close


Nicolas Claire : « Paris va tellement haut… »

05 mars
Laurent Moisset raconte
Formé, lancé et confirmé à Paris, Nicolas Claire, riche de ses souvenirs, reste un sujet de curiosité dès qu’un PSG - HBC Nantes fait l’affiche.

Même s’il entame sa 7ème saison à Nantes, même s’il s’est affirmé comme le maître du jeu et du projet en Loire-Atlantique, le demi-centre réunionnais est, encore, identifié comme l’une des plus belles réussites de la formation parisienne. Son regard sur le sommet qui s’annonce, jeudi à Coubertin, ne peut être qu’éclairé.

Ces matches contre le PSG ont-ils un parfum particulier pour vous ?

Evidemment. Depuis un moment maintenant, Le PSG et Nantes se rencontrent quatre à cinq fois par saison. Ce sont souvent des matches engagés, serrés. On se connait bien d’autant que les effectifs n’ont pas énormément bougé ces derniers temps.

« Paris, fatalement, évoque mes débuts dans la vie. »

A titre personnel, ils évoquent forcément beaucoup de souvenirs…

Oui mais, surtout lorsque je retrouve Coubertin. Ça me rappelle toute ma jeunesse quand, notamment, après avoir été indiscipliné, Maxime Spincer, l’un de mes papas et entraîneur, me faisait monter et descendre les gradins ou courir dans les coursives. Je connais bien aussi les gardiens de la salle et c’est un plaisir de les revoir.

Formé au PSG, Nicolas Claire y a fait ses armes en étant un symbole de la formation parisienne.

Les regrets de ne pas avoir poursuivi votre carrière à Paris remontent-ils également à la surface ?

Non. Non, vraiment pas. Je n’ai gardé que de bonnes choses. Je me souviens que je me levais à 5h30 le matin pour aller suivre mes cours de Staps. J’arrivais de la Réunion et il y avait forcément toute cette agitation, dans le métro notamment, qui m’interpellait. En quittant la Réunion, je sortais de mon confort mais Paris j’ai adoré. Je me souviens encore que j’ai eu mon premier appartement en co-location avec Olivier Nyokas qui est, aujourd’hui, toujours mon partenaire à Nantes. Paris, fatalement, évoque mes débuts dans la vie.

Vous étiez tellement identifié comme le symbole de la formation parisienne que l’on ne vous voyait pas partir un jour…

Je me suis construit là-bas avec Thierry Anti. Le club lançait ses jeunes joueurs très tôt. On a vécu des moments très forts même lorsque l’on est descendu en Proligue [Pro D2 à l'époque - N.D.L.R.]. On ne peut pas oublier ces belles aventures.

Tout a-t-il changé avec l’arrivée des investisseurs qataris ?

Oui, forcément. Beaucoup de nouveaux joueurs sont arrivés, des fortes individualités. Une page se tournait fatalement. Pour moi aussi. Jusque-là, je ne pensais vraiment pas partir. Mais il fallait que je joue, que je me construise différemment également. A Paris, j’étais chez moi et c’est difficile de se dire que l’on va quitter sa maison, ses habitudes, son confort. J’ai écouté autour de moi puis franchi le pas. A Nantes, j’ai découvert un univers tout aussi riche et passionnant et, surtout, je n’ai jamais souffert, si j’ose dire, de cette délocalisation.

Face au leader, Nicolas Claire sait que l'affrontement sera âpre.
« Paris a beaucoup progressé depuis sa défaite en demi-finale de la Ligue des Champions contre nous. C’est un bloc impressionnant. »

Les retrouvailles, jeudi, vont faire monter le volume puisque l’on parle du match du titre pour Paris. Comment l’appréhendez-vous ?

On a raté le match aller chez nous. Une victoire nous aurait permis de maintenir la pression sur le PSG. Désormais, les Parisiens ont un joker. Même s’ils perdent ils resteront leaders et je ne les vois pas perdre un match derrière d’ici à la fin de la saison. Ils le savent et ils maîtrisent ce genre de situation. Cela démontre la complexité de notre tâche.

Vous semblez pessimiste ?

Non, réaliste. Paris est d’abord invaincu en Lidl Starligue et il est beaucoup plus fort que la saison dernière. Il va tellement haut. C'est à dire ? Il profite de toutes les situations et l’expérience de ses joueurs atténue les dégâts lors des temps faibles. Il a toujours ce petit plus dans les situations délicates qu’il est vraiment compliqué de le déstabiliser. C’est la même chose dans le money-time où il se montre intraitable et impitoyable. Paris a beaucoup progressé depuis sa défaite en demi-finale de la Ligue des Champions contre nous. C’est un bloc impressionnant.

Seul Nantes a su le bouger, néanmoins. N’est-ce pas un élément de confiance ?

On sait comment les jouer. Maintenant, il faut être stable et constant une heure durant. Ça, on n’a pas toujours réussi à le faire cette saison quand, par exemple en Ligue des Champions, on a perdu plusieurs matches à l’extérieur que d’un ou deux buts. On a manqué, parfois, de stabilité parce que nous avons, également, dû faire face à des absences importantes sur la base arrière. On n’a pas eu cette petite étincelle ces derniers temps qui nous a permis, en d’autres temps, de renverser la montagne.

Y a-t-il de l’appréhension ?

Non, parce que l’on peut être imprévisible. On ne gagnera pas ce match offensivement parce qu’ils nous sont supérieurs dans ce domaine. Maintenant, si on retrouve notre concentration en défense, si on y met toute l’intensité qu’il faut, on aura une petite chance.

Faut-il s’attendre à un combat très engagé ?

Forcément mais entre Nantes et Paris, il y a énormément de respect. On ne franchit jamais les limites. Ça va envoyer, bien sûr, mais rester fair-play.

L’enjeu, l’appétit du jeu vont-ils donner un relief particulier à ce sommet ?

Il y a une envie folle d’être à la hauteur, une motivation importante pour inverser la tendance. Il va falloir serrer les dents, s’accrocher. On en est capable et c’est un match déterminant pour la suite de notre saison.

LIDLSTARLIGUE
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques, commerciaux et de partage via les boutons de réseaux sociaux.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies