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Hugo Lhou Moha, ne pas se fier aux apparences

30 oct.
Entretien
L'ailier gauche de Besançon aurait pu arrêter le handball il y a deux ans, mais le projet bisontin lui a donné envie de continuer. Rencontre avec un joueur plein de surprises

On va jouer aux devinettes. Le sujet ? Hugo Lhou Moha. A trouver ? Sa nationalité. Si vous pensez qu’il nous vient des îles des mers du sud, avec ses tatouages maoris, eh bien vous avez perdu ! “Mon nom a une origine berbère et j’ai des racines gitanes” nous livre-t-il. Vous ne l'aviez pas trouvé ? Nous non plus. “En CE1, à l’appel du premier jour, la maitresse a été un peu déçue quand elle m’a vue, je crois qu’elle attendait un petit Tahitien. Mais maintenant, en soirée, je fais croire que je suis néo-zélandais, j’ai même un peu appris le haka !” L’histoire de l’ailier gauche de Besançon commence avec cette anecdote, qui est loin d’être la dernière. Dès ses premiers pas dans la vie, Lhou Moha était presque prédestiné pour le handball. Avec un papa international français (7 sélections), la voie était toute tracée. Et pourtant, le paternel a tout fait pour qu’on ne l’accuse pas d’avoir influencé son fils. “J’ai commencé au hockey sur glace, du coup. Mais le choix de faire du handball, il était mien. Quand il a fallu arrêter le hockey, ça a été plutôt simple en fait. Je mettais une heure pour m’équiper, c’était un peu chiant, tandis que le hand, un short et des baskets et c’était parti” se souvient-il.

26 ans et déjà un sacré parcours

La génétique aidant (ou pas), le gamin a un certain potentiel. Au point qu’à quinze ans, à l'heure d'entrer en cinquième, il intègre le sport-études de Strasbourg. Et il ne fait pas que ça puisque le soir, après l’école, il s’entraine avec la N1 dont le coach n’est autre que…son père. “Dans ces moments-là, c’est un peu Disneyland, tu croques dans le truc à pleines dents. Tu pense juste à prendre du plaisir. Mon père était dur avec moi au gymnase, pour qu’on ne puisse pas l’accuser de favoritisme. Il se montrait plus dur avec moi qu’avec les autres. Mais sitôt la séance finie, il redevenait mon père” se remémore Lhou Moha, qui va partir de chez lui pour rejoindre Montpellier, où il restera trois ans. Avant de poser ses valises à Nantes, puis à Semur en Auxois. “Je suis parti de chez moi très tôt et je n’ai pas eu la même jeunesse que les autres, même si je le referais si c'était à refaire. Quand j’ai eu l’occasion de revenir près de chez moi, à Semur, je n'ai pas trop hésité. Ma famille, c’est sacré, dès que j’ai des vacances, quand d’autres vont à Ibiza, moi je vais les voir” sourit l’ailier gauche, qui a d'ailleurs perpétué la tradition familiale des bergers australiens. Ses parents en possèdent deux, lui a donc adopté le sien, Junko.

Mais tout ça, c'est bien beau, sauf qu'à peu de choses près, on aurait pu ne jamais faire le portrait de Hugo Lhou Moha. Il y a un an et demi, une reconversion lui tendait les bras. Et la perspective de ne pas continuer le handball à haut niveau a fait plus que lui traverser l’esprit. C'est à ce moment que Besançon a appelé : “J’ai eu le cul entre deux chaises pendant dix jours. D’un côté, la perspective de jouer en Proligue, de l’autre, la sécurité de l’emploi. Mais le projet bisontin l’a emporté.” Et le rêve est devenu réalité quand le GBDH a obtenu sa montée. Alors, certes, le début de saison n’est pas forcément celui attendu, mais il y a de la place pour faire mieux. “Il faut être lucide, peu de joueurs ont connu la Proligue auparavant. De l’extérieur, on peut avoir l’impression qu’on galère, mais on est tous conscient qu’il nous faut un peu de temps” termine Hugo Lhou Moha. La bonne nouvelle, c’est que Besançon n’est pas encore largué au classement, loin de là. Vous, par contre, on est sûr que vous êtes encore en train de chercher la réponse à notre devinette.

 

Kevin Domas

 

Crédit photo : Lihoreau / Bontemps

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