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FC Séville, Twitter, la Roja, petit tour dans le monde de Juan Andreu

12 févr.
Divers
Juan Andreu a posé ses valises l'été passé à Limoges. On a été à la rencontre d'un joueur qui n'a pas sa langue dans sa poche

Vous êtes fan du Betis Séville ? Passez votre chemin. Non, vraiment, ne restez pas ici. Car parler avec Juan Andreu, le pivot espagnol arrivé à Limoges l’été passé, c’est prendre le risque d’être un peu froissé par un homme dont le franc-parler ne laisse personne insensible. Et quand le sujet football arrive sur la table, il n’y a pas 36 solutions. Pour Andreu, c’est le FC Séville, ou rien du tout. “Quand tu supportes ce club, tu dois détester le Betis, l’autre équipe de la ville. C'est un jeu, mais pas vraiment, en fait. Mes grands-parents m’emmenaient au stade quand j’étais petit, j’en ai des super souvenirs. Et j’y retourne dès que je peux” sourit-il. Et non content d’être un fervent supporter, dont il commente toutes les rencontres sur Twitter de façon inénarrable, il a aussi embrigadé ses enfants. Et pour eux, pas question de porter des couleurs autres que celles rouges et noires de Jesus Navas, l’international espagnol. “S’ils changent de club, ils changent de maison” s’esclaffe le colosse d'1m98 pour 117 kilos. “Mon grand garçon regarde les matchs avec moi, il commence à connaitre les joueurs, j’essaye de bien l’éduquer !”

L'équipe d'Espagne, "même à pied, j'y vais !"

Juan Andreu, c’est aussi une sacrée grande gueule, qui donne son avis sur tout, qui parle très fort, qui fait tout le temps des blagues. Un peu déroutant au premier abord mais, quand on en parle autour de lui, on se rend compte que l’Ibère a surtout une personnalité très attachante. “J’aime pas quand les gens font la gueule dans le vestiaire, j’ai toujours été très exubérant, à mettre l’ambiance” sourit-il. La seule fois où il a fait un peu moins le malin, c’est quand il s’est exilé en Allemagne, victime de la crise économique qui frappe le handball espagnol. En 2012, il met le cap sur Hanovre, où il passera trois ans. “Les débuts ont été compliqués. Je ne connaissais même pas les chiffres ou les couleurs. Mais jouer en Bundesliga, il faut le faire une fois dans ta carrière” se souvient-il. Surtout que ces années, de 2012 à 2015, correspondent au point culminant de sa carrière, où il était encore régulièrement appelé en équipe nationale. 

Avec le maillot de la Roja, il a remporté une médaille de bronze à l’EURO 2014, mais jamais de titre. Ce qui ne l’empêche pas d’être fou amoureux du maillot rouge. “Si je suis appelé, même à pied, j’y vais ! Je mets Google Maps sur le téléphone et je vais jusqu’en Autriche s’il faut” dit-il, même si, à 35 ans, il a arrêté d’attendre un appel de la fédération espagnole. “Je n’ai jamais été un top joueur, j’ai été un bon joueur. Et je n’ai jamais remporté de trophée de ma carrière, alors ces compétitions avec la Roja, ce sont mes trophées à moi.” La concurrence sur le poste de pivot, avec notamment l’intouchable Julen Aguinagalde, ne lui a pas facilité la tâche. “J’ai toujours eu un rôle un peu secondaire, mais quand tu portes ce maillot, même pour cinq minutes, tu donnes tout” explique-t-il, du haut de sa cinquantaine de sélections.

Accro à Twitter

Alors, s’il ne passe plus ses mois de janvier aux quatre coins du globe, Juan Andreu en profite pour…aller sur Twitter. Car le réseau social au petit oiseau est celui où le pivot est le plus actif, et il n’hésite pas à y mettre sa personnalité en avant. Que ce soit sur une vidéo où il claque un contre monumental sur son fils qui joue au basket, ou quand il répond aux trolls qui l’insultent en corrigeant leurs fautes d’orthographe, le twitto aux 14 000 followers s’est fait un nom dans le milieu. “Ma femme me crie dessus parce que j’y suis presque accro. J’aime bien faire chier les gens qui viennent te provoquer, cachés derrière un nom ou un avatar” avance-t-il. Twitter, un endroit où, comme dans la vie, Andreu n’hésite pas à donner son avis sur tout, notamment sur la politique espagnole. Comme sur l’indépendance de la Catalogne, sujet potentiellement explosif, même si sa femme est catalane ! “C’est sûr que si j’étais footballeur au Real, je ne le ferais pas. Mais personne ne fait attention à ce que dit Juan, le handballeur à Limoges. Plein de gens donnent leur opinion n’importe comment, alors pourquoi pas moi ?”

Alors, puisque c’était un peu le thème de l’interview, on a demandé à Juan Andreu son avis sur la saison de Limoges. Parce que, aussi prolixe qu’il soit pour parler de tout, nous, on doit quand même glisser deux ou trois lignes sur le handball. “On aurait signé avant la saison pour être là où nous sommes en ce moment. Ce n’est pas le match nul contre Strasbourg ou notre défaite à Cesson qui vont changer ce que je pense de ce qu’on a fait. Si on avait gagné vendredi, on aurait sans doute plié le championnat, maintenant, chaque match va être une finale” avance-t-il, alors que les Limougeauds recevront Sélestat. Le pivot de 35 ans a, en tout cas, déjà fait son trou dans le Limousin. Au point qu’il pourrait bien y rester une saison supplémentaire. “Il pleut plus qu’à Aix, mais Limoges, c’est vraiment bien quand tu as des enfants. C’est calme, c’est on peut emmener les enfants au parc, ma famille et moi, on s’y plait vraiment” termine-t-il. Il est déjà l’heure de raccrocher. On n’aura pas le temps de parler de sa fin de carrière, qu’il imagine bien en Espagne, pour boucler la boucle. Avant de se tourner vers d’autres horizons : “A la fin de ma carrière, je n’ai qu’un rêve : travailler pour le FC Séville.” Quand on vous dit qu’il n’en démordra pas…

Texte : Kevin Domas, photos : Armaphotos

LNH