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Jürgen Rooba, le handballeur globe-trotter

04 sept.
Entretien
Le gaucher Jürgen Rooba est le second joueur estonien à poser ses valises dans un club de Proligue. Mais le premier à posséder un camper-van.

Dans le sport, il y a deux styles de personnes. Celes qui aiment le confort d’un club, pas loin de leur famille, quitte à y passer toute leur carrière. Et celles qui préfèrent bouger, se balader, profiter de l’occasion pour visiter de nouveaux pays tout en gagnant leur vie à pratiquer leur sport préféré. Jürgen Rooba est définitivement dans la deuxième catégorie. Son arrivée au Cavigal Nice cet été, c’est surtout une affaire de voyages… ”Je jouais en Suède la saison passée, et un joueur espagnol est arrivé dans l’effectif à la mi-saison. On s’entendait bien, il m’a demandé ce que je voulais faire l’année d’après. Et, avec ma copine, on a une to do list, et dessus il y avait : habiter en France ou en Italie. Et Nice, c’est parfait pour ça. Alors ce joueur m’a mis en contact avec Nice, et ça s’est fait comme ça” raconte le gaucher barbu.

A 29 ans, Rooba commence à avoir vu du pays. Né en Estonie, il s’essaye au handball dès son plus jeune âge, en suivant son grand frère à l’entrainement. Et à cinq ans, il signe sa première licence. Il fait ses armes au club des Chocolate Boys (sans blague !), une des équipes de la capitale, Tallinn. “Le handball en Estonie, ça reste quelque chose de mineur. Donc tu arrives vite au moment où tu dois choisir entre avoir un boulot et en faire pour le plaisir, ou partir à l’étranger pour devenir professionnel” raconte-t-il. Sélectionné en équipe nationale junior, il quitte la patrie en 2015, direction l’Allemagne et Nordhorn. Le club, en 2. Bundesliga, est exactement ce qui lui fallait. “C’était simple pour moi, j’ai étudié l’Allemand pendant dix ans à l’école, au bout de trois jours, je parlais bien !” se souvient Rooba. Il y restera trois ans, avant de prendre le chemin de la Suède, puis de Nice, il y a quelques mois.

Le chien, la copine, le camper-van, et cap sur la Côte d'Azur !

Et c’est lors de son passage de Norhorn à Karlskrona, en Suède, qu’il va faire l’acquisition de ce qui est désormais sa marque de fabrique : un van Mercedes qu’il emmène partout. “Je l’avais acheté pour ramener toutes mes affaires d’Allemagne à la maison. Le plan de base était de le vendre en Estonie, mais finalement je l’ai gardé. Je l’ai transformé en van de camper, avec des couchettes, pour pouvoir partir en voyage” décrit Rooba, qui ne se déplace désormais plus que de cette façon. Sympa, pratique et en plus, ce fourgon lui permet aussi d’emmener son chien en voyage. 

Et c’est donc, tout naturellement, en van que Jürgen Rooba a fait son arrivée sur la Côte d’Azur. Ce qui fait bien rire ses coéquipiers mais ce voyage lui a surtout permis de s’en mettre plein les yeux. “Quand tu ne joues pas les play-offs, en Suède, tu es en vacances à la fin avril. Je suis retourné au pays, et ensuite, on a mis le cap sur Nice. J’ai conduit pendant cinq jours, en cumulé, mais on a pris notre temps. C’était une superbe aventure de traverser les Alpes, de passer par l’Allemagne, l’Autriche...” dit celui qui devrait profiter des premiers jours de repos pour aller faire un tour dans les Alpilles voisines. Mais avant cela, il faudra quand même penser un peu au terrain. “Je me sens déjà super bien dans cette équipe, il y a des gens de partout, d’Espagne, d’Italie, c’est ce que je recherchais. On sait que rien ne va être simple pour nous, mais on va se battre. C’est, d’après ce que je sais, la marque de fabrique du Cavigal, et vous pouvez compter sur moi pour ne rien lâcher” conclut le deuxième Estonien à fouler les parquets de Proligue. Le premier, c’était Armi Part, passé un an à Massy. On est prêt à parier qu’il n’avait pas une histoire aussi rocambolesque que celle de Jürgen Rooba…

 

Kevin Domas

Crédit photos : Raimond Handball Sassari

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