Yoav Lumbroso s'est fait un nom

29 janv.
C'est l'histoire de ...
Arrivé à Limoges dans le plus grand anonymat l’été dernier, Yoav Lumbroso s’est petit à petit fait un nom au sein de la Lidl Starligue. Et le petit demi-centre israélien n’a pas l’intention de s’arrêter là.

On doit le reconnaître, ce piège était notre idée. Lors de notre conférence de presse de rentrée, nous avions décidé d’interroger les capitaines de Lidl Starligue avec quelques questions décalées. « Dans quel club joue Yoav Lumbroso ? » était l’une d’entre elles. Et force est de constater que l’objectif avait été atteint, tant elle avait semblé plonger nos capitaines dans la perplexité. "Je ne connais que Daniela, la présentatrice", avait tenté l’Istréen Guillaume Crépain, dans une pirouette. De quoi vexer le principal intéressé ? "Non. C’est normal qu’on ne me connaisse pas à l’époque, j’arrivais de seconde division allemande, sourit-il. Mais ça a été une vraie motivation pour moi. J’espère que maintenant, ils me connaissent. (sourire)"

Au terme de la première partie de saison, peu de doutes sur ce point. Du haut de son 1,72m, le demi-centre de Limoges a fait sa place dans notre paysage, grâce à sa vitesse et quelques coups de canon bien sentis. "C’est pas mal, mais je peux encore mieux faire", souffle l’international israélien, qui donne pour le moment raison au pari tenté par le LH, l’été dernier. "C’est un agent qui me l’a proposé car il sait que j’aime ce genre de profil un peu atypique, se souvient Tarik Hayatoune. On était dans l’optique de faire un coup pour terminer notre recrutement. Yoav était un jeune joueur, qui n’était pas financièrement exigeant. Le profil qui se dessinait à la vidéo m’a convaincu. On a décidé de tenter le pari." Après Eisenach, en deuxième division allemande, Yoav Lumbroso s’envole donc vers le Limousin, pour sa deuxième expérience à l’étranger, à seulement 20 ans.

"Un joueur pas forcément facile à défendre"

Avant cela, c’est bien en Israël que le jeune homme étrenne ses premières baskets. "J’ai commencé le handball à 12 ans, et ça a été comme une évidence, explique Yoav Lumbroso, qui se décide à embrasser le métier de handball à 18 ans, lorsqu’il est contacté par Eisenach. C’est là que je me suis dit que je pouvais tenter ma chance. Mais ce fut un peu difficile au départ, je suis parti alors que je ne savais même pas cuisiner tout seul ! (rires)" Un petit coup de main de ses parents et quelques prestations réussies plus tard, le meneur de jeu fait peu à peu sa place, malgré un morphotype atypique pour son poste. "Bien sûr, on m’a conseillé d’aller jouer à l’aile, mais ça me motivait encore plus pour réussir en demi-centre, souffle-t-il. J’ai beaucoup travaillé mon tir de loin et ma vitesse pour vraiment réussir à tirer profit de mes avantages."

Des qualités que l’on retrouve sur nos parquets, depuis le début de saison. "Sa première qualité, c’est sa vitesse. Si on devait comparer, je pense qu’il est même plus rapide que Luc Steins au même âge (20 ans, ndlr). C’est hyper intéressant, notamment sur montée de balle, décrypte son entraîneur. Ensuite, s’il est naturellement un joueur de percussion, il a aussi un très bon shoot à travers. Si certaines défenses peuvent être tentées de l’attendre à 6m, il est capable de punir par en-dessous ou au-dessus de la tête. Ca en fait un joueur pas forcément facile à défendre." Des qualités qui font de l’Israélien un excellent joker, au sein de l’équipe surprise de ce début de saison. Et le jeune homme est loin d’avoir terminé sa progression.

"Il peut déjà progresser en défense, sur le poste 1, estime Hayatoune. Il va aussi  progresser dans sa capacité à communiquer avec les autres. Il est en train d’apprendre le français, et il comprend déjà presque tout ce qu’on lui dit. Ca va beaucoup l’aider. Ensuite, et ça viendra avec l’expérience, il va progresser dans la tactique et dans sa capacité à faire jouer les autres. Tout ça va venir avec le temps." Cela tombe bien, Yoav Lumbroso, à qui il reste 18 mois de contrat, a de l’ambition. "Je rêve de jouer la Ligue des champions un jour, je travaille pour cela, conclut-il. Et puis, avec ma sélection, j’espère qu’on pourra jouer une grande compétition un jour. Nous n’étions pas loin lors du dernier Euro, nous continuons à travailler pour cela." Et, nous on va devoir travailler sur de nouvelles questions...

Benoît Conta