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Loïc Diarrassouba, la bonne surprise cristolienne

22 janv.
À la découverte de...
Ennuyé par les blessures, l'entraineur de Créteil Pierre Montorier s'est résolu à faire appel au jeune Loïc Diarrassouba-Calves sur le poste d'arrièredroit sur la première partie de saison. Qui, à 17 ans, a déjà montré de bien belles choses.

Pour appeler Loïc Diarrassouba, vous avez intérêt à bien vous caler. A 17 ans, le jeune gaucher de l’US Créteil Handball a déjà des journées bien remplies. Elève en terminale, le gaucher est actuellement en stage dans une enseigne bien connue de matériel de sport, et enchaine avec les entrainements de l’équipe professionnelle. “C’est un peu chaud, mais je vais pas me plaindre” sourit-il. L’été dernier, pas grand-chose le prédisposait à faire partie du groupe professionnel aussi tôt. Bien installé au centre de formation et avec l’équipe réserve, il a su répondre présent quand son téléphone a sonné. Au bout du fil, Pierre Montorier, à la recherche d’un renfort pour palier à la blessure de ses deux gauchers titulaires : “Ca s’est fait un peu rapidement, du jour au lendemain, je n’ai pas eu trop le temps d’y penser. Pour moi, c’est une véritable opportunité. Je sais que le club fait confiance aux jeunes, mais je ne pensais pas me retrouver aussi vite sur le terrain !”

"S'il est bon, tout le mérite est pour lui, s'il est mauvais, ça sera ma faute !"

Sa chance, Loïc Diarrassouba n’a pas fait semblant de la saisir. Avec onze buts en neuf matchs, il n’est certainement pas celui qui a le plus fait trembler les filets, mais inscrire trois buts dans trois matchs de suite en Lidl Starligue, à 17 ans, ça fait forcément se lever quelques sourcils. “Il a une situation hyper favorable. S’il est bon, ça sera grâce à lui, s’il est pas bon, c’est moi qui l’utilise mal. Personne n’attend qu’il sauve l’équipe, il a zéro pression, il a juste à mettre ses baskets et à jouer” sourit Pierre Montorier, qui couve le gaucher depuis quelques années au pôle d’Eaubonne. Où les deux se sont d’ailleurs croisés pour la première fois. Il y a deux saisons, le gaucher évoluait encore à Versailles, son club formateur. “J’ai toujours trouvé que Pierre était un entraineur qui mettait en confiance. Maintenant, on communique beaucoup, il me conseille tout le temps, et je fais en sorte d’utiliser au maximum ce qu’il me donne sur le terrain” résume Diarrassouba. Dont l’intégration en équipe première a été facilitée par la présence de ses amis de la réserve Samuel Deen et Kyllian Rigault.

Gérer le retour en équipe réserve

Désormais, commence peut-être le plus difficile pour le jeune Cristollien. Propulsé en pleine lumière en l’espace de quelques semaines, il est bien conscient que sa fin de saison se fera sans doute dans l’ombre de l’équipe réserve…et encore, si celle-ci a le droit de jouer un jour. “Je sais qu’on va me demander d’apporter mes qualités et d’élever mon niveau de jeu, mais je le prends bien. Jouer avec le groupe pro était une chance, mais je sais que ce n’était pas prévu” dit-il, tandis que Montorier va continuer à garder un oeil avisé sur son protégé : “Il est encore très jeune, et redescendre va lui faire du bien, pour stabiliser certaines choses. Maintenant, il va falloir qu’on décide à quel poste l’utiliser : arrière ou ailier. Pour moi, son avenir au plus haut niveau se situe à l’aile.”

Ce genre de considérations, pour ce fan de Dika Mem et Nédim Rémili, ce n’est pas encore pour tout de suite. Il va, en suivant les conseils de sa maman, “profiter de chaque instant” tout en retournant dans les rayons d’Intersport : “Je suis pas une star” rigole-t-il. “Les gens savent que je suis au centre, mais pas que je joue contre Mikkel Hansen.” Ce n’est peut-être qu’une question de temps…

Texte et photo : K. Domas