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Thomas Cauwenberghs : "Je savais qu'en étant belge, ça serait chaud pour les JO..."

13 mai
Entretien
Après huit années dans l'Hexagone, dont trois à jouer en Lidl Starligue, l'ailier droit belge Thomas Cauwenberghs a décidé de mettre un terme à sa carrière. Et revient pour nous sur ses moments marquants...

Mes premiers pas

C’est en 1991, au ROC Flémalle, le club le plus titré de Belgique à l’époque, même si leurs titres remontaient aux années 70. J’avais commencé au moment d’un stage scolaire, mais comme j’étais nul, j’étais allé dans les buts. Mon frère jouait sur le terrain et moi dans les cages. En minimes, je suis tombé sur un coach yougo, il a vu que j’étais gaucher, il m’a sorti de là tout de suite (rires) ! Du coup, c’est mon frère qui m’a remplacé dans le but.

Mon premier match en pro

C’était contre Valence avec Angers en 2012. L’année d’avant, j’avais été contacté par Tremblay pour remplacer Matthieu Drouhin qui s’était blessé, ils m’ont dit que tout s’était bien passé mais j’attends encore le coup de fil pour venir signer le contrat (rires) ! Du coup, j’avais gardé mon boulot de représentant pharmaceutique. Et un soir, j’avais été courir avec Ragnar Oskarsson, entraineur adjoint de la Belgique, qui m’a dit que si je croyais en moi, je pouvais retenter mon coup. Et j’ai vu que Hadjali partait d’Angers, j’ai appelé David Peneau et c’était parti…

Un coach qui m’a marqué

Yérime Sylla. Quand il a pris la sélection de Belgique, il nous a juste demandé de croire en nous-mêmes et on a fait des choses dont on ne pensait même pas être capable. Il aura joué un rôle majeur dans le développement de nombreux joueurs belges.

Un adversaire qui ne m’a jamais réussi

Je vais parler d’équipe, je vais dire Massy. Cette saison est la seule fois où je les ai battus. Pourtant, j’ai souvent été bon contre eux ! Mais je sais pas, à domicile, ils étaient capables de trucs qu’on n’aurait jamais cru possible, ils avaient une espèce d’aura qui faisait qu’on se plantait toujours là-bas (rires)…

Ton coéquipier le plus fort

Y’en a eu plein, mais je vais dire Mikhail Chipurin. Qu’est-ce qu’il était casse-couilles lui (rires) ! Tu défendais, mais le mec tirait dix fois plus ton maillot que tu ne tirais le sien. J’ai été impressionné par Arthur Anquetil aussi, sa capacité à mettre des buts avec rien, mais Chipurin, pour sa carrière, m’a marqué.

Ton meilleur pote dans le hand

Je vais essayer de pas mettre de Belge…Léo Martinez. Déjà lui est du Sud, moi je viens du Pôle Nord, donc c’était pas fait. Je l’ai rencontré quand il passait tout juste pro. C’était mon partenaire de chambre en déplacement, il venait souvent manger à la maison, c’était un peu mon petit frère. On a même monté le mont Ventoux, j’ai fini en poussant mon vélo, j’étais complètement carbo mais lui était frais (rires) !

Le meilleur souvenir

Belgique-France à Liège, c’était l’aboutissement d’un travail énorme avec Yérime. On perd d’un but, mais on s’était pris au jeu, à un moment, on se dit que, si on peut les battre, autant le faire…Mais ils avaient joué avec Niko Karabatic et tout, ils n’étaient pas venus en touriste. Ce qui m’avait marqué, c’est que la salle était pleine, mais aussi que le public était resté avec nous à la fin. C’était pas, ils ont perdu, on se barre, on avait vraiment partagé un moment avec les fans.

Le plus mauvais souvenir

Ma troisième saison à Ivry, même si cela ne m’a pas empêché de rebondir. C’était dur humainement, mais pas avec le groupe, je n’ai jamais eu le sentiment d’être en marge. Ca m’a quand même pas mal affecté.

Un regret

J’aurais tendance à dire aucun…Sans doute de ne pas avoir fait les JO, le Graal pour tout sportif, mais bon, je savais qu’en signant ma première licence en Belgique, ça serait un poil compliqué (rires)…J’ai toujours essayé de profiter de ma carrière au maximum, en me disant que ça pouvait s’arrêter demain.

Pourquoi arrêter ?

C’est un tout. J’ai toujours eu dans la tête de ne pas faire la saison de trop, de ne pas être ce vieux chiant parce qu’il ne supporte pas de se voir décliner. Je me suis toujours dit que je ne voulais pas que ce soit un club ou un entraineur qui me dise stop. Là, à 34 ans, avec deux enfants, ça me paraissait le bon moment. J’aurais aimé que ça se finisse autrement que sur mon téléphone quand j’ai appris que c’était la fin de saison, mais c’est la vie !

La suite ?

J’ai passé mon diplôme d’entraineur pour pouvoir coacher en pro. Mais là, je suis en contact avec une boite de coaching en entreprise, qui bosse notamment avec François Trinh Duc, donc je m’oriente vers ça. Je veux surtout aller vers un truc où je m’éclate, comme j’ai pu m’éclater sur le terrain. Mais bon, là je me suis mis à faire mon pain donc si ça se trouve, dans deux ans, j’ouvre ma boulangerie (rires) !

 

KD