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Kyllian Villeminot, croissance en cours

26 nov.
À la découverte de ...
A 21 ans, Kyllian Villeminot est l’un des plus sûrs espoirs du handball français. Alors qu’il baigne dans le handball depuis sa plus tendre enfance, le demi-centre de Montpellier trace son chemin en toute discrétion.

L’été prochain, Kyllian Villeminot risque de perdre quelques repères. Pour la première fois de sa vie d’adulte, le demi-centre de 21 ans aura droit à des vacances. "Ca va faire bizarre, c’est clair, sourit-il. Mais ça va surtout faire du bien. Ca fait cinq ans que j’ai très peu de vacances, et même si je suis jeune, physiquement, c’est hard." Alors, pourquoi si peu de congés ? Le jeune homme est un cadre de la génération 98/99, qui a préféré passer ses étés à glaner les médailles dans les campagnes internationales, la dernière datant du mois de juillet, avec un titre mondial chez les U21 décroché en Espagne. "On a presque tout gagné, j’ai passé cinq super années avec ces gars-là. Ce fut une expérience incroyable", glisse celui qui fut élu à deux reprises MVP et deux fois meilleur demi-centre des compétitions disputées. 

La preuve du talent indéniable de cet enfant de la balle, qui aura baigné dans le petit monde du handball dès sa plus tendre enfance, du côté de Villeurbanne. Alors que son père, Jeff, évoluait dans le club de la ville, en D1, sa mère est une ancienne internationale, passée par Dijon. "Je pense que dès la poussette, nous étions à la salle, sourit Allan, le grand frère. Je me souviens de samedis soir à finir à plus de minuit, en sueur, à jouer avec les copains sur le terrain après les matches des parents." Et s’il rend trois ans à son frangin, Kyllian n’est pas le moins turbulent. "Il trouvait toujours une petite connerie à faire, nos parents ne s’ennuyait pas", sourit l’aîné, qui voit son petit frère suivre ses traces, de Villeurbanne au centre de formation de Montpellier. 

Kyllian et son grand frère, Allan. (DR)

Prendre de la densité physique...

"Grâce à lui, je savais comment ça allait se passer, explique Kyllian. Et puis j’avais envie de travailler avec Patrice Canayer." Lorsqu’il débarque à 17 ans, le jeune demi-centre est diamant brut, doté de qualités de vitesse rare et d’une palette offensive déjà bien étoffée. "Il a toujours eu cette aisance innée", souffle Allan, désormais à Cesson-Rennes. "C’est un garçon animé par le jeu, décrypte pour sa part Yohann Delattre, son sélectionneur en U20 et U21. C’est quelqu’un qui a été habitué à prendre des initiatives, à oser." Des qualités polies au MHB, où il gravit peu à peu les marches vers le groupe pro, où il s’installe vraiment la saison passée, une saison qu’il termine avec le trophée de Meilleur Espoir de Lidl Starligue. "J’étais fier, tout ça permet d’emmagasiner de la confiance", glisse-t-il. 

Une confiance qui lui permet de continuer à faire son petit bonhomme de chemin, au sein de l’effectif (forcément dense), du MHB. "Pour le moment, j’ai du temps de jeu, j’essaye d’être le plus performant possible", explique celui qui se fait discret au sein d’un groupe. "C’est plus un leader technique qu’un leader de groupe, confirme son ancien sélectionneur. Ce n’est pas quelqu’un qui va s’exprimer facilement, il va préférer les petits comités, et surtout le terrain de handball." Un terrain où Kyllian se montre le plus souvent impassible. "Il est calme, posé, ajoute son frère. On a appris qu’il ne fallait pas s’énerver sur un terrain, ça ne sert à rien. Quand tu es calme, tu as plus de solutions qui s’offrent à toi. Même s’il ne faut pas oublier d’avoir cette petite hargne en plus." Un calme apparent qui ne l’empêche pas de sortir de sa boîte ici et là, pour débloquer les situations. 

"Mais, sur ce point, il doit encore prendre de la densité physique. Car là où il faisait la différence sur sa vitesse chez les jeunes, c’est moins vrai dans le monde pro. Il doit gagner de la puissance, notamment au niveau des jambes, souligne Yohann Delattre. Et puis, vu son poste, continuer à emmagasiner de l’expérience pour toujours trouver le bon équilibre entre faire jouer ses partenaires et ne pas perdre ses initiatives individuelles." Un savant dosage sur lequel Kyllian continue de travailler, pour, un jour, rejoindre l’équipe de France A, qui lui semble promise, à l’instar de son compère bulldozer, Elohim Prandi, membre de la même génération mais plus en avance physiquement. "J’ai encore beaucoup de choses à apprendre. On verra bien si ça arrive", conclut le principal intéressé, sans doute déjà prêt à, à nouveau, sacrifier quelques congés… 

Benoît Conta

Crédit photos: Patricia Sport 

LidlStarligue
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