troisième du groupe en battant la Russie, la Serbie et la Corée du Sud. C’est notre objectif." Un premier match face aux Bleus, comme au Mondial 2017, lorsque les Auriverde avaient sombré dans l’AccorHotels Arena (31-16). "On va éviter de parler de ce match", évacue dans un sourire l’arrière gauche, qui espère éviter une nouvelle déconvenue pour échapper aux « chambrages » à son retour, au sein du vestiaire. "Je les ai déjà eu après la Coupe du monde de football", rigole-t-il. "Il n’a pas fait le malin au début, mais maintenant il danse même dans le vestiaire sur Vegedream et « Ramenez la Coupe à la maison »", conclut Kader Rahim. Un vraie intégration réussie... 

Benoît Conta

LIDLSTARLIGUE