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Walid Badi, tourné vers les autres

17 déc.
À la découverte de ...
Déjà investi dans l’association « Solidaritess », qui vient en aide aux sans-abris, Walid Badi est sur le point de lancer sa « Place Badi », un cabinet paramédical pluridisciplinaire. Une nouvelle preuve que le handball est loin d’être le seul moteur du surprenant Ivryen.

Une question d’équilibre. Handballeur professionnel depuis l’été 2017, Walid Badi s’est rapidement aperçu qu’il lui faudrait trouver d’autres moteurs pour continuer à avancer. Biberonné au handball à Ivry, sa ville natale, le jeune homme n’est pas du genre à tracer son chemin sans s’attarder sur ce qui l’entoure. "On est parfois dans une bulle quand on est sportif de haut niveau", souffle-t-il. Alors, lorsque son pote Samba l’appelle pour lui conter sa satisfaction d’être aller offrir quelques vêtements à des sans-abris, le jeune handballeur n’hésite pas à échafauder une suite. "Dans mon groupe d’amis, j’étais l’un des premiers à avoir un appartement, pour stocker, et un véhicule pour se déplacer", se souvient-il.

Les ami(e)s d’enfance sont alors mis à contribution, et « Solidaritess » est sur les rails. Les premières maraudes auprès des sans-abris se multiplient. Au départ, il n'est question que de vêtements. "L’hiver, il y a déjà des associations qui s’occupent des repas et des boissons, on s’est dit qu’on voulait apporter quelque-chose en plus, décrypte l’Ivryen, alors que la tendance s’inverse aux beaux jours. Là, les vêtements sont moins utiles, et il y a moins de monde pour distribuer nourriture et boisson. Alors on a continué avec ça." De quoi se montrer utile tout au long de l'année. 

« Penser aux autres avant de penser à nous »

Des actions qui s’effectuent d’abord dans l’ombre, avant de peu à peu se faire connaître, d’abord via Le Parisien, jusqu’à ce reportage de Tout le Sport, sur France 3, en décembre 2018. "A la base, j’aurais préféré rester dans l’ombre, je ne suis pas quelqu'un qui aime la lumière. Mais je me suis aperçu que mon statut de sportif pouvait aider l’association. Dès que ça a été médiatisé, on a reçu beaucoup plus de dons, explique Walid Badi. Notre devise, c’est qu’il faut penser aux autres avant de penser à nous. Alors je veux bien faire le sacrifice d’être mis en avant, pour les aider eux." Un discours emprunt de maturité, pour un jeune homme qui fait la fierté de sa ville et de son club. 

"Ivry est une ville qui fait beaucoup pour les autres, le club aussi, forcément, ça marque, souligne-t-il. Dès qu’ils ont appris ce que je faisais, les dirigeants, mes coéquipiers m’ont soutenu. En décembre, le club organise l’opération des Pères Noël verts pour le Secours Populaire. Si ça n’a pas encore de nom, ils font aussi une collecte pour mon association. Ils sont derrière moi." Idem pour le handball hexagonal. "Je reçois beaucoup de soutien lorsque je joue à l’extérieur. Pour exemple, Fahrudin Melic a fait plusieurs dons et on a essayé de monter une opération avec Cyril Dumoulin. Tout ça fait vraiment plaisir." Reste désormais à digérer le succès, pour continuer à avancer. "A la base, l’administratif, c’était pas trop notre truc, sourit l’Ivryen. Mais, il a fallu passer par une structuration, ou le fait de trouver un local pour pouvoir gérer tout ça, et recevoir un maximum de dons."

Et maintenant, la Place Badi !

Mieux cadrée, l’association ne devrait désormais plus tarder à reprendre ses (bonnes) actions. De son côté, n’allez pas croire que Walid Badi se contente de se reposer sur ses lauriers. Handicapé par les blessures sur ce début de saison, le demi-centre ou ailier gauche pourrait toutefois découvrir la CAN sous les couleurs de l’Algérie, pays dont est originaire sa mère. "Au-delà des objectifs sportifs, importants, ce sera forcément très enrichissant. A moi d’être au niveau pour être appelé", souffle celui qui a, dans le même temps, pu mettre sur les rails un autre de ses nombreux projets, la « Place Badi », un cabinet paramédical pluridisciplinaire et un centre de cryothérapie, situé au coeur… d’Ivry, et inauguré dès ce vendredi.

La genèse du projet ? Diplôme de diététicien-nutritionniste en poche, le handballeur sent rapidement que le bout de papier ne doit pas être rangé dans un tiroir, en attendant de raccrocher les baskets. "Le club m’a alors mis en relation avec un partenaire du club, ainsi qu’avec la mairie, et j’ai pu avoir un local pour exercer. Mais le local était trop grand et j’ai eu l’idée de créer ce pôle, pour donner la chance à certains de se lancer en libéral, et ainsi faire entrer plein d’activités, glisse celui qui n’interviendra dans un premier que ponctuellement. Le handball est ma priorité mais je pourrais avoir un oeil sur son fonctionnement et exercer de temps à autre pour ne pas perdre la main." Ni l’équilibre… 

Benoît Conta

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