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Corentin Boé, le regard au loin

28 nov.
Entretien
Arrivé cet été, Corentin Boé a déjà pris ses marques dans son nouveau club. Et n'est pas étranger au bon début de saison des Béarnais

Il est arrivé sur le tard, comme l’invité qu’on n’attend plus à un diner de famille. L’histoire de la signature de Corentin Boé à Billère s’est écrite en soixante-douze heures. Une broutille quand on sait quand dans le handball, il faut parfois six mois de tractations pour aboutir à un contrat. Mais là, pressé par le temps, le Champenois a du faire vite, très vite. Vernon Saint-Marcel, rétrogradé administrativement au terme de la saison passée, ne pouvait plus le garder, alors il a fallu rebondir. “Ca a été très compliqué à gérer, déjà qu’on s’est maintenu à la dernière minute du dernier match la saison passée. Ma femme venait de trouver un CDI, tout était calé, il a fallu tout changer en deux jours. On a passé une partie de l’été à déménager, mais tout est bien qui finit bien” sourit le demi-centre de 27 ans.

Papa et maman prennent l'avion pour le suivre !

Avant qu’on aille plus loin, on vous doit une précision. Celle que Corentin n’a de cesse d’appeler “ma femme” n’est en fait pas sa femme. Certes, lui et Marion, sa compagne, portent le même nom mais ils ne sont pas encore passés devant le maire. Elle joue à Bordes, à quelques kilomètres de Billère, et leur rencontre s’est faite, comme vous pouvez vous en douter, après un match. Et pas après un rassemblement de gens portant le même patronyme. Les présentations faites, on peut demander au néo-Billèrois ce qui l’a amené sur les 40x20. Et, comme beaucoup d’enfants, il a d’abord essayé le foot. Un échec cuisant. “Mon oncle m’a amené à mon premier entrainement. J’avais tout l’équipement, les chaussures, mais je suis parti au bout de 20 minutes, ça ne m’a pas plu” se souvient-il. Un an après, il suivait papa au handball et l’aventure était lancée.

Notamment grâce à des parents qui sont encore ses premiers supporters. “Ils ont toujours été derrière moi, ils ont fait des milliers de kilomètres pour me voir jouer. Même encore maintenant, ils prennent l’avion jusqu’à Billère certains weekends. On a toujours été une famille très unie” continue Corentin, qui s’est entre-temps bien amélioré au foot : “Je suis pas encore le Cristiano Ronaldo des Pyrénées, mais je me débrouille ! ” Par contre, pour emmener papa et maman Boé en randonnée, il ne faudra pas compter sur le fiston. “Je ne suis pas du tout montagne, mer non plus d’ailleurs. Mais c’est sympa ici, y’a l’Espagne et Biarritz pas loin” détaille le demi-centre. Mais à quoi passe-t-il donc ses journées ? “Je suis un très grand fan de NBA. Je ne suis pas debout à quatre heures du matin pour regarder les matchs, mais j’adore le spectacle que les joueurs sont capables de donner. Et quand tu te dis qu’ils font ça 82 fois dans la saison, physiquement, c’est monstrueux.”

Et quelques soufflantes plus tard...

Monstrueux, c’est aussi un qualificatif qu’on pourrait appliquer aux soufflantes de Benjamin Pavoni, parfois pas très éloignées du célèbre “Airdryer” d’Alex Ferguson à Manchester United. Entraineur de Vernon jusqu’à la saison dernière, l’ancien technicien cristollien a été une des raisons pour lesquelles Corentin Boé a rejoint la Normandie en 2017. “Des engueulades, j’en ai pris quelques-unes” avoue celui qui figurait encore dans les meilleurs buteurs du championnat la saison passée. “Mais c’est aussi pour ça que je suis venu. Pas pour me faire crier dessus, mais Benjamin est quelqu’un qui te fait progresser. Je n’ai jamais regretté d’avoir signé à Vernon, j’y ai vraiment passé un cap dans ma carrière.” Au vu de ses statistiques, on en finit même par se demander pourquoi aucun club de l’élite ou du haut de tableau de Proligue ne s’est manifesté. “Cela ne s’est pas fait, mais je ne me prends pas la tête avec ça. J’ai vécu la lutte pour le maintien avec Vernon, on peut voir un peu plus haut avec Billère et ce serait sympa de jouer les play-offs un jour. Je suis très content de la situation actuelle mais je ne m’interdis pas de regarder plus loin” termine celui qui est déjà le deuxième meilleur buteur billérois. Capacité d’adaptation, compétence sur le terrain, Corentin Boé peut continuer à viser plus haut.

 

Texte et photos : Kevin Domas

Proligue