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Thierry Anti, touché mais pas coulé…

23 mai
Laurent Moisset raconte
Les turbulences des dernières semaines n’ont pas entamé l’envie et les certitudes de l’entraîneur du « H ».

Il y a le poids de l’enjeu, la 2e place du championnat, lourdement plombé par une situation en interne qui ne porte pas à l’optimisme avec les départs en suspend de Thierry Anti et de Nicolas Claire. Il y a, fatalement, les conclusions hâtivement posées sur les contours d’une troisième défaite consécutive possible à Montpellier (après Nîmes et Aix à Beaulieu), les inévitables comparaisons avec le glorieux parcours de la saison dernière (vice-champion d’Europe et 3e de Lidl Starligue).

« Que l’on imagine que j’ai renoncé, l’idée m’est insupportable. »

Il y a toutes ces parties visibles d’un malaise certain mais qui ne racontent jamais comment les hommes traversent ce torrent puissant où les rancœurs, les polémiques et les critiques alimentent au quotidien une actualité moins heureuse. Thierry Anti a pu laisser penser alors qu’il « attend que son problème soit réglé », qu’il attisait les braises du feu après quelques sorties médiatiques appuyées. Selon lui, rien de plus humain, quand on a un vrai bilan à défendre, construit sur le progrès et la réussite et surtout, quand la qualité de votre travail et de votre action vous semblent remises en cause. « Je ne m’attendais pas, admet l’entraîneur nantais, à cette décision. Quand vous n’y avez jamais été confronté, à 60 ans, votre orgueil en prend un coup mais c’est, aujourd’hui, un paramètre que l’on doit prendre en compte dans un monde sportif de plus en plus professionnel. Il m’a fallu un peu de temps pour l’intégrer. »

L’homme en a souffert mais l’esprit s’éclaire quand la compétition avance ses puissants rendez-vous et une nouvelle tournée à Montpellier. « C’est là qu’on donne le meilleur, sourit-il. Le combat de mon équipe, cet affrontement, à titre personnel, contre Patrice Canayer. Les entraîneurs, aussi, ont leur égo, leur fierté, l’envie de gagner la partie d’échecs. » Il y a alors cette fusion intérieure qui brûle tous les fantômes du passé récent. Aussi quand le H se déplace sans trois atouts majeurs, Valero Rivera, Eduardo Gurbindo et Rock Feliho, qu’il semble traîner ses peines comme autant de boulets, Thierry Anti renaît tout simplement de ses cendres. Les préoccupations se reportent sur le seul terrain de jeu, son domaine de prédilection. « Ce qui m’a le plus blessé ces derniers temps, c’est que l’on puisse penser que je n’en ai plus rien à faire. Cette idée-là m’est insupportable. Que l’on imagine que j’ai renoncé, c’est mal me connaître. Un entraîneur, comme un joueur, défend l’identité et les valeurs de son club. Le « H » m’est cher et on n’effacera jamais ce qui a été fait depuis dix ans. Mais je ne m’arrête pas sur ce simple constat. Ce qui m’intéresse, me motive, c’est la 2e place du Championnat. »

Thierry Anti sur le banc de Nantes lors de la saison 2009-2010

« Il faut faire abstraction du contexte, oublier ses propres blessures. »

Comment faire quand les états d’âme des uns et des autres laissent apparaître autant de doutes et d’incertitudes ? Comment réagir quand le climat, les comportements et les résultats pointent autant d’interrogations ? Comment se relever pour reprendre en main le vestiaire ? Rien n’est évident quand l’élastique s’est autant distendu… « L’idée que l’entraîneur rassemble, est un leader, tire son groupe vers le haut reste une réalité. Je dois montrer l’exemple. Si je suis morose, moins investi, les joueurs vont le ressentir. Maintenant, c’est une histoire entre nous avec ce projet de bien finir ensemble. Jouer, se battre, s’engager, c’est tout ce qui va compter sur ces trois derniers matches de la saison. »

Thierry Anti, dans cette période si difficile, a évidemment beaucoup appris. Des hommes, de lui. « En fait, et ce n’est pas le plus facile, il faut faire abstraction du contexte, oublier ses propres blessures, travailler, aussi, avec ceux qui vont te remplacer parce que c’est aussi l’avenir du club qui compte. »

Thierry Anti ne sait pas comment Nantes va vivre les trois derniers matches de sa saison, comment sa propre situation va évoluer. Il a, en revanche, compris que le jeu est sa raison d’être et qu’il a déjà repris le dessus sur tout autre considération.

L.M.
Crédit photo S.Pillaud/LNH.

LNH
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