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Rebichon-Gallego, les Crocos prennent le sifflet !

18 avril
L'Actu de la semaine
Coéquipiers depuis de longues années, Julien Rebichon et Benjamin Gallego ne sont pas près de se séparer. Beaux frères à la ville, les deux Nîmois ont entamé une carrière d’arbitre pour préparer leur reconversion.

"Si je t’arbitre un jour, je te mets un rouge direct." Julien Rebichon a d’ores et déjà prévenu Elohim Prandi. Il ne lui laissera rien passer. "Il ne nous la fera pas à l’envers le petit jeune", ajoute Benjamin Gallego dans un sourire. Un peu de patience, la scène n’est pas encore prête à être jouée dans la vie réelle. A la tête d’un contrat portant pour les trois prochaines saisons à Nîmes, Julien Rebichon et Benjamin Gallego ne sont en effet pas prêts de raccrocher les baskets. Mais les deux inséparables planchent déjà sur leur après-carrière. "On a nos petits projets chacun de notre côté, mais on s’est aussi dit qu’on resterait bien dans le handball. On a du coup pensé à l’arbitrage car on avait aussi envie de rendre au handball ce qu'il nous avait donné. Avec notre vécu, notre vision du jeu, on s’est dit qu’il y avait quelque-chose à faire", explique le premier nommé. 

Mis sur les rails par leur ami Aurélien Salvador, l’inséparable binôme commence par siffler deux matches de départemental, en juin 2017. "On s'est tout de suite régalés", glisse Gallego. Vite envoyé sur la Prénationale, le duo se glisse peu à peu dans son nouveau costume. "Je pense que sur notre vision du jeu, il n’y avait pas grand-chose à dire, décrypte Rebich’. Dans la technique arbitrale, comme la modulation des coups de sifflet par exemple, il y avait en revanche du travail. Il a fallu également bosser sur le code de l’arbitrage. On a découvert de nouvelles règles (rires). Il y a des questions tellement spéciales, je suis sûr que 98% des joueurs de Lidl Starligue se trompent." Envoyés sur la Nationale 3 sur la fin de saison passée, les deux natifs de Clermont l’Hérault voient peu à peu leur regard changer sur la fonction. 

Objectif, arbitrer au plus haut niveau

"C’est vrai qu’on a pu être des râleurs, des gueulards sur le terrain, sourit Benjamin Gallego. Maintenant, on prend plus sur nous, on essaye de discuter, de comprendre les décisions." Une évolution naturelle qu’ils appliquent le week-end, une fois le changement de maillot effectué. "On comprend mieux les choses, cette pression que peut avoir un arbitre sur certaines fins de match par exemple, explique Julien Rebichon. Et puis nous, en tant qu’arbitre, on essaye d’être dans le dialogue, expliquer nos décisions. Si on vient me voir, j’essaye de m'expliqer au mieux, d'être tempéré: « Voilà, moi j’ai vu ça, je me suis peut-être trompé, mais voilà comment je vois les choses. » C'est notre vision de l'arbitrage, même s'il ne faut pas non plus tomber dans l’excès."

Crédit photo: Pons

Une envie de dialoguer et une vision commune que les deux gamins, également beaux frères à la ville, ont forgé entre le Lac de Salagou et l’Usam. "On se connaît depuis tout gamin, on a la même culture du handball. C’est un avantage mais ça peut être aussi un inconvénient, car on sent le même jeu. Mais on travaille justement pour enrichir notre bagage", souffle Gallego. Intégrés au groupe fédéral depuis le mois de janvier, les deux Nîmois continuent de gravir les marches quatre à quatre et sifflent désormais en N2 masculine et N1 féminine, entre Lyon, Nice et Toulouse. "Plus tu montes, plus c’est facile pour nous car ça se rapproche de notre vécu de joueur, que ce soit techniquement ou dans la manière de siffler, dans la protection du joueur", note Rebichon, qui passe désormais tous ses week-ends sur la route, avec son binôme. 

"On ne se quitte plus. On se voit plus que nos femmes", rigole Gallego. "Mais il nous arrive aussi de partir à deux voitures, avec les familles, et on passe le week-end sur place", abonde son partenaire. Un investissement maximum pour atteindre leur objectif: arbitrer au plus haut niveau. "C’est le but, arbitrer le plus haut possible. On veut arbitre à un niveau européen, dans un Mondial. On est vraiment dans une optique de reconversion, même si on n’a pas encore fixé de date pour notre fin de carrière. On est très à l’écoute des suivis, on travaille pour cela", souffle le capitaine de l'Usam. "Notre objectif c’est d’avoir un maximum de bagage pour notre fin de carrière. Et, si on est assez performants, on n'aura qu’une petite marche à franchir pour valider ce choix de reconversion", conclut son duo. Elohim Prandi a encore un peu de temps devant lui…

Benoît Conta

LIDLSTARLIGUE