Troisième de la saison régulière, le Caen Handball a transformé son rêve en réalité en validant son billet pour l'élite du handball français. Pour leur deuxième finale de play-offs en deux ans, les Caennais ont renversé tous les pronostics face à l'US Ivry. Battus lors du match aller à domicile devant les 3 700 spectateurs d'un Palais des Sports surchauffé (29-31), les Normands se devaient de réaliser l'exploit au retour ce dimanche 7 juin 2026, au Palais des Sports de Créteil.
Et ils l'ont fait. Devant à la pause (9-12), les joueurs de Caen ont vu Ivry revenir à un souffle dans les derniers instants. C’est un but salvateur de Yanis Mancelle à l'ultime seconde du temps réglementaire qui a permis à l'équipe de s'imposer de deux longueurs (22-24), remettant les deux formations à égalité parfaite sur l'ensemble des deux rencontres. Lors de la fatidique séance de tirs au but, le gardien Miloš Močević a été décisif avec deux parades consécutives, avant que Mancelle n'inscrive le jet de la victoire (2-4 aux t.a.b.). Une délivrance totale pour les 250 supporters ayant fait le déplacement pour célébrer la solidité et la structuration d'un club qui rejoint l'élite aux côtés de Saran.
Villeminot, le phare qui éclaire la route des Vikings
Si Caen s'apprête à découvrir la première division, il le doit énormément à l'impact de son meneur de jeu, Allan Villeminot. À 31 ans, le demi-centre français a tout simplement réalisé la plus belle saison de sa carrière, s'offrant le doublé parfait : le titre de meilleur buteur du championnat et la distinction suprême de Meilleur Joueur (MVP) de la saison décernée lors des Trophées LNH.
En 34 matchs disputés, il a affolé les compteurs avec 230 buts inscrits (soit 6,76 buts par match) avec une régularité de 69,91% de réussite globale, dont un solide 104/130 aux penaltys (80% de réussite). Véritable plaque tournante de l'attaque, il a également délivré 239 dernières passes à ses partenaires. Pour sa troisième saison à Caen, le joueur a confirmé une immense montée en puissance, passant de 99 buts en 23/24, à 130 buts en 24/25, avant d'atteindre ce sommet absolu à 230 buts cette année. Indéboulonnable, il totalise désormais un bilan de 715 buts en 155 matchs sous les couleurs de Caen.
Interview avec Allan Villeminot
Quelques semaines après cette montée historique, est-ce qu’on est encore sur un petit nuage ? Avec le recul, qu’est-ce qu’on ressent après une finale aussi folle ? Sur un petit nuage, je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est qu'après le dénouement d'une saison et d'une finale aussi folles, tout ce qu'on aurait voulu, et ce pour quoi on a travaillé si dur, s'est concrétisé. Aujourd'hui, c'est une fierté, même si rien n'est acquis. Il y a une grosse saison qui nous attend la saison prochaine.
Le club ne cesse de grandir depuis quelques années. Pour ta troisième saison ici, quel regard tu portes sur la manière dont Caen s’est structuré pour en arriver là ? J'ai signé à Caen il y a bientôt trois ans parce que je trouvais que ce club avait un potentiel fou : une salle exceptionnelle, des supporters et des bénévoles prêts à tout pour qu'on soit mis dans les meilleures dispositions possibles. Il ne manquait plus que les résultats sportifs. C'est gratifiant de savoir que les résultats ont été au rendez-vous depuis plus de deux ans maintenant, et encore plus d'évoluer en StarLigue la saison prochaine, ce qui n'est qu'une étape dans l'évolution de ce club, j'en suis persuadé.
Sur un plan plus perso, tu réalises une saison stratosphérique : meilleur buteur du championnat (230 buts, dont 104 penaltys), 239 dernières passes et sacré MVP de ProLigue aux Trophées LNH. Quel bilan tu fais de ta saison d’un point de vue individuel ? Je suis très heureux d'avoir grandement fait partie de cette saison historique. Je suis très épanoui dans mon jeu, je prends un plaisir total à jouer au handball et je vais tout faire pour aider encore plus le club et l'équipe à performer la saison prochaine.
Tu es impatient de retrouver la StarLigue, toi qui l’avais déjà connue par le passé avec Montpellier et Cesson-Rennes ? Oui, très impatient. C'est un championnat très relevé, tout comme la ProLigue. À nous maintenant de prouver que notre place est dans cette division !
BERTHELOT Pierre



