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Paris, un mal pour un bien ?

31 janv.
Laurent Moisset raconte
Le stop brutal de l’Euro a, paradoxalement, servi la cause du PSG engagé dans de formidables défis pour les quatre mois à venir.

L’élimination prématurée à l’Euro a évidemment laissé des traces dans les têtes des internationaux. Mais s’il fallait regarder de l’autre côté du miroir, elle a soulagé des organismes déjà éprouvés depuis le mois de septembre leur accordant une plage supplémentaire, bien qu’inattendue, de récupération. Aussi froid soit-il, en effet, le constat joue en faveur du Paris Saint-Germain Handball, le plus grand pourvoyeur avec Nikola Karabatic, Vincent Gérard, Luc Abalo, Nedim Remili - Luka Karabatic ayant dû s’abstenir pour cause de blessure- de la sélection nationale. La sortie de route inexplicable du Danemark à l’issue du premier tour a également ramené plus tôt que prévu Mikkel Hansen.

Le champ des contraintes réduit

La situation est nouvelle mais elle a pour effet de réduire le champ des contraintes d’un club engagé dès la fin de semaine en Coupe de France et qui va devoir aborder un calendrier ultra chargé dans les quatre mois qui viennent. Elle a, déjà, permis d’offrir aux Internationaux une semaine de relâche totale au retour de l’Euro et, de nouveau, un dernier week-end off. Elle favorise une reprise mieux structurée et beaucoup moins exigeante. Elle ouvre, surtout, des perspectives d’aménagement intéressantes sur la gestion d’un effectif qui a dû, dans la première partie de la saison, s’adapter après les blessures de Sagosen, Toft Hansen, Remili et Hansen, imposant aux autres cadres de l’équipe des temps de jeu beaucoup plus importants la rotation étant très limitée.

« C’est le lot de tous les grands clubs, les aléas de la compétition, ajuste le manager général Bruno Martini. Savoir s’adapter, anticiper c’est, également, l’un des modes de fonctionnement dans le sport d’aujourd’hui. » Le PSG s’en est plutôt bien sorti en maintenant, malgré tout, les cadences infernales en Championnat (13 matches, 13 victoires !) tout en assurant sa place en 8e de finale de la Ligue des Champions et en se qualifiant pour le Final Four de la Coupe de la Ligue les 14 et 15 mars prochain. Il le doit, en grande partie, à l’investissement sans faille de ses joueurs mais, aussi, au savoir-faire et à l’intelligence de l’encadrement. La gestion de Sander Sagosen est à cet égard très significative. Son importance sur l’échiquier parisien n’est plus à démontrer mais on n’a pas pour autant précipité son retour après cinq semaines d’absence pendant l’automne.

« Sander a réussi un Euro impressionnant, démontré toute son envie, toute sa fraîcheur »

« On a notamment très bien travaillé, souligne Martini, avec le staff des Norvégiens. Sander a pu se rendre auprès de son équipe nationale pendant la Golden League, y poursuivre des soins et une remise en condition. Il avait interdiction de jouer. On lui a laissé le temps de retrouver toutes ses possibilités. Du coup, il a réussi un Euro impressionnant, démontré toute son envie, toute sa fraîcheur. Ce sera, évidemment, un plus pour nous dans la deuxième partie de la saison. »

Le stratège norvégien va, néanmoins, faire l’objet d’une attention toute particulière dès son retour à Paris cette semaine. Du repos, d’abord, pour faciliter la récupération après dix matches disputés en vingt jours pendant l’Euro. Du temps de la patience, surtout, avant de reprendre pied sur le parquet. Le même programme sera probablement appliqué pour Viran Morros, sacré dimanche dernier, champion d’Europe avec l’Espagne. On peut donc considérer que l’élimination si rapide à l’Euro a été un mal pour un bien, aussi cruel soit le constat. Les joueurs vont, en effet, reprendre avec envie et énergie la compétition et garantir au championnat toute sa compétitivité. Le PSG, de son côté, peut travailler dans la durée même si ses dirigeants appréhendent, malgré tout, le mois d’avril avec quelques doutes.

« Avec le Tournoi de qualification olympique, reprend Bruno Martini, et la sollicitation de nos Internationaux lors de trois matches en soixante-douze heures, six jours seulement avant un éventuel quart de finale de la Ligue des Champions, ça va être chaud et délicat. Le calendrier est lourd et encombré et il va falloir faire preuve, toujours, d’imagination et d’intelligence afin de maitriser tous ces temps forts. »

Dans ce domaine, le PSG a plutôt donné des signes rassurants ces dernières saisons, preuve qu’il devrait encore être à l’heure au moment des grands rendez-vous.

L.M.
Crédit photo: Kevin Domas/Panoramic

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