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Théo Avelange-Demouge, la passion des grands espaces

05 mars
Entretien
Exilé en région parisienne, l'ailier de Pontault-Combault Théo Avelange-Demouge n'a pas laissé de côté sa passion pour la nature pour autant...Ni sa capacité à enfiler les buts, d'ailleurs.

Certains se disent passionnés par la nature. Par mode, par opportunité, ou même par ambition politique. Chez Théo Avelange-Demouge, rien de tout ça. Entre lui et la planète, c’est une vraie histoire d’Amour, avec un grand A. Avec des coups de foudre, des déceptions, des séparations et des retrouvailles. Et, comme dans les plus belles comédies romantiques, Théo et la nature ont craqué l’un pour l’autre dès leur plus jeune âge. “J’habitais dans un petit bled (sic) à côté de Besançon, j’étais tout le temps dehors, que ce soit pour jouer ou me promener. Je faisais un peu d’élevage d’insectes, aussi, j'en capturais pour les mettre dans des petites boites” sourit-il. “J’ai toujours été un peu plus loin que juste me dire que c’était beau.”

Et sa soif de comprendre le monde qui nous entoure, le jeune ailier de Pontault-Combault l’assouvit désormais au quotidien. Il poursuit actuellement une licence de biologie, tant par passion que par opportunité. “Que ce soit au collège ou au lycée, la matière m’a toujours plu. Continuer les études dans un domaine qui me passionne, c’est un moyen de garder un pied dans la réalité tout en m’ouvrant les portes pour l’après-handball” explique Avelange-Demouge, déjà de la suite dans les idées du haut de ses 23 ans. Alors, entre deux entrainements, il se plonge dans les bouquins, révise, avance petit à petit dans son cursus à l'université de Marseille. Et ne compte pas s’arrêter de sitôt.

"A Pontault, les premiers temps ont été difficiles"

Pour un tel amoureux de la nature, on finit quand même à un moment par soulever la question évidente : qu’est-il venu faire à Pontault-Combault ? La région parisienne, ses espaces bétonnés et sa pollution, ce n’est pas exactement l’idéal pour un tel passionné des grands espaces. Alors, comme la question était si évidente, on lui a posée. “Il faut avouer que les premiers temps ont été très difficiles. C’était la première fois que je quittais Besançon, et le cadre était assez loin de ma Franche-Comté” reconnait celui qui, finalement, essaye de vivre à Pontault comme il le faisait à Besançon. “Je fais du lombricompost, j’essaye de faire du zéro déchet, je vais à l’entrainement à pied pour limiter mon impact au maximum” détaille-t-il.

Mais, pour se ressourcer et respirer un air plus pur que celui de Paris, rien de mieux qu’un petit retour à la maison de temps en temps. Et si c’est Besançon certains weekends, tous les étés, le programme, c’est randonnée. “Les choses simples sont les meilleures. Je ne suis pas plus heureux qu’avec ma tente et mon sac de couchage en pleine nature” sourit-il, comme animé quand on évoque le sujet. Que ce soit avec sa petite amie, photographe animalière de profession, ou avec sa famille, les étés sont passés sur les chemins. Où, à l’entendre, il marche aussi vite qu’il ne court sur les terrains de hand, malgré le poids du sac à dos. “Ma copine me dit toujours que j’avance bien ! Mais je prends quand même le temps de profiter de la vue et des moments de silence” continue-t-il.

Une famille 100% handball

Si la randonnée est une passion de famille, le handball en est une autre. Quand on vous liste les pedigree qui l’entourent, vous comprenez vite que le petit Théo n’avait pas grande chance d’échapper à la petite balle pégueuse. Ses cousines (Alizée et Romane Frécon) sont elles aussi professionnelles, sa mère a été championne de France avec le club féminin de Besançon en 1988 tandis que son père travaille pour la FFHB. Presque une obligation, de jouer au hand ? “Dès que j’ai marché, j’ai été au gymnase. Alors c’est vraie que pour quelqu’un qui aime être au grand air, un sport d’intérieur c’est bizarre, mais j’adore aussi le ski, l’escalade…”

La montagne, ça vous gagne, mais ça ne vous fait pas marquer des points au classement de la Proligue. Ca n’aide pas non plus à marquer des buts, même si Théo Avelange-Demouge pointe actuellement en tête du classement des buteurs. “On peut toujours faire mieux mais je suis assez satisfait de ma saison, et de notre saison collective aussi” se félicite-t-il, avant que son naturel perfectionniste ne reprenne le dessus. “On a du mal à imposer notre rythme dans les matchs, on connait trop de hauts et de bas. Mais on est en course pour les play-offs, ce qui était l’objectif de début de saison” conclut le meilleur buteur du championnat. Avant de retourner dévorer les grands espaces sur le terrain, comme il les croque pendant ses randonnées.

 

Texte : Kevin Domas, photos : Daniel David

LNH