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Dylan Soyez, le combat qui change tout

24 sept.
L'Actu de la semaine
Après avoir combattu le cancer durant toute la première partie de l’année, Dylan Soyez a fait son retour sur les terrains, en début de saison. Métamorphosé, le gardien de Créteil croque à pleines dents sa carrière.

"Le jour et la nuit." D’un début de saison à l’autre, Pierre Montorier a bien du mal à reconnaître son deuxième gardien, Dylan Soyez. "Dylan était quelqu’un d’hyper nerveux, tout le temps agacé, un peu râleur. Il est devenu totalement l’inverse", confirme le coach de Créteil. La raison de cette métamorphose ? Quatre mois de lutte contre un cancer décelé au début du mois de janvier. Un combat long de quatre mois, que le portier de 23 ans a mené avec force et courage. 

Tout démarre à la fin du mois de novembre, lorsque le joueur originaire de Châteauneuf-en-Thymerais ressent une douleur au niveau de l’abdomen. "Ensuite, j’ai vite senti qu’il y avait quelque-chose d’anormal, une masse au niveau des testicules", se souvient-il. Mis en alerte, les médecins envoient le gamin passer des examens, et la tumeur détectée est extraite le 19 décembre. Ce n’est que deux semaines plus tard que les résultats tombent. Implacables. La tumeur est cancéreuse, et le traitement chimiothérapeuthique doit démarrer au plus vite. "C’est un moment assez bizarre car, si j’ai eu de grosses douleurs pendant les vacances, c’était aussi une période de fêtes, auprès de ma famille, souffle le Cristolien. Mais, à ce moment, mon moral est plutôt bon."

"Je me prends beaucoup moins la tête qu'avant"

C’est le 10 janvier que Dylan Soyez se lance dans un processus long de quatre cycles de chimio, chaque cycle durant 21 jours. "On a vite vu qu’il prenait les choses de manière positive", glisse son entraîneur, qui prend chaque semaine des nouvelles de son joueur. "J’ai passé beaucoup de temps auprès de ma famille, de mes amis, mais au sein de l’équipe, il y avait toujours quelqu’un pour m’envoyer un message pour savoir comment avançaient les choses, savoir si le moral allait bien", explique le portier, qui conclut son traitement le 28 mars. "Là, il a fallu attendre un mois pour passer des examens et savoir si la chimio avait été efficace. Ce n’est que début mai que j’ai su que j’étais guéri", sourit-il. 

Pour fêter ça, « Didou » s’offre un week-end à Saint-Brieuc, au contact de son équipe, en quête de sa montée en Lidl Starligue. "Ca m’a vraiment motivé. En plus, on a décroché la montée." De quoi gonfler à bloc le jeune homme, prêt à se réathlétiser afin de réintégrer le groupe dès la prépa estivale. "Durant ma maladie, j’ai dû perdre une quinzaine de kilos que j’ai peu à peu repris. Il a fallu aussi retrouver ma masse musculaire", décrypte-t-il. Du côté du club, la place de numéro 2 derrière le capitaine Mickaël Robin l’attend. "A partir du moment où les médecins nous ont annoncés qu’il était soigné, je n’ai eu aucun doute sur le fait qu’il allait revenir. Quand j’ai vu la manière dont il appréhendait les choses durant la thérapie, je savais que dès qu’il aurait le feu vert, il allait envoyer", confirme Pierre Montorier. 

Une énorme force de travail couplée à un changement de personnalité. "Je suis plus souriant je pense, confirme le principal intéressé. En fait, je prends beaucoup plus de plaisir sur le terrain. J’avais un peu perdu ça, et cette épreuve m’a remis les idées en place. J’ai réalisé que le handball était bien ce que je voulais faire de ma vie. Je me prends beaucoup moins la tête qu’avant. Je ne suis pas le même joueur." Une version confirmée par son entraîneur, qui le côtoie depuis plusieurs saisons. "Dylan est beaucoup plus posé, il montre qu’il prend du plaisir dans ce qu’il fait. Il prend les choses avec beaucoup plus de hauteur, conclut le technicien. Je peux le dire, c’est un meilleur gardien qu’il y a un an. Dans la manière d’aborder son poste, c’est une évidence. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’il a été performant quand j’ai fait appel à lui depuis le début de saison."  Dylan a désormais tout le loisir d'enchaîner... 

Benoît Conta

Crédit photos: Kevin Domas, Us Créteil, Philippe Riou 

LNH