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Emil Nielsen est déjà chez lui

19 févr.
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Alors que Nantes est désormais solidement accroché à sa deuxième place du classement, l’équipe ligérienne le doit en partie à son gardien de but, Emil Nielsen. A seulement 22 ans, le portier danois réussi des débuts convaincants sous les couleurs du H.

Difficile de passer à côté. Jeter un oeil à un match de Nantes sans s’attarder sur Emil Nielsen est une chose bien compliquée. Il y a d’abord ce physique imposant: 1,95m sous la toise, et près de 120 kilos sur la balance. Tout en haut de ce corps de colosse, le visage, surmontée d’une chevelure blonde, est poupon. Un physique atypique qui ne font qu’une partie du personnage. Car au-delà de ses mensurations, Emil Nielsen marque surtout les esprits grâce à ses parades: un style tout en explosivité, avec une forte présence dans le duel avec les tireurs. "On ne s’y attend pas forcément, mais il est hyper rapide", sourit Rock Feliho, son capitaine. "Il est capable d'attendre jusqu'à ce que la balle quitte la main de l'attaquant pour s’adapter. C'est quelque chose qui nous a impressionnés quand il est arrivé", précise Alberto Entrerrios, son coach, dans les colonnes de L’Equipe.

Un style instinctif et des qualités que le jeune homme a rapidement mis au jour, après avoir poussé les portes de son premier gymnase un peu par hasard. "Je faisais surtout du foot, mais, à 10 ans, la plupart de mes copains jouaient au handball, se souvient le natif d’Aarhus. Du coup je me suis décidé. Et comme je suis arrivé en cours de saison, on m’a mis dans le but." Rapidement mordu, le jeune portier progresse à la vitesse de l’éclair, pour démarrer en première division un peu avant sa majorité. "Je me suis rapidement fixé l’objectif d’être pro, glisse celui qui cite Kasper Hvidt comme idole de jeunesse. C’est quand même un rêve de vivre en faisant quelque-chose de fun, non ?" Ca l’est encore plus quand le garçon est élu meilleur gardien du championnat danois, en 2016, à seulement 19 ans. 

Huit mois loin des terrains à cause d'une méningite

Lancé à pleine vitesse, le bolide Emil Nielsen connait toutefois un gros coup d’arrêt quelques mois plus tard, lorsque le jeune Danois doit soigner une méningite, qui l’écartera des terrains pendant huit longs mois. Un tunnel interminable, durant lequel le jeune homme doit vivre dans le noir, chez lui. "Quand je sortais, je devais porter une sorte de masque de nuit, car le soleil était bien trop fort pour moi, et me provoquait de gros maux de tête, se rappelle-t-il. Alors je suis beaucoup resté chez moi, en croisant les doigts pour que le temps passe le plus vite possible. Ce qui n’était pas vraiment le cas…" Une longue période durant laquelle il se demande s’il pourra retrouver les terrains, avant d’obtenir le feu vert des médecins. 

Une reprise en forme de libération ? "Pas vraiment, j’étais nul, je dois le reconnaître, sourit-il. Mais je suis parti à Skjern, et j’ai rapidement été rassuré sur mon niveau." Brillant sur le front européen, c’est là qu’il tape dans l’oeil de Nantes, qui choisit de sortir le chéquier pour le libérer de son contrat. "Pour moi, c’était idéal, nos ambitions étaient les mêmes", souffle-t-il. Restait encore à soigner son intégration. Pas toujours évident lors d’un premier départ à l’étranger, à seulement 22 ans. "Mais c’est quelqu’un qui est d’une nature hyper agréable, il s’est intégré assez simplement, note son capitaine, Rock Feliho. Il est tout le temps de bonne humeur. Et puis, forcément, c’est plus facile de s’intégrer quand tu es bon sur le terrain."

« On a vraiment des fans extraordinaires »

Sur ce point, Emil Nielsen a mis les petits plats dans le grands, avec 61 arrêts sur ses quatre premiers matches, et un titre de joueur du mois de septembre. "Mais je me suis ensuite blessé au doigt, et c’était nettement moins bon en octobre et en novembre, tempère l’intéressé, cinquième du classement des gardiens après 15 journées, avec 134 arrêts, à 36% d'efficacité. Le niveau de la Lidl Starligue est bien au-dessus de celui au Danemark. Chez nous, il y a quelques bonnes équipes, mais il y en a bien plus ici, c’est compliqué toutes les semaines." Mais l’adversaire le plus coriace d’Emil Nielsen, plus jeune portier du Top 25 de notre championnat, n’est pas celui que vous croyez. "C’est le français, rigole-t-il. Je ne pensais que ce serait aussi compliqué. C’est tellement différent du danois. Mais je progresse, et je sais, après avoir discuté avec Henrik Mollgaard ou Mikkel Hansen, que c’est bien possible."

Au sein de l’effectif, on n’est d’ailleurs pas inquiet sur ce point. "On le chambre un peu là-dessus, mais c’est quelqu’un d’ouvert, et il comprend déjà quelques trucs. Il le parlera vite je pense", estime Feliho. En attendant, de rudes combats attendent le « H », encore en lice sur quatre tableaux d’ici la fin de saison. "On s’attaque à une partie bien difficile avec Dunkerque, Magdebourg, Paris, puis de nouveau Magdebourg. Mais c’est excitant et vraiment cool de jouer tout ça. On veut aller le plus loin possible pour essayer de gagner au moins un titre, conclut-il, avant de rendre un dernier hommage. Pour moi, la plus grosse différence entre le Danemark et la France, c’est le public. Ici à Nantes, on a vraiment des fans extraordinaires. Quel bonheur de jouer à domicile ! Nos fans sont un peu fous, ils sont toujours derrière nous. J'ai du mal à trouver les mots pour décrire ça. Et, puis ils m’ont tellement bien accueilli que je voudrais les remercier." Le message est passé. 

Benoît Conta

LidlStarligue