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Dan Tepper, un Israélien dans le Cotentin

28 août
Entretien
Pour la première fois de l'histoire, un joueur israélien va porter les couleurs d'un club de Proligue. Et on a été à sa rencontre

Il sera une des curiosités du championnat de Proligue à la rentrée. Dan Tepper est le premier joueur israélien à évoluer en France. A 25 ans, le gardien de but international dans son pays s’est engagé avec Cherbourg et, si on l’écoute, il le doit beaucoup à une rencontre avec…un autre club français. “La saison dernière, j’ai joué contre Saint-Raphaël en coupe d’Europe avec mon ancien club et, même si on a été éliminé, j’avais fait des bons matchs” se souvient-il. Mais si on pourrait penser que, pour lui, s’exiler dans le Cotentin est une aventure, on est loin, très loin de la vérité. “Quand j’avais dix-sept ans, j’ai joué dans l’équipe junior des Füchse Berlin. Là aussi, j’étais le premier joueur venu d’Israël, mais désormais il y en a plus” se souvient-il. Dans la capitale allemande, il côtoie Paul Drux et Fabian Wiede, désormais des superstars outre Rhin.

C’est d’ailleurs en Allemagne qu’est née la vocation du jeune Dan Tepper pour le handball. Entre un grand-père meilleur joueur de l’histoire d’Israël en water-polo et un papa qui pratiquait le foot à haut niveau, il était évident qu’il ferait carrière dans le sport. Mais la demi-finale du championnat du monde 2007 entre la France et l’Allemagne va changer le cours de sa vie. “Là je me suis dit, c’est ce que je veux faire. Ca allait vite, c’était spectaculaire, j’ai tout de suite accroché” se souvient-il.

Un voyageur polyglotte

Appuyez sur le bouton avance rapide et vous arrivez à l’été 2019, moment où il pose ses valises dans le Cotentin. Un choix uniquement sportif, à entendre Dan Tepper. “Les joueurs de handball, en Israël sont très bien payés. Ce n’est pas pour ça que je suis venu à Cherbourg, mais pour progresser, jouer dans un championnat avec un bon niveau” dit-il, avant donner ses premières impressions cherbougeoises. “Les Français sont bien plus accueillants que les Allemands, ils ont l’air d’accepter les gens beaucoup plus facilement. Je ne parle pas encore français, mais j’ai déjà appris l’allemand et l’anglais en plus de l’hébreux alors je pense que ça va venir vite” sourit-il.

Un contexte sportif attrayant, un club et une ville qui lui plaisent, Dan Tepper aurait presque envie de renommer la célèbre image d’Epinal en image de Cherbourg. Mais…”Il se peut que cet hiver, le soleil me manque un peu. Mais bon, je vais bien trouver un moment pour retrouver un peu de chaleur au pays quand on jouera avec l’équipe nationale.” D’ambitions, d’objectifs, il n’a pas encore fixé. “Progresser et aider l’équipe à gagner des matchs”, c’est tout ce qu’il peut nous dire pour le moment. De la part d’un pionnier, on s’en contentera amplement.

K. Domas

 

Crédit photo : Jean-Pierre Barge

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