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Parisien un jour, parisien toujours

07 janv.
Laurent Moisset raconte
D’hier à aujourd’hui, la construction du géant parisien rappelle l’investissement de quelques pionniers toujours, aujourd’hui, attachés aux couleurs du passé.

Paris n’est jamais très loin dans le coeur de ceux qui en ont, un jour, porté la tunique. Si l’arrivée des investisseurs qataris à l’aube de la saison 2012-2013 a bouleversé les habitudes et la politique de la maison avec, dès la remise des clés, l’entrée en scène de dix nouveaux joueurs, dont sept étrangers, le PSG n’a pas totalement effacé les traces d’un passé construit par Christian Picard dans les années 40 avant que son fils Gérard lui succède en 1976 -il restera président jusqu’en 2003.

Un attachement si profond

Son histoire porte encore la marque des Canayer, Richardson, Cazal, Lathoud, Stoecklin, Girault, premiers de cordée à l’aube des années 1990. Elle s’est, au fil du temps, enrichie d’une politique de formation qui a vu éclore Cédric Sorhaindo, Nicolas Claire -tous deux présents avec l’équipe de France à l’Euro cette année- les frères Nyokas au milieu des années 2000. Elle entretient un lien, toujours ténu, entre le club et ses anciens joueurs.

La direction qatarie n’a d’ailleurs jamais totalement rompu le cordon avec ce passé. Gérard Picard et Jean-Paul Onillon, les anciens présidents, sont régulièrement invités à Coubertin où, d’ailleurs, l’on honore avant les matches de Ligue des Champions les stars du passé. S’il ne reste plus dans l’effectif d’aujourd’hui d’éléments du feu Paris Handball, Patrice Annonay, le gardien martiniquais, a, néanmoins, longtemps été le porteur d’âme, le garant, surtout, d’un état d’esprit avant son départ à Tremblay-en-France en juin 2016. Malgré l’arrivée de nombreuses vedettes, Mikkel Hansen, Mladen Bojinovic, Marko Kopljar, Didier Dinart et Luc Abalo et bien qu’il fut souvent la doublure du gardien numéro un, il est resté le patron du vestiaire où sa sagesse, ses valeurs morales et collectives ont grandement contribué à faire d’une association de stars une véritable équipe.

« Il s’agissait, reconnaît-il, de donner une vie au club, un sens à notre engagement tout en perpétuant la tradition où la convivialité et l’amitié nous ont permis, dans les galères, de rester debout. Je crois que nous y sommes parvenus. » Cet attachement profond à l’entité n’a jamais été une apparence de circonstance. C’est la mort dans l’âme, par exemple, que Nicolas Claire avait dû quitter le navire en 2013 alors qu’il rêvait de faire toute sa carrière à Paris. C’est avec le même pincement au cœur qu’Ibrahima Diaw s’en était allé deux ans plus tard. Ce n’est pas sans mal non plus qu’Olivier Girault - 9 saisons en tant que joueur, 2,5 comme entraîneur- avait coupé le cordon. Paris les a marqués, touchés, au point qu’ils en gardent tous au plus profond d’eux-mêmes un fort parfum de nostalgie à son évocation.

Paris Handball, effectif professionnel de la saison 2006/2007

Patrice Annonay le plus capé…

Cédric Sorhaindo, le Barcelonais, n’aurait pour rien au monde manqué le match de Ligue des Champions du 1er décembre dernier. « Coubertin, souriait-il alors, c’est toujours un peu chez moi. Mais c’est bien, surtout, que Paris ait su grandir. » Avec le recul, Nicolas Claire explique souvent combien il a été marqué par les huit années passées dans la capitale mais combien, aussi, il est fier d’y voir une grande équipe. Olivier Girault, désormais président de la LNH, apparaît souvent dans les tribunes de Coubertin, « sa » maison probablement heureux de voir comment les sacrifices et les efforts du passé ont contribué à la stabilité du club. Patrice Annonay n’a, lui, jamais tiré un trait sur le passé. Il reste le joueur le plus capé du club si l’on ose dire après onze saisons et plus de 350 matches disputés. « On a tous voulu d’un grand club à Paris et on ne va pas l’oublier sous prétexte qu’on y joue plus. J’ai tellement de souvenirs, d’anecdotes, de moments partagés. »

Probablement a-t-il, aussi, réussi à passer le témoin. Mikkel Hansen entame sa huitième saison comme Luc Abalo qui ne prolongera pas l’aventure en juin prochain. Si le Danois n’a pas cette âme de leader, de porte-drapeau, les frères Karabatic, hautement impliqués, incarnent cette forme d’engagement indispensable à la réussite d’un club. Ils ont repris le flambeau mais c’est peut-être Nedim Remili, le banlieusard de Créteil, qui pourrait, à l’avenir, incarner le premier rôle. Au-delà de son talent, il est porté par les valeurs fortes de l’amitié et du souci collectif. L’histoire de Paris n’a pas fini de s’enrichir de nouveaux chapitres.

L.M.
Crédit photos Sportissimo

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