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Nancy, la marque Plantin

29 janv.
Laurent Moisset raconte
Sur le départ en fin de saison, l’entraîneur nancéien, en course en Coupe de France et pour les Finales de Proligue, aura marqué son passage.

Champion du monde en 2001 à Bercy, dans l’ombre de Grégory Anquetil, titulaire à l’aile droite, Stéphane Plantin était un cas à part en équipe de France : il était le seul à travailler à côté du handball. La petite balle ronde, en vérité, ne roulait pas forcément dans le sens qu’il souhaitait donner à sa vie. « Pour mon équilibre, souffle-t-il, j’avais besoin de faire autre chose. La réalité m’avait sauté aux yeux lors de mes débuts à Gagny au début des années 1990. Pendant toute une année, je n’avais joué, pensé et mangé que handball mais je ne m’y retrouvais pas. »

Stéphane Plantin n’a jamais mis tous ses ballons dans le même filet. Curieux il s’est lancé dans les études, alignant les diplômes (Master 2 de droit économique et de gestion, Master 1 de management et marketing sportif, MBA de stratégie). Il a, également, ouvert la voie avec Bruno Martini dans la formation de manager de Limoges. Touche à tout, il a crée sa boite de communication très jeune avant, au gré des circonstances, d’occuper à Toulouse - où il fit l’essentiel de sa carrière de joueur entre 1994 et 2006 - les postes de directeur sportif, responsable de développement et même d’adjoint du coach principal, Laurent Beuzeau. Pas sûr qu’il se destinait à une reconversion d’entraîneur. Lui-même ne savait pas si le jeu l’intéressait encore, si la passion le brûlait toujours. « Je me posais des questions : avais-je envie d’entraîner des adultes ? J’ai pris le virage en allant diriger Tournefeuille, un club de la banlieue toulousaine. »

Stéphane Plantin, ici en 2004 sous les couleurs de Toulouse, un club où il a découvert le quotidien hors du terrain.

Curieux et touche à tout…

Son C.V l’a porté jusqu’à Nancy en juillet 2014 où le président, Philippe Fabris, lui donne les pleins pouvoirs et le nomme chef de projet. L’idée est simple : construire sur la durée. La polyvalence et les compétences du natif de Vitry-sur-Seine se sont pleinement exprimées depuis quatre ans. Le budget est passé de 800 000 euros à 1,5 millions et, surtout, l’idée de voir un jour le club en Lidl Starligue a pris, petit à petit, forme. « Il a fallu, témoigne l’entraîneur, faire comprendre à l’environnement que l’on travaillait comme des professionnels. On a rallié des partenaires, convaincu les collectivités locales et régionales que notre sport avait aussi droit de cité. On a, également, la fierté d’avoir conquis un public, le taux de remplissage de notre salle à Vandoeuvre (2000 places) étant supérieur à 90%. Tout ces résultats vont dans le sens du projet initial. »

Paradoxalement, alors que le club lorrain, actuel 2e de Proligue avant de recevoir samedi Chartres, le leader, joue clairement les premiers rôles et la montée, Stéphane Plantin n’est plus dans les plans de l'équipe dirigeante, depuis l’annonce à l’automne que son contrat ne serait pas renouvelé en fin de saison. « Ma dynamique a été cassée, reconnaît le coach, évidemment mais cette décision ne remet pas en cause la volonté qu’a le groupe d’aller au bout de son objectif. » Invité surprise parmi les cadors, le Grand Nancy est un trouble-fête qui tient à remplir son rôle jusqu’au terme de la saison malgré tous les impondérables. « Tout au long du mois de janvier, nos entraînements ont été perturbés par le manque de joueurs. Emil Feuchtmann, notre demi centre, était au Mondial, j’ai deux autres blessés sur la base arrière et n’ai jamais pu, par exemple, organiser des six contre six. Comme on ne dispose que de douze pros, la marge de manœuvre est plus qu’étroite. »

En 2016, pour sa deuxième saison à Nancy, le champion du Monde 2001 avait terminé à la 9ème place.

Douze pros, trois matches dans la semaine…

Un constat qui ne manque pas d’inquiéter le Champion du Monde alors que pour la première fois de la saison, son équipe va disputer trois matches dans la même semaine, le 2 février contre Chartres, le 8 à Vernon en Championnat avant, le 10, un rendez-vous en quart de finale de Coupe de France face à Rennes (N1). « Cette reprise est déterminante mais comment va-t-on la vivre ? On a l’occasion, également, de faire un coup en Coupe et de figurer dans le dernier carré, ce qui pourrait replacer Nancy sur la carte. C’est un objectif parce que l’on sous-estime la présence de notre activité. Ici, on parle beaucoup de basket, par exemple, mais il faut savoir que le handball compte deux fois plus de licenciés. »

Stéphane Plantin s’accroche avec courage et volonté à un projet qu’il a, en grande partie, confectionné sans s’inquiéter davantage d’un avenir toujours incertain aujourd’hui. « Ce qui compte, souligne-t-il, c’est l’objectif commun avec les joueurs, aller au bout de nous-mêmes. » Avant de revenir vers la case départ. « J’ai bien quitté Toulouse alors que mon attachement reste très fort… mais c’est vrai que la passion me brûle et que l’on s’interroge forcément un peu. Où serais-je la saison prochaine ? M’offrira-t-on une autre chance ? Si j’y suis contraint, de toutes façons, je pourrais toujours me reposer sur mes expériences antérieures, trouver un poste de manager dans la grande distribution, me servir de mes diplômes. »

A moins que la petite balle ronde ne lui offre un rebond favorable…

L.M
Crédits Photos S.Pillaud

PROLIGUE
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