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« Fabrice Guilbert, c'était une machine de guerre le mec »

14 mai
L'Actu de la semaine
Après Robin Cappelle, c'est un autre futur retraité, Benoît Doré, l'ailier gauche de Cesson-Rennes, qui revient sur les grands moments de sa carrière de joueur.

Ma première licence

« J’ai commencé le handball à 7 ans, à Lanester. Mon frère faisait du foot et lorsque j’allais le voir, j’avais froid. Je suis allé voir un match de hand, il faisait chaud et il y avait plein de buts. J’ai trouvé ça plus intéressant. (rires) J’ai fait toutes mes classes à Lanester jusqu’à mes 17 ans. Ensuite, je suis passé en sénior et je suis parti à Cesson. » 

Mon double-projet

« Lorsque j’arrive à Cesson, ils sont en bas de classement de D2. Moi j’ai mes études à faire sur Rennes et du coup la proposition de David Christmann me convient. Je n’avais pas forcément envie de faire les aller-retours avec Lanester. Mais à l’époque, je ne suis pas pro. J’ai d’ailleurs passé ma licence pro en conduite de travaux, et j’ai commencé à travailler tout en continuant le handball. Je travaillais la journée pour m’entraîner le soir. »

Mon premier contrat pro

« Je suis parti à Ivry à l’âge de 24 ans et c’est là que je signe mon premier véritable contrat pro. Sur la première saison, je bossais toutefois encore chez Eiffage, et c’était un peu compliqué. Je commençais tôt le matin, j’allais à l’entraînement à 10h pour reprendre le boulot après. J’ai arrêté pour la deuxième saison. C'est là que j’ai eu besoin d’un temps d’adaptation. (rires) J’ai toujours couru partout et là je n’avais plus que le handball. Les trois premiers mois je ne savais pas à quelle heure me lever. Je m’étais toujours levé à 6h du matin et là je ne savais plus à quelle heure le faire pour aller m’entraîner à 10h. J’ai tâtonné, je me levais à 9h mais du coup j’arrivais encore endormi à l’entraînement. (sourire) Au final, j’ai passé deux super années là-bas, à jouer l’Europe, avec un super groupe. J’ai ensuite eu une proposition de Cesson à la fin de ma deuxième année, et c’était a peu près la même financièrement. Ma femme était enceinte, le projet sportif était intéressant et j’ai choisi de rentrer à la maison. »

Mon entraîneur le plus marquant

« Ca reste quand même David Christmann. Lorsque j’étais au Pole Espoirs, c’est lui qui a repris ma génération en main. On avait un jeune CTS, Olivier De La Fuente, qui allait parfois en formation et David avait choisi de s'occuper de nous. Depuis que je suis au lycée je le connais et il m’a lancé dans le grand bain ensuite. Après je ne renie pas ce qu’il s’est passé à Lanester, et les entraîneurs que j’ai connu là-bas m’ont permis d’arriver là où je suis. Il y a une super formation à Lanester. »

Mon meilleur ami dans le hand

« Il y en a plein. Je viens d’ailleurs de faire le compte du nombre de joueurs avec qui j’ai joué depuis le début de ma carrière, et je suis à 153 je crois. (rires) Il y a eu du passage et pas mal de belles rencontres. Que ce soit Mickaël Robin, Kevin Bonnefoi, Olivier Mantès à l’époque ou Olivier Marroux et Guillaume Crépain à Ivry. Ce sont tous ces mecs qui étaient à mon mariage cet été. Je n’en citerais pas un seul, mais j’ai eu la chance de rencontrer quelques belles personnes avec qui j’ai gardé contact. »

Mon coéquipier le plus fort

« Je vais dire Fabrice Guilbert. C’était une machine de guerre le mec. Il avait 35 ans et c’était une machine. Il ne s’entraînait pratiquement pas, il avait les genoux en vrac, mais c’était extraordinaire. Il défendait, il attaquait. C’était un vrai joueur. Aujourd’hui les beaux joueurs défendent de moins en moins. Mais lui, il était les deux. Il défendait en 3, il attaquait demi-centre ou arrière gauche. C’était quelque-chose. » 

Mon adversaire le plus difficile à jouer

« C’est bizarre mais des mecs comme Thierry Omeyer et Vincent Gérard, je m’en suis toujours pas trop mal sorti. Je vais plutôt dire un Wesley Pardin car il est illisible dans ce qu’il fait. Il y a aussi Samir Bellahcene qui arrive et que je trouve compliqué à jouer. »

Mon adversaire préféré

« Je vais dire Pascal Léandri. Lorsque j’ai commencé ma carrière, j’ai joué deux-trois fois contre lui en Coupe de France. J’étais le minot, lui le vieux de la vieille et on s’est méchamment pourri à chaque fois. C’était du coup assez drôle de se retrouver quelques années plus tard avec lui puisque c'était mon coach à Ivry. (sourire) »

Mon meilleur souvenir

« Ca reste la victoire avec Cesson à Montpellier (le 10 octobre 2013, ndlr). On avait gagné 32-34 (avec 10 buts de Benoît Doré, ndlr). On est allé là-bas en mode commando. On avait pas mal de blessés et on devait être 8 joueurs pros. On avait rempli le banc avec des mecs du centre de formation et on avait fait un match de folie avec les frères Briffe, Igor Anic ou Yann Genty dans les buts. Ca reste un de mes meilleurs souvenirs. » 

Mon pire souvenir

« Il y a les sifflets la saison dernière dans la salle de Cesson lorsque l’on perd face à Chambéry. C’était la première fois que je vivais ça et c’était dur. Ça nous a choqués à l’époque. Après j’ai aussi un autre souvenir, plus personnel, c’est une demi-finale de Coupe de France avec Ivry, lorsque je rate le shoot de l’égalisation à 5 secondes de la fin. C’était face à Chambéry, face à Cyril Dumoulin (défaite 30-29, ndlr). Je m’en voulais car j’avais fait une bonne mi-temps… A l’époque c’était sous la forme d’un Final4 et on était rentrés de Dijon direct. Je me suis retrouvé tout seul chez moi à regarder la finale alors qu’on aurait pu la jouer… »

La suite...

« Retour au boulot ! J’ai déjà ma formation, j’ai déjà bossé, donc j’ai mis à jour mon CV et je l’ai envoyé à gauche à droite. J’ai quelques retours positifs mais rien de très concret pour le moment. Je vais d’abord prendre des vacances avec les enfants en juillet et en août et puis on reprendra ensuite. Pas de prépa de prévue en août, j’ai en revanche pu réserver quelques festivals. (rires) J’ai plein de petits trucs à faire à gauche à droite que je n’avais pas réussi à faire depuis 15 ans. Ensuite, je sais à quoi à m’attendre car j’ai déjà bossé dans le milieu du bâtiment. Je ne serai pas là pour compter mes heures, mais j’aurai mes week-ends. Pas d’entraînement le samedi matin ! (sourire) J’aurais d’autres problèmes que ceux du hand, mais j’imagine que ce sera moins stressant que de vivre le maintien tous les ans… En tout cas il n’y aura sûrement plus de hand. Pour le moment j’ai plus envie d’aller faire du vélo dans les bois à côté de chez moi. (sourire) »

Benoît Conta

LIDLSTARLIGUE