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Kader Rahim, l'inusable soldat

11 févr.
À la découverte de ...
Désormais capitaine de Dunkerque, Kader Rahim a pris son temps avant de s’installer en Lidl Starligue. Couteau suisse sur le terrain, l’international algérien est également l’un des moteurs du vestiaire nordiste.

On n’a pas encore osé lui avouer, mais les coéquipiers de Kader Rahim sont inquiets pour lui. "C’est indéniable, il a perdu des biceps ces derniers temps", note ainsi Tom Pelayo. "Dès qu’il s’éloigne un peu de la salle de muscu, paf, il perd des biceps", confirme pour sa part Samir Bellahcene. Un constat sans appel qui va sans doute pousser leur capitaine à soulever un peu plus de fonte dans les prochains jours. Il ne faudrait en effet pas que son brassard, qu’il enfile depuis la fin d’année 2019, ne se mette à glisser…

Car ce statut de capitaine, qu’il partage avec Kornel Nagy, n’avait rien d’une évidence pour celui qui a débarqué dans le Nord avec le statut de joker médical, en novembre 2017, pour suppléer Dylan Garain. Une arrivée par la petite porte qui n’a pas effrayé le polyvalent arrière, prêt à tout pour réussir en Lidl Starligue. Une volonté de fer qui n’a jamais quitté le jeune homme au parcours atypique. Après avoir découvert le handball du côté de Saint-Dizier, en Haute-Marne, le demi-centre n’a fait son apparition sur les radars du haut niveau que sur le tard.

« Ma blessure à l'épaule ? On ne trouvait pas ce que c’était, c’était infernal »

Après avoir fait son apprentissage dans sa ville natale, berceau des usines Miko, le Bragard dispute une saison à Bar-le-Duc, où il est repéré par Nancy, alors au deuxième niveau national. "Je ne suis pas passé par un Pôle ou un centre de formation, je suis passé directement pro", explique-t-il. Après cinq saisons en Lorraine, l’envie d’aller voir à l’étage au-dessus titille le polyvalent arrière, qui quitte le Grand Est pour Nîmes, à l’été 2013. Mais, après une première saison convaincante, l’international algérien connaît un gros coup d’arrêt. "Je me suis blessé à l’épaule, je n’arrivais même plus à faire une passe à 3m", soupire-t-il.

Tant redoutée par les handballeurs, la blessure à l’épaule éloigne Kader Rahim des terrains pendant plus d’un an. "On ne trouvait pas ce que c’était, c’était infernal. Et à côté de ça, les matches s’enchaînaient pour les copains. Pendant ce temps je travaillais à côté, tout seul. Ca forge le caractère", glisse celui qui en profite toutefois pour terminer ses études, avec un Master en marketing, management et commerce. Reste qu’à la fin de son contrat avec l’Usam, le téléphone n’est pas saturé par les propositions. Ce sera d’abord une pige de six mois à Istres, puis un contrat d’une année à Sélestat.

« Je suis au service de l'équipe, un soldat »

"Là, je fais une bonne saison je pense. Mais c’est une réussite relative car collectivement, on termine dernier", analyse-t-il. Si les propositions venues de Proligue ou de l’étranger sont cette fois légion, Kader Rahim décide de patienter pour s’installer en Lidl Starligue. "Je me suis entretenu avec l’équipe de Nice, grâce à Edu Fernandez, et j’ai attendu ma chance", explique-t-il. Ce sera donc Dunkerque. Et cette fois, pas question d’être éjecté du train en cours de route. "Je me suis vite intégré au sein du vestiaire, avec des mecs géniaux comme William Annotel ou Mickaël Grocaut", souffle-t-il.

Reste à trouver un rôle sur le terrain. Il n’est alors pas question de lumière, mais bien de travail de l’ombre. "Je suis au service de l’équipe, un soldat. S’il faut dépanner à l’aile droite ou en pivot, j’y vais. Je n’ai aucun problème avec ça. Le plus important, c’est de jouer", estime l’intéressé. "Kader, il s’adapte partout, c’est un vrai couteau suisse. N’importe quel club aimerait l’avoir dans son équipe, note pour sa part Samir Bellahcene, avant de préciser. Enfin, sauf au foot car il n’aime pas mettre la tête à cause de son Pento…" Côté handball, l’explosif arrière est donc un guerrier toujours prêt à se jeter dans l’arène, que ce soit pour cinq ou cinquante-cinq minutes.

Un rôle qui correspond bien à cet éternel fan de l’OM, pilier de la vie de groupe à l’USDK. "C’est un vrai leader qui nous pousse toujours vers le haut, confirme Tom Pelayo. Quand on a des petits coups de mou, il est toujours là pour remonter le moral des troupes." "Il faut quand même bien se rendre compte de la chance que l’on a de vivre de notre passion, conclut le capitaine dunkerquois. Je suis heureux de venir chaque jour à l’entraînement, alors j’essaie de le transmettre. Il ne faut pas oublier que cela reste du sport, et qu’on a la chance de pouvoir s’amuser et prendre du plaisir tous les jours."  Sans oublier de muscler ses biceps…

Benoît Conta