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Andrea Parisini, la Dolce Vita

08 oct.
À la découverte de...
Révélation de la saison passée en Proligue, Andrea Parisini n’a pas tardé à prendre ses marques en Lidl Starligue, sous les couleurs d’Istres. Une intégration éclair à l’image de la progression de l’international italien depuis son arrivée en France.

"C’était magique." Retour au début du mois de septembre, du côté de la Halle Polyvalente d’Istres. Andrea Parisini, pivot de l’équipe locale, voit débarquer face à lui Nikola Karabatic, Mikkel Hansen ou Luc Abalo, les stars parisiennes. Les images se bousculent alors dans la tête du jeune italien de 24 ans. Il y est forcément question des débuts dans le handball, à l’âge de 13 ans, dans le petit club de Vigevano, dans la région de Milan. Difficile alors d’imaginer que le gamin se retrouvera assis à la même table que ses idoles, un peu plus de dix ans plus tard. "A l’époque, j’avais essayé le football, mais je n’étais pas très bon. Et puis comme mon père entraînait le club du handball de la ville, je m’y suis mis. J’ai tout de suite accroché", se souvient l’actuel Istréen. 

Démarre alors une longue et belle aventure. Elle démarre en Italie, un pays à la culture handball encore incertaine. "Ici, quand tu dis que tu fais du handball, on pense que tu parles du water-polo", sourit Parisini, qui gravit les échelons un par un. Après trois ans dans le cocon familial, il migre du côté de Cologne. Pas de Lanxess Arena à l’horizon, non, juste une bourgade de 7600 âmes, mordue de handball, près de Brescia. "On sera champion d’Italie à deux reprises, en -18 et en -20", se souvient celui qui dépanne alors à tous les postes, avant de se fixer à celui de pivot. Après une promotion en première division, il est repéré par le club de Carpi, l’un des meilleurs clubs du pays. L’histoire aurait pu s’arrêter là. 

A Strasbourg, la révélation

C’est en tout cas à ce niveau qu’elle s’arrête le plus souvent pour les jeunes italiens, alors que seuls quelques « naturalisés » comme Michele Skatar ou Pablo Marrochi ont passé la frontière. Mais Andrea Parisini a un rêve, celui de traverser les Alpes. "La France, c’est le pays de Nikola Karabatic, Cédric Sorhaindo ou Thierry Omeyer, c’est LA référence", s’exclame-t-il. Alors quand, à l’été 2016, Angers, pensionnaire de Nationale 1, toque à sa porte, le pivot n’hésite pas. "Je ne parlais pas français, même pas vraiment anglais. Ce fut rude, concède-t-il. Je me souviendrai toute ma vie du premier entraînement de la prépa. Ca avait duré 4h. Je suis rentré chez moi, et j’ai dormi je ne sais plus combien d’heures. J’ai cru que je n’allais jamais y arriver."

De la fausse modestie car de la force de travail, Andrea Parisini en a à revendre. Après deux saisons en N1 durant lesquelles il grandit tactiquement, et alors que le projet angevin se floute, l’Italien accepte le défi de rejoindre Strasbourg, qui monte en Proligue. C’est sous les couleurs de l’Essahb qu’il se révèle, avec 129 buts inscrits sur la saison. "Je me suis tout de suite senti bien dans cette équipe, décrypte-t-il. Et puis, avec Arthur Muller et Tom Robyns, j’avais deux mecs qui me cherchaient tout le temps. C’était top, même si l'aventure collective fut plus compliquée, avec la descente." De quoi taper dans l’oeil de Gilles Derot, le coach d’Istres. La suite s'écrira en Provence et en Lidl Starligue. "Mais quand je signe, ce n’était pas encore sûr. Quand ils ont décroché le maintien, mon père m’a appelé, il était au bord des larmes, glisse le néo-Istréen. C'était impensable de voir un Italien à ce niveau. Moi-même, j'ai encore du mal à réaliser."

Avec 18 buts en 5 matches, les débuts sont en tout cas pour le moment réussis, au sein d’une équipe qui livre elle aussi un démarrage idéal, avec 3 victoires en 5 rencontres. Des débuts qui trouvent leur résonance de l’autre côté des Alpes. "Des jeunes gamins qui démarrent le handball là-bas m’envoient des messages sur Instagram pour me demander des conseils. C’est cool. Ca veut dire quelque-chose je pense", espère celui qui devra endosser un costume de leader abandonné par la légende locale, Pasquale Maione, parti à la retraite cet été. "On a une bonne génération de jeunes, avec notamment deux joueurs au centre de formation de Montpellier (les frères Mengon, ndlr), un autre à Nantes (Andrea Colleluori, ndlr) ou Davide Bulzamini à Nice. A nous d’amener notre expérience pour continuer à faire grandir le handball italien", conclut-il, alors que la Nazionale espère se rapprocher d'une qualification pour un grand tournoi sous peu. Pas de quoi effrayer Andrea Parisini... 

Benoît Conta

Crédits photos: Guillaume Boitiaux et Instagram du joueur

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