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Jonathan Mapu: « Que de l’amour »

31 juil.
Entretien
Fraîchement auréolé du titre de champion du monde des U21, Jonathan Mapu, capitaine des Bleuets, revient pour nous sur la compétition. Et le pivot de Saint-Raphaël se projette sur la saison à venir.

Jonathan, quel regard portes-tu sur ce Mondial, avec un peu de recul ?
On est satisfaits, forcément. On s’est fait peur au début avec les deux matches perdus durant la phase de groupes. Mais dès qu’on est passés huitièmes, c’était une nouvelle compétition, on n'avait plus le choix. On voulait au minimum d’arriver dans le dernier carré, pour aller chercher cette médaille d’or. On a mis les bons ingrédients pour. 

Avez-vous été inquiets après les deux matches perdus face à la Suède puis l’Egypte ?
Pas inquiets non. On s’est tous dit qu’il n’y avait pas de doutes à avoir, qu’on avait conscience de nos forces. On n'avait pas montré notre vrai visage. On est fait pour ce genre de matches je pense. On aime la pression, les gros enjeux.

Le retour d’Elohim Prandi a-t-il fait du bien ?
Bien sûr. Elohim m’a appelé quelques heures avant pour me le dire, et j’ai tout de suite pensé que c’était une force de plus, un atout indéniable. Elohim c’est quelqu’un qui apporte beaucoup sur le terrain, de part son niveau de jeu et son expérience. En dehors, c’est un cadre aussi. Après, il revenait de blessure, il fallait être prudent. 

"Fier d'avoir gagné avec ce nom sur mon dos"

Le regard des adversaires a-t-il changé après son retour ?
Pas spécialement. Mais j’ai pas mal échangé avec les joueurs d'autres équipes après la compétition, que ce soit des Danois, des Slovènes, des Espagnols, et ils nous respectaient beaucoup. Ils savaient que la France avait un très gros potentiel, même si on avait perdu ces deux matches. Pour moi, c’est une vraie satisfaction de voir ce respect envers nous. Après Elohim est tout de suite rentré dans le moule, et a joué juste assez vite. 

On a senti une belle sérénité en finale, face aux Croates…
On a réussi notre début de match, c’est vrai. Mais on est restés vigilants à la mi-temps, on savait qu’il fallait revenir aussi fort. D’ailleurs notre préparateur physique nous a remis dedans avant de reprendre, c’était la première fois sur ce Mondial. Après, on a bien repris, et quand il restait dix minutes, on a vu que les Croates n’avaient plus de solutions en attaque, ni en défense, et on a commencé à profiter. Il y avait beaucoup d’émotions. Personnellement, j’étais très fier d’être là, ce sont les mots que j’ai prononcé devant mes coéquipiers. Un an plus tôt, à l’Euro, je n’étais pas là à cause de mes problèmes physiques. D’être là, de gagner et de soulever la Coupe en tant que capitaine, c’était beaucoup d’émotion.

Y avait-il une fierté de plus d’être ce capitaine, de par tes origines polynésiennes ?
Bien sûr. C’est ce que je disais à mes parents. Je suis fier d’avoir gagné avec ce nom sur mon dos. J’ai pu le montrer au monde entier, et ce de la meilleure des manières. J’étais fier de représenter ma famille, tous les gens avec qui je vis chaque jour. C’est une victoire pour les gens qui m’ont aidé à arriver jusque-là. Même si ce n’est que le début de ma petite carrière. (sourire) 

"Comment voulez-vous vous plaindre quand vous faites le meilleur métier du monde ?"

Y a-t-il quelques larmes au moment de vous quitter ? C’est la fin d’une aventure dans les équipes de France Jeunes pour vous…
Oui pas mal. Mais aussi beaucoup d’amour. (sourire) Je suis là depuis le premier stage avec Kyllian et Elohim. Et là on finit ensemble. C’est un livre qui se ferme, et la dernière page est la plus belle. Il n’y a que de l’amour, c’est ce que j’ai écrit avant le match sur notre tableau. On est une vraie famille. Ce sont mes frères. 

Quand est programmée la reprise ?
Pour la plupart, il y a une semaine de repos. Pour ma part, je reprends vendredi matin avec un circuit training pour pouvoir enchaîner la semaine prochaine et préparer la saison avec Saint-Raphaël. On a une prépa costaud mais on veut bien commencer le championnat. 

Est-ce difficile d’avoir si peu de vacances ?
On a eu une semaine entre la fin du championnat et la prépa, mais comment voulez-vous vous plaindre quand vous faites le meilleur métier du monde ? On vit de notre passion. Ce sera peut-être dur physiquement, avec des petits coups de mou, mais quand on a eu ce genre de récompenses, il n’y a que du positif. 

Quels sont tes objectifs pour la saison à venir ?
Je veux remporter un titre avec Saint-Raphaël. Ce serait une bel objectif déjà. Après, plus personnellement, j’espère avoir plus de temps de jeu, et enrichir ma palette avec la défense. Ce serait un atout de plus. J’ai encore envie d’apprendre car j’évolue avec de grands joueurs et c’est vraiment enrichissant d’être là. 

Benoît Conta

Crédit photos: Stéphane Pillaud