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A la découverte de... Robin Molinié

LNH - Publié le 24 mai 2016 à 17h18
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Chaque semaine, la LNH vous invite à aller à la rencontre de l’un de ses acteurs les plus en forme du moment. Ce mardi place à Robin Molinié.

"Le handball, c’est un sport de famille." Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à démarrer le handball, Robin Molinié n’a pas besoin de se creuser les méninges bien longtemps. A six ans, il n’a fait que suivre le pas de ses aînés. Le premier d’entre eux s’appelle Emeric Paillasson, son cousin. "Emeric a toujours été un moteur, un exemple pour nous, se souvient Adrien Molinié, le grand frère de Robin. J’ai commencé un peu après lui, en compagnie de son frère Maxime (ancien joueur de Villeurbanne notamment, ndlr). Robin a suivi l’année d’après." Un quatuor animé par la même passion, mais qui connaîtra chacun sa trajectoire. "On n’a jamais été dans la concurrence, glisse Robin. Mon frère a connu la LNH avec Saint-Cyr, Emeric a été considéré très tôt comme un des meilleurs joueurs de sa génération. Moi j’ai suivi une autre trajectoire."

Une trajectoire qui amène le jeune demi-centre au sport-études de Chambéry, avant d’intégrer le centre de formation de Saint-Raphaël. Un club au sein duquel il retrouve un certain Emeric Paillasson. Le même qui oeuvrera pour le faire venir à Chartres, en 2012, alors que le SRVHB ne compte pas sur lui suite à une pige réussie de six mois, du côté de Besançon. "Emeric aura été très important pour moi, que ce soit dans le conseil sportif, ou même sur l’humain", souffle Robin Molinié. "C’est un rôle particulier car il faut donner des conseils, tout en laissant l’autre prendre ses propres décisions, décrit son cousin. Je l’ai peut-être parfois un peu gonflé, mais j’ai essayé d’y aller avec parcimonie." De quoi laisser le « petit dernier » s’affirmer tout seul, et forger son caractère. 

Le Masters en juillet ?

"Robin, c’est un « petit troisième », il a toujours fallu qu’il montre à ses grand frères, à ses grands cousins qu’il était capable de faire les choses", sourit Paillasson. "Il a toujours, en règle générale, voulu être le meilleur. Il a toujours voulu montrer qu’il était bon. C’est quelque-chose qui se ressent sur le terrain", confirme son frère. Un état d’esprit d’autant plus présent que son club formateur ne lui a pas fait confiance. "Ce fut un gros regret sur le moment. Ca a ralenti mon processus d’arrivée au plus haut niveau, et j’ai dû passer par la ProD2 avec Besançon, puis Chartres, détaille l’actuel 14e meilleur buteur de la D1 (101 buts). Mais avec le recul, je ne regrette pas le parcours que j’ai fait. A l’époque, je n’avais pas les épaules assez solides pour m’imposer."

Un cheminement qui aura également permis à Robin Molinié de poursuivre ses études, comme ses aînés avant lui. "Je pense qu’on nous a toujours dit que c’était le plus important, remarque le frangin, diplômé à l’INSA de Lyon. Et si on prend l’exemple de mon parcours, on s’aperçoit que c’est une bonne chose. J’ai joué en D1 avec le club de Saint-Cyr, qui a déposé le bilan dans la foulée. J’ai eu la chance d’avoir quelque-chose à côté pour m’orienter sur une autre voie. A partir du moment on a la chance de pouvoir en faire, c’est important. Ca donne une autre vision, on voit autre chose, on croise d’autres gens." Reste désormais à finaliser, en juillet prochain, ce Masters de management à l'école de commerce de Grenoble.

Paillasson: "Robin arrive à maturité"

"J’ai hâte que ça se termine, sourit le futur diplômé. Je vais pouvoir profiter de la vie de sportif professionnel." Un stade par lequel est déjà passé Emeric Paillasson, qui y va de son ultime conseil, avant de prendre sa retraite. "Je suis passé par là, et ce n’est pas forcément évident, confirme-t-il. Tu as quelque-chose à côté, et quand ça s’arrête, c’est toujours bizarre. Je ne suis pas certain que ça se passe aussi facilement que ça, mais s’il le croit, c’est bien aussi." Reste que l’ancien Chambérien est convaincu de la marge de progression à venir de son bientôt ex-coéquipier. "Robin est un fort caractère qui arrive à maturité. C’est un arrière qui a un tir un peu comme celui de Guillaume Saurina, un tir pas très lisible qui part très vite sans véritable armé. Et puis le reste c’est dans la tête, c’est un combattant."

Un combattant qui vient de rempiler avec Chartres, relégué en fin de saison, mais qui aura l’ambition de remonter dans la foulée. Un nouveau « mal pour un bien » pour Robin Molinié. "Il a montré de bonnes choses cette saison, en D1, mais ce n’était pas toujours régulier. Là, la saison prochaine, il va avoir un rôle de leader, et ça va lui permettre de s’affirmer encore plus", note Adrien Molinié. "Cette saison, il n’a pas encore eu la régularité qu’il pouvait avoir en D2, mais cette nouvelle année en D2 qui s’annonce va lui permettre de s’affirmer et il reviendra plus fort en D1. Je pense que ça sera un bon leader pour les années à venir", confirme Emeric Paillasson, avant de laisser conclure le « petit dernier »: "Je veux revenir le plus vite possible en Division 1, et devenir un joueur régulier pour m’imposer à mon poste".

Benoît Conta

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