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Boiba Sissoko, c’est Créteil soleil

19 mai
Laurent Moisset raconte
Enfant des quartiers, la pépite cristolienne a grandi dans le respect et le travail. Il sera l’une des attractions de la Lidl Starligue la saison prochaine.

Quand on le voit aussi éclatant et explosif, on imagine un parcours assuré et doré. Il y a de la fluidité dans son jeu, de la facilité dans ses gestes, des savoir- faire maîtrisés. L’impression était déjà une confirmation aux yeux de Kamel Remili, le directeur général de Créteil, douze ans en arrière. « Dès le mini hand, il savait tout faire. Il détonait par son gabarit frêle, presque malingre à l’époque mais, sur le terrain, c’était une flèche. »

Un môme différent, un joueur atypique dont on s’est longtemps demandé s’il franchirait le cap. « Boiba, témoigne Christophe Esparre, patron de la formation à l’USC, a passé quatre ans au centre de formation. En général, un gamin promis à l’élite en sort au bout de deux ans. Lui, on le faisait resigner d’une année sur l’autre car il y avait des doutes, effectivement, sur son physique, difficilement adaptable aux rudes combats de la Lidl Starligue. Pourtant, on a insisté parce que chaque année, il montait une marche. Le hand il l’avait dans les veines. Il me faisait penser aux frères Anquetil, capable de créativité et de fulgurances. Enfin, c’est un régal pour un entraîneur dans cette faculté qu’il a toujours eu d’améliorer son jeu et ses qualités. »

« Pourquoi faudrait-il partir quand on est heureux dans son club ? »

Enfant des quartiers, le petit Boiba a trouvé refuge dans le cocon cristolien mais il ne se contente jamais d’être au chaud, poussé par un mental hors du commun où le travail, les efforts sont, très vite, les piliers de sa construction. « Il est toujours allé au-delà des acquis, soutient Remili. Grandir, progresser mais bosser avant toute chose. Ca venait de lui, tout simplement. » Il est à bonne école avec Nedim Remili, son copain, son compagnon dans toutes les catégories jeunes à l’US Créteil. « C’est vrai, sourit-il, qu’on était toujours à la salle avec Nedim. On regardait les grands, on s’imprégnait, on s’inspirait. » Nedim parti au PSG, qui mieux que lui pouvait incarner la formation cristolienne ? Un rôle, désormais, à sa mesure quand la tête suit les jambes. Posé, sage à 24 ans, du discours n’émerge jamais une fausse note. Avec lui, le hand mais surtout la vie sont simples. Quand de nombreux clubs de Lidl Starligue l’approchent, il prolonge son contrat jusqu’en 2021.

« Pourquoi faudrait-il partir quand on est heureux dans son club ? Ici, j’ai toute ma famille, le cadre idéal pour m’épanouir. » Des responsabilités grandissantes, surtout, qui ont favorisé le retour parmi l’élite du club du Val-de-Marne. Demi centre de formation, sa polyvalence l’amène, selon les besoins de l’entraîneur, sur les postes d’arrière ou d’ailier. « Je me sens bien partout, il n’y a donc aucune contrainte dans mon jeu. »

Vainqueur de leur demi-finale contre Dijon samedi, les Cristoliens  vont retrouver Chartres en finale de Proligue dimanche 19 mai à 16 heures.
« Boiba illustre nos valeurs et notre mission qui reste la formation. »

Aussi s’annonce-t-il un atout majeur pour Créteil qui retrouve la Lidl StarLigue dans cette quête si difficile d’obtenir le maintien ? Mais bien au-delà de l’objectif sportif, Boiba Cissoko symbolise, aujourd’hui, la raison d’être d’un club comme Créteil.

« Boiba illustre parfaitement nos valeurs et notre mission qui reste la formation, souligne Remili. On travaille, on apprécie notre investissement quand des joueurs comme lui s’épanouissent. » Probablement est-il, malgré tout, programmé, au terme de son contrat, à suivre une trajectoire identique à celle de son ami Nedim Remili. « La sienne est magique, apprécie-t-il, mais elle n’a rien changé à la nature de nos relations, au besoin de partager ensemble. On s’appelle, on se voit toujours et cela continuera toujours. »

Comme ces jours de l’an dans la famille Rémili, ce barbecue partagé tous ensemble mercredi dernier… Rien n’a changé, finalement, et surtout pas eux. Une belle leçon de vie quand l’amitié résiste aux enjeux d’une carrière. Le handball est toujours un terrain où les belles histoires se perpétuent.

L.M
Crédit photo Philippe Riou

Proligue
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