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« Les mauvais moments, on les oublie »

07 mai
L'Actu de la semaine
Alors qu'il quittera le monde professionnel en fin de saison, Robin Cappelle revient pour nous sur les grands moments de sa carrière.

Ma première licence

"C'était en sixième, j'avais 11 ans. J'étais plutôt pas mal en UNSS et le collège m'a conseillé d'aller là-bas. J'ai donc signé à Aix, qui s'appelait à l'époque l'AUC. Au début j'étais joueur et gardien, et je me suis spécialisé après 2/3 ans. Je crois que j'ai bien fait de choisir ce poste de gardien car j'ai fait une plutôt belle carrière derrière (sourire). J'ai fait toutes mes catégories à Aix, avec pour finir une année en Nationale 1 avec les grands lors de ma dernière année de sport-étude. Je suis ensuite allé directement à Istres, et j'ai signé pro." 

DR

Mes premiers pas en pro

"J'avais donc 18 ans, à Istres. Je me souviens de mon premier entraînement. C'est comme on l'imagine: j'étais impressionné, je me sentais tout petit. Mais j'étais hyper motivé, j'avais envie d'être comme eux car je les voyais comme des géants. Après, je dois avouer que le ballon allait bien plus vite qu'avant (rires). Il y avait beaucoup d'exigence et il a vite fallu se mettre au niveau. Je crois que mon premier match était à Angers, mais je n'ai pas beaucoup de souvenirs. J'ai plus de souvenirs de mon premier match contre une équipe de ce niveau lorsque j'étais encore à Aix en revanche. J'avais 16 ans et on avait joué Nîmes, qui était en D2, en Coupe. C'était au Parnasse, et il y avait une grosse ambiance. C'est vraiment mon premier souvenir dans le monde des adultes. J'avais fait quelques arrêts, mais j'étais plus impressionné que concentré sur ma performance. (sourire)" 

Mon entraîneur le plus marquant

"Difficile de n'en garder qu'un. Il y a déjà Gilles Derot, qui aura fait mes débuts et ma fin. J'ai commencé avec lui et je finis cette saison avec lui. Il y a eu Jan Basny qui est le premier à m'avoir fait confiance, à m'avoir donné beaucoup de temps de jeu. J'ai eu aussi Jérémy Roussel avec qui j'ai eu une belle aventure à Aix, pour finir avec quelque-chose de plus atypique avec Noka Serdarusic, toujours à Aix. Après mon caractère fait que je n'ai pas toujours été proche de mes entraîneurs. Ce n'était pas ma volonté." 

Mon coéquipier le plus fort

"Nikola Karabatic. On est de la même région, on se rencontrait en -15, -16. On a fait nos premiers rassemblements Ligue et en équipe de France ensemble. On était les deux Sudistes. J'étais d'ailleurs en chambre avec lui, et pendant que je regardais la télé, il s'étirait, il faisait des abdos sur son lit. (rires) Il était déjà formaté pour aller au plus haut niveau. Il n'est d'ailleurs pas resté avec nous très longtemps. On a vécu son départ en direct lorsqu'il avait rejoint les A alors qu'il était en stage avec les Juniors. On ne l'a plus jamais revu. (rires)" 

Mon adversaire préféré

"Matthieu Drouhin. C'est facile, je sais où il tire. (rires)" 

Mon "pire adversaire"

"Ils sont pas mal à avoir mis la misère... (sourire) J'imaginais que ce serait Uwe Gensheimer mais j'ai fait des arrêts face à lui. Je peux partir tranquille. (sourire) Je vais mettre Matthieu Ong quand même. Depuis que je suis parti d'Aix, c'est difficile. Mais c'est parce que je le veux bien, c'est pour qu'il prenne de la confiance. J'ai envie de lui faire plaisir. (rires)" 

Mon meilleur souvenir

"La montée avec Aix (en 2011/2012, ndlr). Quand on voit l'ampleur que ça a pris depuis sur la ville. C'est un club qui est en train de s'inscrire parmi les plus grands clubs français et lorsque l'on est montés, on a senti tout ça qui commençait à prendre. On a vécu une belle saison, tout le monde partageait ce projet, avec un état d'esprit de construction. Personne ne nous attendait là, et tout le monde, des joueurs au staff, en passant par les dirigeants, a déjoué les pronostics. Ca reste mon club de coeur et je n'aurais jamais imaginé le voir en Lidl Starligue avec une telle salle. C'est phénoménal. Malheureusement, je n'ai pas pu finir ma carrière là-bas car on n'a pas réussi à s'entendre sur les dernières années. Mais c'est comme ça." 

Mon pire souvenir

"Tous les moments où je n'ai pas fait d'arrêt. (rires) Plus sérieusement, je n'en ai pas vraiment. J'ai l'impression que dans ma tête, je n'ai sélectionné que les bons moments. Les mauvais moments, on les oublie. Il y en a eu mais rien ne me vient comme ça. Juste ces moments où l'on se sent seul dans son but, que l'on regarde le coach en implorant: "sors moi de là, je suis ridicule". (rires)" 

Et maintenant...

"Je me suis engagé avec le GFC Ajaccio, qui devrait évoluer en Nationale 1 la saison prochaine. Je me suis engagé pour trois ans. Et je vais en même temps travailler dans un établissement bancaire. Je voulais allier les deux pour démarrer ma reconversion sans couper complètement avec le handball. Je pense avoir encore quelques arrêts à faire et j'ai envie de prendre encore du plaisir sur les terrains. Ce double-projet me permet une transition économique également, tout en me permettant de m'installer durablement en Corse avec ma famille. C'était un de nos objectifs avec ma femme et c'est le bon moment. Pour la partie pro, j'avais anticipé en passant une licence en Banque/Finance/Assurance en 2015 et j'ai pu passer pas mal d'entretiens. J'ai eu la chance d'avoir le choix grâce à ce diplôme, et j'espère que ça augure de belles choses pour la suite." 

Benoît Conta

LIDLSTARLIGUE