Hakon Ekren, un Norvégien échoué dans le Cotentin

LNH - Publié le 06 février 2020 à 15h17
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Pour la première fois de son histoire, le club de Cherbourg a accueilli un joueur norvégien l'été dernier. Et l'arrivée d'Hakon Ekren est, pour l'instant, un véritable succès.

On serait Hakon Ekren, on l’aurait quand même un peu mauvaise. Après avoir fait toute sa vie à Elverum, sa ville natale, le Norvégien de 25 ans choisit, au printemps dernier, de poursuivre sa carrière à Cherbourg, soucieux de trouver “une équipe où j’aurais du temps de jeu, quelque chose de nouveau où je puisse apporter ma pierre à l’édifice.” Si quitter son pays natal pour la première fois n’était déjà pas assez, il apprend, deux semaines après avoir signé pour le club manchois, que son club formateur jouera la Champions League. Mais pas avec des clubs polonais ou macédonien, comme Ekren a pu l’expérimenter, mais face aux plus belles équipes du continent, Barcelone, Szeged et le Paris Saint-Germain en tête. “Je vais pas mentir, sur le coup, je me suis dit meeeerde. Mais j’avais fait mon choix, et je ne regrette pas un instant d’être venu à Cherbourg” sourit la recrue estivale.

"Venir à Cherbourg, un énorme changement"

Et cela se voit sur le terrain, où le Norvégien a déjà inscrit 37 buts depuis le début de la saison. Mais plus que ses statistiques, c’est sa capacité à faire jouer les autres qui impressionne. Dans une équipe où il cotoie un Ukrainien, un Croate et un Français sur la base arrière, il a immédiatement fait son trou. “Pour moi, venir à Cherbourg a été un énorme changement. Je ne parlais pas un mot de français, je ne savais rien de la ville. Mais tous mes coéquipiers ont été d’une grande aide pour m’intégrer et comme, en plus, on gagne en jouant bien, ces six premiers mois ont été super” continue Ekren, qui a quand même du faire face à quelques…surprises culturelles. “Le truc qui m’a le plus marqué ? Que les Français se disent bonjour en se faisant la bise. La première fois, j’ai été super surpris, en Norvège, ça arrive qu’on se fasse l’accolade, mais le plus souvent, on se serre juste la main. Je sais pas ce que vous avez à vouloir vous faire des bisous tout le temps !” éclate-t-il de rire.

Six mois quasi idéaux

Au moins, niveau météo, il n’a pas été dépaysé. La pluviométrie cherbourgeoise est désormais fameuse dans le monde entier, et s’il y fait moins froid qu’en Norvège, on n’a quand même pas trop envie de mettre le nez dehors. Alors, l’activité principale de Hakon Ekren depuis six mois, c’est ballon, dodo et repas. Et si sa petite amie est restée au pays, il a trouvé le moyen d’occuper son temps : “Je crois que j’ai bientôt regardé toutes les séries Netflix”. Entre deux épisodes de Casa de Papel, le maitre à jouer cherbourgeois a quand même trouvé le temps de visiter les plages du débarquement (“parce qu’on nous en parlait à l’école”) et de s’offrir une virée à Paris, où il a “fait tous les trucs de touriste, la Tour Eiffel, Notre Dame, l’Arc de Triomphe…génial !”

Alors que le tableau semble idéal, que peut-on alors lui souhaiter pour la deuxième partie de saison ? “Que ça continue comme ça ! Quand je suis arrivé à Cherbourg, on lisait partout qu’on pouvait viser la huitième place et on est deuxième à la trêve, alors on va tenter de faire pareil cette année, même si on sait que ça va être compliqué” termine-t-il. Bien conscient qu’il va falloir batailler dur pour accrocher une place en play-offs. Mais qu’un tel résultat serait le signe que la greffe norvégienne a bien pris sur les bords de la Manche.

Texte & photos : Kevin Domas