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Lidl Starligue, une lutte sans merci

06 déc.
Laurent Moisset raconte
Marqué de l’empreinte parisienne, le Championnat monte en gamme et en qualité année après année. Il reste, plus que jamais, un révélateur des forces de notre handball.

Les mots répandent souvent la banalité et le cliché dans le monde du sport collectif. Ils coiffent en général dans le sens du poil l’adversaire, comme pour mieux l’amadouer ou, alors, garder en éveil une certaine concentration à l’approche du match. « Ce qui est terrible, soulignait il y a quelques semaines le gaucher parisien Luc Abalo, c’est qu’on n’est jamais tranquille. Chaque match représente un réel danger et si on n’y prête pas attention on a vite fait de tomber dans le piège. »

Pourtant, Paris a de la marge avec ses onze victoires de rang depuis le début championnat, ses six points et trois victoires d’avance sur le quatuor, Toulouse, Nantes, Nîmes et Montpellier. Il est un leader maximo qui traîne dans ses filets un banc de prétendants tenus à distance respectable mais qui offrent à la Lidl Starligue un spectacle riche de couleurs et d’engagement chaque semaine qui s’écoule. Luc Abalo, dans un discours convenu, n’a, pour autant, pas parlé en l’air se souvenant qu’à la même époque, lors de la saison 2017-2018, Montpellier présentait le même profil du champion en puissance. L’historique club languedocien avait, pourtant, perdu la parole et la main face à des adversaires jamais résignés dans le deuxième acte du championnat. C’est dire, en vérité, si la compétition, depuis plusieurs saisons, a pris du volume, de l’intensité tout en installant, même chez les sans grade, une féroce opposition. Thierry Anti, alors entraîneur en chef de Nantes, n’avait pas hésité, à cette époque, à souligner la qualité de la concurrence afin d’expliquer le formidable triplé européen des clubs français lors du Final Four de Cologne- Montpellier, Nantes et Paris S.G.

« La victoire n'est jamais facile. »
Arthur Vigneron et Saint-Raphaël, habitués au haut de tableau depuis plusieurs saisons, ont vécu un début de saison très compliqué.

« Si l’on en est arrivé là, remarquait-il justement, c’est, d’abord, parce que notre Championnat est une épreuve coriace où il faut, à chaque match, combattre et mettre beaucoup d’investissement. Il y a eu un resserrement des valeurs, des savoir faire qui se sont développés à tous les niveaux. La victoire n’est jamais facile. »

Le constat reste le même, aujourd’hui, et l’arrivée de Toulouse sur la deuxième marche du podium avec le 9e budget de l’élite -3,6 millions d’euros- indique très clairement que le résultat se construit, d’abord, dans l’élaboration de stratégies toujours plus fines en termes de recrutement, de formation, de structuration et d’imagination.

Bâtir sur le collectif, pas sur l’individualité

Si les budgets sont, effectivement, en constante augmentation, ils ne garantissent pas pour autant la réussite. Ils alimentent, dans la plupart des cas, la formation, le recrutement malin, le développement structurel des clubs. Ils donnent l’assise au projet, les entraîneurs préférant dorénavant investir dans l’équilibre collectif plutôt que d’oser le pari risqué d’une individualité, onéreuse par son contrat. Les exemples sont nombreux. De Toulouse à Nîmes en passant par Chambéry ou encore Ivry entre autres, on se montre fidèle à des filières que l’on maîtrise parfaitement. La notion de groupe est la base de travail et une valeur qui, désormais, est lourde de sens. Elle se retrouve, en effet, dans le déroulement du jeu, offrant alors au match une saveur nouvelle grâce à un suivi et une évolution collective souvent étonnants et remarquables.
Le système ne reposant plus sur un joueur majeur, il permet, également, l’épanouissement personnel des acteurs toujours en parfaite harmonie avec cette volonté de faire avancer le collectif. Erick Mathé, coach de Chambéry, en a fait son crédo en Savoie avant de mener son club à la victoire en Coupe de France la saison dernière.

« Quand un joueur, soulignait-il, se sent utile, il prend de l’assurance, et se décomplexe. L’avancée est considérable, ces dernières années, en Lidl Starligue. Plus on est responsabilisé, plus on est en confiance et plus on est compétitif. » Et moins la notoriété de l’adversaire effraie. Voilà pourquoi, par exemple, le PSG ne s’est pas promené, depuis le début du Championnat, face à Nîmes, Nantes ou Toulouse. Voilà pourquoi, aussi, il lui faut rester vigilant en chaque circonstance dans une épreuve où l’enjeu du titre ou maintien pèse toujours plus lourd.
Voilà pourquoi, surtout, le Championnat garde tout son intérêt et contribue, chaque année un peu plus, au développement et à l’épanouissement de ses acteurs.

L.M.
Crédit photo Sportissimo