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Moi, vieux ? Jamais !

29 avril
Histoires d'hommes
À l’approche de la quarantaine, on a l’impression qu’ils ne vieillissent toujours pas tant leur rôle reste majeur. Les vétérans de la Lidl Starligue vous saluent bien…

Nikola Karabatic le sait-il ? Il figurait, cette saison, dans le top « sept » des joueurs de champ les plus âgés du Championnat à 36 ans. Comme le temps a passé depuis son premier match (en Coupe de France) avec Montpellier à 17 ans. Il fêtera donc 20 ans de carrière professionnelle la saison prochaine au cours de laquelle on pointe seize titres de champion. Il est le détenteur du record en France avec douze récompenses alors qu’il a, églement, remporté quatre Bundesliga en Allemagne avec Kiel et deux Liga en Espagne avec Barcelone.

Rester jeune sans faire vieux beau…

Est-ce tant, cependant, la farandole de titres, de récompenses et de superlatifs accompagnant le stratosphérique voyage qui interpelle ? Ne serait-ce pas plutôt l’étonnante longévité, l’invraisemblable fraîcheur et l’appétit gargantuesque du personnage qui donnent à la performance chiffrée tout son sens ? Rester jeune sans faire vieux beau, c’est un peu le secret de Nikola Karabatic. Le secret aussi de ceux qui, nés au début des années 1980, ont pris pied dans le professionnalisme avec conviction, détermination, sérieux. Car lorsqu’on fait le tour de notre Lidl Starligue, il n’est pas rare de retrouver quelques joueurs s’approchant des quarante printemps dont le coucher de soleil n’est d’ailleurs toujours pas programmé. L’Islandais Gujon Valur Sigursson (Paris SG) a 40 ans mais n’a pas annoncé la fin de sa carrière. Kiril Lazarov, 40 ans le 5 mai prochain. Rock Feliho (Nantes) soufflera 38 bougies en juillet, les Espagnols Viran Morros (Paris SG) et Daniel Sarmiento (Saint-Raphaël) en dénombreront 37 au cours de l’année.

Ils reprendront tous le chemin des parquets la saison prochaine non grâce à la bienveillance d’entraîneurs ou de présidents mais bel et bien parce que leur niveau de performance reste indispensable à l’efficacité et à l’équilibre de leur équipe. Rock Feliho et Viran Morros, les chiens de garde en défense, ont démontré tout au long du championnat qui vient de s’écouler un engagement et une rage qui ont installé Paris et Nantes aux deux premières places de la compétition.

On peut répéter le discours concernant Nikola Karabatic et Kiril Lazarov. L’International français a pesé lourd dans le 7e titre décroché par Paris et on imagine que la perspective de remporter une quatrième Ligue des Champions avec un quatrième club différent (Montpellier en 2003, Kiel en 2007 et Barcelone en 2015) ne va surtout pas atténuer son enthousiasme. Quant au Nantais, il a souvent été avec sa patte gauche le sauveur du « H » dans des matches souvent accrochés. Que dire, enfin, de Daniel Sarmiento, génial mais discret meneur de Saint-Raphäel ?

Rock Feliho et son coéquipier nantais Valero Rivera

Quand on aime on ne compte pas

« L’âge, décrit souvent Feliho, on n’y pense jamais quand arrive le combat. Parce qu’on s’y est préparé et que l’on a toujours envie. » Nikola Karabatic n’y fait jamais allusion, accroché plus que jamais à l’idée de se montrer « utile » et exemplaire. « Je rêvais, dit souvent Nedim Remili, son jeune partenaire au PSG, de jouer avec lui, d’apprendre à ses côtés. Oui, je crois que j’ai toujours rêvé de lui ressembler et, quelque part, d’être Nikola Karabatic. »

Nos « anciens » n’ont pas besoin d’être protégés parce qu’ils ont pris la bonne distance entre la performance individuelle et les comportements pour assurer l’équilibre collectif de l’équipe. Il y a un peu cela chez les gardiens de but dont la population est plus âgée par rapport aux joueurs de champ. Le temps et les expériences ont poli et relativisé leurs égos mais leur rôle dans le vestiaire est de plus en plus prégnant. Patrice Annonay (41 ans le 17 mai prochain) est le doyen de la Lidl Starligue et un pilier à Tremblay sur lequel on se repose toujours quand tout va mal. Yann Genty (38), Cyril Dumoulin (36) ont un premier rôle et une voix qui porte alors qu’Oleg Grams (36) et Nebojsa Grahovac (36) continuent de surprendre dans leur cage. Leur cas semble différent puisqu’ils sont à priori tenus dans une fonction plus individualiste mais leur longévité s’explique aussi par leur capacité à répondre à l’ambition de leurs cadets, et aux nouvelles règles de jeu qui forcent à élargir et renforcer leurs compétences.

« Etre plus concentré, plus réactif, plus adroit, plus vif encore, c’est notre quotidien désormais, dénonce Patrice Annonay. C’est un effort quand on a passé les quarante ans mais, en résumé, quand on aime on ne compte pas. »

La devise va si bien à tous nos glorieux anciens…

L.M.
Crédit photo Sportissimo

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